La NASA continue d’élargir son cercle de partenaires privés. Cette fois, l’agence américaine a choisi Relativity Space pour emmener une nouvelle mission scientifique vers Mars. Baptisée Aeolus, elle doit décoller en 2028. Le principe est que la NASA fournit les instruments scientifiques, tandis que Relativity Space s’occupe du reste, du vaisseau spatial jusqu’aux opérations de croisière interplanétaire. Une formule désormais bien rodée, déjà utilisée avec SpaceX pour plusieurs programmes spatiaux.
Un bulletin météo complet pour Mars
Pour la NASA, l’intérêt est évident : laisser les entreprises investir dans l’infrastructure afin de concentrer davantage de moyens sur la science. Si Mars est observée depuis des décennies, son atmosphère conserve encore de nombreuses zones d’ombre. Les scientifiques disposent de données sur les vents, les températures ou les tempêtes de poussière, mais rarement avec une vision globale et continue. C’est précisément ce qu’Aeolus doit apporter.
La mission embarquera quatre instruments développés au centre Ames de la NASA, dans la Silicon Valley. Ensemble, ils fourniront ce que l’agence présente comme la première vue mondiale et quotidienne de l’atmosphère martienne. L’un des instruments mesurera les vents et les températures jusqu’à environ 60 kilomètres d’altitude. Un autre observera les variations thermiques ainsi que les nuages de glace d’eau et les poussières en suspension.
Les chercheurs disposeront d’une quantité d’informations sans précédent pour comprendre comment évolue le climat martien au fil des saisons. Cette collecte de données ne répond pas uniquement à une curiosité scientifique. L’atmosphère martienne joue un rôle crucial lors des phases d’arrivée sur la planète. Les vents, la densité de l’air ou encore les tempêtes de poussière influencent directement les systèmes d’entrée, de descente et d’atterrissage.
Mieux comprendre ces phénomènes permettra donc de réduire les incertitudes pour les futures missions, qu’elles soient robotisées ou habitées. La NASA espère notamment utiliser ces informations pour concevoir des procédures d’atterrissage plus sûres lorsque viendra le temps d’envoyer des astronautes sur Mars. Pour Relativity Space, cette mission constitue aussi une occasion de faire ses preuves.
L’entreprise, rachetée par Eric Schmidt en mars 2025, a de grandes ambitions dans le spatial. Quelques mois après son arrivée, l’ancien directeur général de Google expliquait vouloir développer de nouvelles infrastructures orbitales, évoquant l’installation de centres de données dans l’espace, la nouvelle marotte de l’industrie IA. Pour l’instant, Relativity Space n’a pas encore révélé quel lanceur ou quel vaisseau sera utilisé pour Aeolus. Et l’entreprise n’a pas non plus démontré sa capacité à mener une mission interplanétaire de cette ampleur…
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