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Passoires thermiques : le gouvernement fait marche arrière

Un an et demi après avoir sorti les logements classés G du marché locatif, l’exécutif les y remet. Sous conditions, sous délais, sous promesses. Le projet de loi « Relance logement » présenté ce 24 juin 2026 en Conseil des ministres ressemble à une bonne nouvelle. Elle l’est, à moitié.

En janvier 2025, la loi Climat et Résilience entrait en vigueur dans sa partie la plus symbolique : les logements classés G au diagnostic de performance énergétique (DPE) ne pouvaient plus être mis en location. Un calendrier avait été fixé, une ambition affichée, des millions de propriétaires prévenus depuis des années. Résultat : 453 000 logements G et 693 000 logements F ont progressivement quitté le marché, entraînant avec eux une baisse de 15 % de l’offre locative.

Le 24 juin 2026, le gouvernement Lecornu a présenté en Conseil des ministres un projet de loi baptisé « Relance logement », dont le volet le plus scruté autoriserait à nouveau la location des passoires thermiques F et G. Pas sans conditions.

Louer d’abord, rénover après

Jusqu’ici, l’esprit de la loi Climat demandait aux propriétaires de rénover avant de louer. Le projet de loi « Relance logement » propose l’inverse : il sera possible de louer, puis de rénover dans un délai de trois ans pour les maisons individuelles et de cinq ans pour les logements en copropriété. Le propriétaire devra signer un engagement formel de travaux, qui l’engage à sortir son bien des classes F ou G.

Face à une pénurie locative historique, il était devenu intenable, électoralement parlant, de maintenir des centaines de milliers de logements hors marché estime le gouvernement. L’objectif climatique est préservé sur le papier, mais la méthode change radicalement. Le texte redéfinit par ailleurs la notion de « décence énergétique » : un logement sera considéré comme décent dès lors que le propriétaire attestera avoir réalisé des travaux techniquement possibles, même si l’étiquette DPE cible n’est pas atteinte. Une formulation qui assouplit considérablement les critères, et qui fera sans doute débat au Parlement.

Les locataires trinquent

Les chiffres annoncés par le gouvernement donnent le vertige : entre 700 000 et 1,5 million de logements pourraient théoriquement réintégrer le circuit locatif grâce à ce texte. Sur un marché déjà en crise, les passoires thermiques redeviendraient mécaniquement des cibles d’investissement intéressantes. Le calcul est même balisé par l’exécutif : les loyers perçus pendant la période de sursis doivent permettre aux propriétaires d’autofinancer une partie des travaux.

Le projet de loi devrait être examiné en commission dès juillet 2026, puis en première lecture à l’automne, pour un vote fin 2026. Les contrôles de conformité seraient confiés à l’ADEME et les sanctions resteraient à préciser. Les professionnels de l’immobilier, globalement favorables au principe, ont posé deux conditions à l’application du texte : une vérification systématique des engagements et des sanctions réelles en cas de non-respect.

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