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Après les cartes graphiques, Nvidia s’attaque aux processeurs pour révolutionner le marché PC de nouveau

Nvidia profite du Computex 2026 à Taipei pour dévoiler sa toute première puce PC combinant processeur et carte graphique dans un seul chip. Une entrée fracassante sur un marché jusqu’ici dominé par Intel et AMD.

On savait Nvidia capable de bouleverser un marché du jour au lendemain, l’histoire des cartes graphiques en est la preuve vivante. Mais cette fois-ci, c’est un tout autre terrain que la société de Jensen Huang à décider de récupérer, celui des processeurs pour PC grand public. Au Computex 2026 à Taipei, Nvidia a officiellement levé le voile sur le RTX Spark, une puce qui mélange CPU et GPU dans une architecture à mémoire unifiée. Bienvenue dans ce qui pourrait bien être le plus grand chamboulement du PC depuis des décennies.

Une seul chip pour tout faire

Le RTX Spark, c’est un peu le pari qu’Apple a réussi avec ses puces Silicon, mais version Windows. La puce embarque un GPU Blackwell RTX doté de 6 144 cœurs CUDA avec des cœurs Tensor de cinquième génération, couplé à un CPU Grace de 20 cœurs développé en partenariat avec MediaTek sur architecture Arm. Sur le papier, ça ressemble beaucoup à ce qu’Apple fait depuis 2020 avec ses puces M. Sauf que là, on parle de Windows. La comparaison avec l’Apple Silicon n’est d’ailleurs pas anodine, Nvidia vise explicitement les MacBook Pro haut de gamme, en plus des machines Intel et AMD traditionnelles.

L’IA locale, le vrai argument de vente

Si Nvidia a choisi le Computex pour faire cette annonce, ce n’est pas juste pour vendre des laptops fins. La vraie promesse du RTX Spark, c’est l’IA locale, sans cloud, sans abonnement et sans envoyer ses données quelque part. Concrètement, la puce est capable de faire tourner un modèle de 120 milliards de paramètres avec une fenêtre de contexte d’un million de tokens directement sur la machine. Pour donner une idée de l’échelle, les meilleurs modèles accessibles au grand public aujourd’hui nécessitent des serveurs entiers pour atteindre ce genre de performances.

Ces agents IA ne sont pas de simples chatbots non plus. Ils sont pensés pour interagir directement avec vos logiciels de manière autonome, gérer des tâches complexes en tâche de fond et fonctionner en permanence sans faire exploser une facture cloud. Jensen Huang l’a résumé d’une phrase lors du keynote : « Microsoft et Nvidia vont réinventer le PC »

Adobe, le gaming et DLSS 4.5 dans la foulée

Nvidia n’est pas venu seul à Taipei. Adobe a annoncé avoir entièrement revu ses applications pour le RTX Spark, promettant des gains allant jusqu’à deux fois plus rapides pour l’IA, la colorimétrie et les effets dans Photoshop et Premiere. Blender 5.3 est lui aussi dans la boucle pour cet automne.

Du côté gaming, le RTX Spark tient des framerates corrects apparemment comparable avec une 5070 mobile sur des titres comme Doom The Dark Ages ou Fortnite et supporte RTX Remix pour le modding boosté à l’IA. Il ne faut pas s’attendre à concurrencer une RTX 5090 dans une tour, mais pour un laptop portable, l’offre est sérieuse. Nvidia en profite également pour annoncer le DLSS 4.5 avec une Ray Reconstruction améliorée, attendue pour août 2026.

Ce que ça change vraiment pour nous

C’est bien beau les pétaflops et les cœurs CUDA, mais concrètement, qu’est-ce que le RTX Spark apporte à quelqu’un qui veut juste un bon PC Portable ? Pas mal de choses, en réalité. L’architecture intégrée à mémoire unifiée, c’est exactement ce qui a permis aux MacBook Apple Silicon de tenir des journées entières sur batterie tout en restant réactifs. En fusionnant CPU et GPU sur un seul chip ultra-optimisé, Nvidia peut viser une consommation énergétique bien plus basse qu’une machine traditionnelle avec ses composants séparés. Le résultat devrait être une autonomie nettement supérieure à ce qu’on trouve aujourd’hui sur les laptops Windows performants, qui peinent souvent à dépasser les 6 ou 7 heures en usage réel.

Côté chaleur et bruit, même logique. Moins de composants qui se disputent l’énergie, c’est une machine qui chauffe moins et dont les ventilateurs ont moins besoin de s’emballer au moindre effort. La mémoire unifiée change aussi la donne pour les usages créatifs, pas de goulot d’étranglement entre le CPU et le GPU, les données circulent librement et instantanément entre les deux, ce qui se ressent directement sur la fluidité lors de l’export vidéo, du traitement photo ou du rendu 3D. Et évidemment, avoir un assistant IA costaud qui tourne en local sans abonnement mensuel ni connexion internet obligatoire, c’est quelque chose que même les MacBook Pro ne proposent pas encore à ce niveau de performance.

Disponibilité et l’ombre de Windows on Arm

Les premières machines équipées du RTX Spark débarqueront à l’automne 2026 chez les grandes marques. C’est là qu’il va falloir suivre cette histoire de près, Windows on Arm a une longue histoire de compatibilité logicielle compliquée, avec des apps qui tournaient en émulation et des développeurs longs à suivre. Qualcomm s’est déjà frotté au problème avec ses puces Snapdragon X, et Nvidia devra convaincre l’écosystème de ne pas rester sur le bord de la route.

Ce qui change cette fois, c’est peut-être le poids de Nvidia dans l’industrie. Quand le fabricant de GPU numéro un au monde, responsable de 80 % du marché des data centers IA, dit aux développeurs de recompiler leurs apps, ils ont tout intérêt à s’activer.

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