90 % des élèves de seconde en France déclarent se tourner vers l’intelligence artificielle pour faire leurs devoirs. En face, huit enseignants sur dix se disent capables de repérer un texte généré par une machine. Dans les faits, le taux de détection réel plafonne à peine à la moitié.
Les élèves sont plus malins que nous
La quasi-totalité de la jeune génération utilise déjà ChatGPT dans le cadre scolaire. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, les usages sont plus variés que le cliché du devoir copié-collé. Selon des données de l’Inspection générale, la plupart des élèves ne demandent pas à l’IA de tout faire. Ils l’utilisent comme un assistant, pour affiner un plan de dissertation, reformuler un concept complexe, expliquer un exercice de maths ou relire une copie. Sur le papier, rien de véritablement problématique donc, sauf lorsque le copilote IA prend les commandes.
Assez logiquement, les établissements se sont donc tournés vers des détecteurs automatiques pour traquer les copies rédigées à l’IA. Le souci, c’est qu’ils sont loin d’être fiables, et qu’ils se trompent dans les deux sens. Les copies les plus exposées sont souvent les mieux écrites, celles dont la structure soignée ressemble, statistiquement, à de l’IA. Un correcteur automatique de grammaire suffit parfois à déclencher l’alerte. À l’inverse, il suffit de reformuler grossièrement un texte généré, en changeant quelques tournures, pour noyer les détecteurs.
Interdire ne sert à rien
Le fait est que les études confirment une tendance : l’arrivée de l’IA n’a pas fait exploser le nombre de tricheurs. Les élèves honnêtes continuent de l’être en examen. Ce qui a changé en revanche, c’est l’usage, et les habitudes de travail. Comme il y a 20 ans avec la crainte du plagiat sur Internet, l’arrivée de l’IA générative est venue bouleverser la manière dont les élèves assimilent et retranscrivent les savoirs. Car c’est bien là que tout se joue : l’intelligence artificielle ne nous transforme pas en idiots incapables de raisonner, pas plus que ne l’ont fait Internet et la presse écrite. Elle nous donne accès à une information globale, accessible et gratuite. Encore faut-il savoir s’en servir correctement.
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