Ça faisait un petit moment que Steven Spielberg ne s’était pas invité aux plus hautes marches du box-office mondial. Son West Side Story n’avait récolté que 38 millions de dollars dans le monde à son ouverture en 2021, tandis que The Fabelsman (2022) n’avait pas dépassé les 17 millions. Deux échecs successifs qui laissaient à penser que le papa du blockbuster estival avait perdu la main, que son cinéma n’intéressait plus le grand public. Son retour à la science-fiction, genre qu’il a contribué à métamorphoser dans les années 70, avait tout de même plus de chance de faire des remous.
Entre l’évident mystère entourant la narration et la promesse d’une suite illégitime de son Rencontres du troisième type, Disclosure Day aurait pu être un raz de marée dans les salles obscures. Il a dépassé les attentes des professionnels de l’industrie qui estimaient son ouverture sur le sol américain à 35 millions de dollars. Aux États-Unis, le film porté par Emily Blunt, Josh O’Connor et Colin Firth a récolté 44 millions de dollars et était projeté dans 3 824 salles. Rassurant ? Pas vraiment, puisque l’industrie estime qu’un tel long-métrage doit réaliser un minimum de 50 millions de dollars lors de ses premiers jours d’exploitation aux États-Unis pour atteindre la rentabilité.
Avec ses 115 millions de dollars de budget et ses 80 millions dépensés pour le marketing, Disclosure Day doit réaliser plus de 300 millions de dollars pour rentrer dans ses frais. À l’échelle mondiale, il ne dépasse pas les 100 millions et reste bloqué à 92,9 millions. Une belle performance mais qui n’augure rien de bon sur la durée. Car si Steven Spielberg est capable de mobiliser des spectateurs dans le monde entier, la concurrence promet d’être particulièrement rude au cours des prochaines semaines.
L’ombre de Toy Story 5 qui plane déjà
Dès la semaine prochaine, Disclosure Day est assuré de perdre sa première place au box-office mondial à la faveur de Toy Story 5. Les jouets de Pixar sont attendus de pied ferme par les spectateurs et l’industrie, le dernier film ayant atteint des sommets de rentabilité en 2019. Pour rappel, il avait terminé sa course avec plus d’un milliard de dollars. Des chiffres auquel Disclosure Day ne peut pas prétendre. Son weekend d’ouverture, il s’était illustré avec 120 millions de dollars rien qu’aux US. Steven Spielberg et ses 44 millions font pâle figure.
Reste que les critiques sont plutôt bonnes (80% pour la presse et 72% pour le public sur Rotten Tomatoes), et que le bouche-à-oreille pourrait lui permettre de se maintenir sur la durée. Les liens entre critiques élogieuses et succès au box-office ne sont pas évidents, les prochaines semaines promettent donc de porter une nouvelle lumière sur ce film qui a encore beaucoup à prouver pour s’illustrer aux côtés des hits de Spielberg.
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