Abattre un drone russe à coups de missile coûte une fortune. Pour l’armée ukrainienne, le coût d’un seul missile sol-air américain Patriot s’élève à 3,5 millions d’euros, là où un drone iranien Shahed ne coûte “qu’entre” 25 000 et 40 000 euros à produire. Mais depuis 2022, l’Ukraine mise sur une alternative : des drones intercepteurs bon marché. C’est tout aussi efficace et surtout, bien moins cher.
Parmi ces alternatives, on retrouve le Dancer 4.5.0, produit de la société ukrainienne Yartura. Présenté par l’armée ukrainienne comme son nouveau joujou à la pointe de la technologie, cet aéronef sera capable d’engager des cibles aériennes à grande vitesse. Sa mission : protéger l’espace aérien ukrainien en abattant les drones de type Shahed, mais aussi toute autre menace.
Drones de reconnaissance et d’attaque, drones-kamikazes, drones-relais (retransmetteurs) ou encore petits drones tactiques, le Dancer 4.5.0 aura la lourde tâche de combattre les drones russes. Et pour y parvenir, il comptera sur sa vitesse, puisqu’il est capable de voler jusqu’à 450 km/h (d’où le 4.5.0).
Danse avec les tsars
Mais si une partie de son nom est héritée de sa vitesse de pointe, d’où peut bien venir la partie “Dancer” ? “Le principe de fonctionnement lors de l’interception s’apparente à une sorte de danse autour de la cible”, explique Yartura. Lors des premiers essais, le drone a démontré une capacité à réacquérir et réengager une cible tout en effectuant des schémas de vol complexes autour d’elle. Il procèdera de la sorte s’il la rate, jusqu’à l’impact.

Le Dancer 4.5.0 est un aéronef à voilure fixe, capable donc d’atteindre la vitesse folle de 450 km/h. Sa portée maximale jusqu’à risquer la déconnexion est de 30 km, avec une altitude maximale possible pouvant atteindre les 4 800 m. Il est également capable de détecter et de reconnaître des cibles jusqu’à 1 km et peut porter une ogive pesant maximum 1 kg.
Une longue lignée d’initiatives contre les drones
Avec la société Yartura et son Dancer 4.5.0, l’Ukraine entend bien renverser la tendance et, surtout, corriger le déséquilibre économique de la défense aérienne moderne. Rien qu’en mai 2026, les forces armées ukrainiennes auraient détruit près de 57 400 cibles aériennes russes, dont plus de 5 000 drones Shahed.
Le Dancer n’est d’ailleurs pas la seule idée à germer à Kiev. Depuis le début du conflit, l’armée ukrainienne s’est orientée vers de nombreuses autres initiatives, comme l’intercepteur Nexis (1 100 euros l’unité), les 8 000 drones Octopus déployés pour protéger l’espace aérien, ou encore l’avion civil An-28 reconverti en chasseur de drones et qui aurait, selon Kiev, détruit à lui seul 213 appareils russes.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.