Ursa Major n’a pas choisi le nom le plus discret pour son missile hypersonique. Avec Havoc, l’entreprise américaine affiche clairement la couleur : il s’agit d’une arme rapide et facile à adapter, sans oublier une production à un coût plus raisonnable que les systèmes hypersoniques habituels. Le missile, dévoilé en début d’année, est encore loin d’un déploiement massif, mais il attire l’attention de l’US Air Force.
Un moteur liquide et imprimé en 3D
Chris Spagnoletti, le patron d’Ursa Major vend son missile comme étant à « faible coût » mais offrant un « fort effet », tout en étant difficile à suivre en vol. L’entreprise vise un tarif d’environ 3 millions de dollars l’unité. Ce n’est évidemment pas le prix d’un grille-pain, mais dans le petit monde de l’hypersonique, c’est une proposition qui se veut plus abordable.
L’actualité joue en faveur d’Ursa Major. Les États-Unis cherchent à reconstituer plus vite leurs stocks de munitions, mis sous pression par plusieurs opérations récentes comme la guerre en Iran. La société veut donc montrer qu’elle peut fabriquer plus rapidement, en réduisant les dépendances à des chaînes de production conçues pour fabriquer un seul type d’arme.
Le cœur de Havoc, c’est Draper, un moteur de 4.000 livres de poussée fonctionnant au peroxyde d’hydrogène et au carburant de fusée. L’intérêt de cette formule est d’éviter les contraintes de l’oxygène liquide cryogénique, peu pratique pour un usage militaire immédiat. Pas besoin d’attendre que le carburant soit à la bonne température avant de faire un massacre. Ursa Major insiste aussi sur le rôle de l’impression 3D métallique. Sans elle, affirme l’entreprise, Draper n’aurait pas pu être conçu dans un format aussi compact. Cette fabrication permet de produire des formes complexes et d’intégrer plus d’éléments dans un volume réduit.
Autre atout mis en avant pour séduire la clientèle : le moteur peut être modulé de 10 % à 100 % de sa puissance. Là où un moteur solide suit davantage sa trajectoire une fois lancé, Havoc pourrait ralentir, accélérer, couper puis reprendre sa poussée. Ursa Major présente donc son missile comme étant capable d’évoluer dans l’atmosphère ou au-dessus, avec une trajectoire moins prévisible.
Ursa Major ne travaille pas seulement sur Havoc. L’entreprise développe aussi des moteurs-fusées solides, très demandés par l’armée US. Sa méthode repose sur des lignes d’assemblage capables de fabriquer plusieurs tailles de moteurs, de 2 à 22 pouces de diamètre, sans repartir de zéro à chaque fois. Pour Havoc, Ursa Major assure qu’un bâtiment de près d’un hectare pourrait assembler jusqu’à 500 missiles par an sous forme inerte, c’est à dire avant leur remplissage en carburant. La prochaine étape sera plus concrète : un vol hypersonique complet avec booster pour l’année prochaine.
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