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Drones, rovers et véhicules terrestres : tout savoir sur les équipements commandés par la NASA pour sa future base lunaire

Avec un milliard de dollars distribués entre quatre entreprises, la NASA a dévoilé les premières machines qui, si tout se passe comme prévu, feront de la Lune le premier avant-poste permanent de l’humanité hors de la Terre d’ici 2030.

Le 23 avril, la NASA publiait son premier document officiel encadrant la construction de sa future base lunaire, baptisé Moon Base. Un PDF assez court et visuellement attractif pour présenter au grand public l’objectif ultime du programme Artemis : que l’être humain puisse s’installer sur la Lune et y rester. Il nous avait alors paru peut-être trop ambitieux au vu de ce que l’agence proposait, mais il fut le premier vrai plan de route disponible pour le grand public et ce serait mentir que d’affirmer qu’il ne nous a pas mis l’eau à la bouche.

Un peu moins de six semaines après sa publication, la NASA a prouvé qu’elle ne l’a pas laissé moisir dans un tiroir en attribuant plus d’un milliard de dollars de contrats aux quatre entreprises chargées d’en construire les premiers équipements. Plusieurs contrats ont déjà été signés et le projet a enfin l’épaisseur d’un vrai programme spatial.

Artemis : les machines qui précéderont l’humain

Comme elle l’avait bien prévu dans sa feuille de route, dans un premier temps, aucun astronaute ne foulera le sol lunaire avant que l’avant-poste ne soit suffisamment avancé. Bien avant que cela ne soit le cas, des machines seront nécessaires, et celles-ci seront envoyées à la surface de la Lune par l’atterisseur Blue Moon, de l’entreprise Blue Origin, qui a été retenue pour transporter deux rovers lunaires.

Ces véhicules tout-terrain, baptisés LTV (Lunar Terrain Vehicles), seront construits par deux startups, Astrolab et Lunar Outpost, respectivement conceptrices du CLV-1 FlexRover (voir ci-dessous) et du Pegasus. Deux rovers non pressurisés capables d’opérer avec ou sans équipage, pour qui la NASA a débloqué un budget d’environ 220 millions de dollars chacun. Ils devront absolument être opérationnels avant qu’Artemis IV ne dépose ses premiers astronautes, si tout va bien, en 2028.

Firefly Aerospace, une société texane fondée en 2017 qui est devenue en mars 2025 la première entreprise commerciale à réussir un alunissage parfaitement vertical avec son engin Blue Ghost, se charge quant à elle d’une mission inédite : acheminer, via son vaisseau Elytra, les quatre drones MoonFall construits par le Jet Propulsion Laboratory de la NASA. Des engins se déplaçant par petits sauts, qui seront largués à 50 kilomètres d’altitude au-dessus du pôle Sud pour cartographier le terrain et détecter les dépôts de glace d’eau dans les zones de notre satellite naturel restant constamment dans l’ombre.

Carlos Garcia-Galan, directeur du programme de la base lunaire à la NASA, a déclaré à propos de ces drones : « À ce moment-là, nous serons en mesure de dire : “Ça y est, nous sommes ici pour de bon et nous ne ferons pas marche arrière” ». En plus de leur mission de cartographie, ils baliseront donc le périmètre de la base, qui s’étendra sur des centaines de kilomètres carrés, matérialisant physiquement la présence américaine sur le sol lunaire.

Jared Isaacman, administrateur de la NASA, précise que ce marquage territorial est conçu pour être « respectueux » des équipements d’autres nations présentes à proximité. La NASA attend évidemment la même courtoisie en retour ; une formule diplomatique pour planter la bannière étoilée afin de poser les bornes américaines, sans pour autant prononcer le mot « frontière ».

S’inscrivant dans la chronologie de la feuille de route générale de Moon Base, le déploiement des équipements correspond à la première phase du projet. Inaugurée par la ratification de ces contrats, elle consistera à déployer les rovers et les drones avant avril 2028, si aucun retard ne vient encore plomber le calendrier. « Pour ceux qui attendent patiemment, le grand retour est imminent […] ce n’est que le commencement », a déclaré Isaacman. La patience de celles et ceux qui ont suivi le programme Artemis depuis le début a effectivement été mise à rude épreuve plusieurs fois, mais cette fois, seulement quelques semaines séparent la parution du document et la signature des contrats : un rythme encore jamais vu.

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