Le réseau de transport parisien est en pleine dématérialisation. Quand Île-de-France Mobilités a annoncé le déploiement du paiement par carte bancaire sur ses lignes en début de semaine, Valérie Pécresse a confirmé que si le métro allait avoir droit à un déploiement progressif à partir de cet été, le RER ne serait concerné qu’à l’horizon 2030. Et il y a une bonne raison à cela.
Dans le métro, vous badgez une seule fois : à l’entrée. La porte s’ouvre, vous passez, vous êtes débité d’un ticket. Simple. La carte bancaire fonctionnera exactement comme un valideur sans contact : elle identifie une transaction à l’entrée, point. Le RER et les trains, en revanche, imposent un badge à l’entrée et à la sortie. C’est ce double passage aux bornes qui rend le système plus complexe à gérer avec une carte bancaire, a reconnu lundi la présidente de région.
Le casse-tête de l’interconnexion
Le vrai obstacle n’est pas technique au sens strict. C’est l’interconnexion entre les lignes qui pose problème. Un voyageur qui monte sur le RER B à Roissy-CDG, change à Châtelet-les-Halles pour prendre le RER D jusqu’à la Gare de Lyon, et termine à Vigneux sur Seine doit valider son titre de transport plusieurs fois. Le système de paiement doit donc reconnaître que ce voyageur a ouvert un trajet sur le B et le clôturer sur le D. Impossible à faire si le RER B est équipé de lecteurs carte bancaire et pas le D, ou inversement.
La conclusion d’IDFM est logique, même si elle implique une patience forcée : les RER et les trains franciliens devront basculer tous ensemble, en une seule fois, à l’horizon 2030. Pas question de déployer ligne par ligne comme ce sera le cas pour le métro. « On ne peut pas faire le B sans faire le A, le D et le C aussi et toutes les lignes de train ». La même contrainte vaut pour les correspondances métro-RER : quand un voyageur sort du métro pour entrer dans le RER A à Châtelet, il passe dans le réseau SNCF et doit re-badger. C’est pour cette raison que même avec un lecteur carte bleue sur la ligne de métro, les correspondances resteront payantes jusqu’en 2030.
Dans cet intervalle de quatre ans, les cinq lignes de métro les plus fréquentées par les touristes (la 1, la 4, la 7, la 12 et la 14) seront progressivement équipées. Et dès leur ouverture, les nouvelles lignes du Grand Paris Express (à partir de la 15) intégreront d’emblée le paiement par carte bancaire. Une façon de ne pas reproduire le problème sur les infrastructures neuves.
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