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Disclosure Day : le nouveau Spielberg est-il lié à E.T. et Rencontres du troisième type ?

Spielberg revient aux petits bons hommes verts près de 50 ans après Rencontres du troisième type et 44 ans après E.T. Le réalisateur vient-il de proposer une suite à ses deux chefs d’oeuvre ? Oui.. et non.

Steven Spielberg aime les extraterrestres… et ils lui rendent bien. Il y a bientôt 50 ans, le cinéaste bousculait les spectateurs en montrant que la science-fiction n’était pas qu’effrayante et fataliste, elle pouvait aussi être symbole d’espoir.  Devant sa caméra, il s’agissait de représenter des êtres venus d’ailleurs pacifiques, d’immortaliser les organisations militaires et scientifiques mondiales alors qu’elles tentent d’entrer en communication avec des aliens.

Après le succès du métrage, dans les années 70, Columbia Pictures émet le souhait de développer une suite. Spielberg n’est pas intéressé, mais ne veut pas confier son imaginaire à n’importe qui comme il l’avait fait pour Les Dents de la Mer. Il écrit donc un synopsis de “Watch the Skies” et s’investit dans la production. À l’époque, l’histoire s’inspirait d’un fait divers s’étant déroulé dans le Kentucky où une famille affirme avoir été terrorisée par des extraterrestres ressemblant à des Gremlins. Lawrence Kasdan devait développer ce synopsis, mais il était occupé à écrire L’Empire contre-attaque.

Ce sont finalement John  Sayles et Joe Dante qui se chargeront de l’écriture jusque dans les années 80. Une version du scénario est remise à Spielberg, mais le réalisateur est pris de doute. Épuisé par le tournage des Aventuriers de l’Arche perdue, il aspire à retrouver “la spiritualité et la tranquillité de Rencontres du troisième type”. Il s’empare alors de l’idée d’une relation amicale développée entre un enfant et un extraterrestre oublié des siens pour faire éclore ce qui deviendra un monument du cinéma de science-fiction.

L’autre comme point d’accroche

Dans E.T. il était question de regarder cette nouvelle rencontre du point de vue d’un enfant, de faire de la petite créature un compagnon que les spectateurs du monde entier rêvent d’avoir. Chez Spielberg, il est souvent question de prouver qu’il ne faut pas craindre l’altérité, mais l’embrasser. Il y a aussi cette idée de critiquer les organisations gouvernementales et les humains qui tentent à tout prix de cacher l’existence des extraterrestres à un monde qu’elles n’estiment pas prêt à de telles révélations.

Disclosure Day (notre critique), proposé au cinéma dès ce mercredi 10 juin, s’inscrit dans la droite lignée de ses prédécesseurs. Cette fois-ci, ce ne sont pas les habitants d’une petite ville ou un jeune garçon qui sont confrontés à la découverte d’un monde par delà le nôtre. C’est toute l’humanité qui est invitée à remettre sa place dans l’univers en question. Pour Emily Blunt, qui incarne l’héroïne de Disclosure Day, “il y a assurément des questions soulevées par Rencontres du troisième type qui trouvent des réponses” dans ce nouveau film.

Un expert en cybersécurité vole des documents confirmant la présence d’aliens sur Terre. Il a la ferme intention de la faire savoir, de montrer à l’Humanité qu’elle n’est pas seule. Le métrage convoque donc des mécaniques similaires aux précédents films du metteur en scène. Le film est une histoire résolument optimiste qui tend à démontrer que l’humain est capable d’encaisser, de survivre à telles révélations. Et puisque les spectateurs ont déjà vu le pacifisme de ces aliens, qu’ils ont déjà vu une franche amitié se nouer entre un humain et un petit homme vert, ils ne demandent maintenant qu’à voir comment la masse réagira.

Plus que la somme de tout son cinéma, Disclosure Day est finalement pour Spielberg une manière de conclure. En anglais, on dit qu’on referme un chapitre “get closure”. Pour Spielberg, il est donc moins question de dévoiler que de refermer. Refermer des décennies de science-fiction pour un réalisateur qui aura changé à jamais la manière de concevoir l’altérité. Plus qu’une suite, Disclosure Day est la fin d’une boucle, un retour aux sources pour l’artisan du 7e art qu’est Spielberg.

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