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Ce milliardaire donne un conseil pour la Gen Z : “apprenez l’IA maintenant, ou laissez la place à ceux qui l’auront fait”

En mars 2025, lors du festival SXSW à Austin, Mark Cuban, le fondateur de Broadcast.com et ancien propriétaire des Dallas Mavericks, a raconté sa fameuse histoire de la poudre de lait, une de ses premières entreprises qui s’est soldée par un fiasco complet. Selon lui, les échecs ne sont qu’un détail, et ce qui compte, c’est d’avoir raison au moins une seule fois pour réussir.

Cuban se sert de cette anecdote pour poser quelque chose de plus sérieux : si tout était à refaire aujourd’hui, il ne s’intéresserait ni à la poudre de lait, ni au commerce en ligne, ni aux crypto-monnaies. Au lieu de ça, il passerait chaque minute de son temps à s’approfondir sur l’intelligence artificielle. Et son constat en dit long sur le futur du marché du travail.

La Gen Z face à un marché du travail qui se referme

Aux États-Unis, le marché de l’emploi pour les jeunes est en train de connaître un changement structurel historique, et c’est dans le secteur de la tech que les jeunes diplômés en subissent le plus durement les effets. Les opportunités pour les développeurs débutants ont chuté d’environ 67 % depuis 2022. L’emploi des développeurs âgés de 22 à 25 ans a reculé de près de 20 % par rapport à son pic. Quant à la part des juniors dans les nouvelles embauches tech, elle est passée de 15 % à 7 % : pour 100 nouveaux recrutements, les entreprises n’intègrent désormais plus que 7 profils juniors, contre 15 auparavant.

Il ne s’agit pas d’un simple phénomène passager conjoncturel. C’est un vrai chamboulement du monde du software, et ça pourrait présager une situation similaire dans les autres secteurs. Goldman Sachs estime en effet que dans les secteurs les plus exposés à l’automatisation, l’écart de chômage entre les moins de 30 ans et les travailleurs expérimentés s’est significativement creusé. Les jeunes entrants sont concentrés dans des rôles facilement automatisés par l’IA, sans avoir accumulé l’expérience qui protège encore les profils seniors.

Le vrai conseil de Cuban : enseigner et implémenter l’IA, pas seulement l’utiliser

Si Cuban incite à se plonger dans l’IA, ce n’est pas simplement pour l’utiliser dans un contexte professionnel individuel, mais surtout pour l’enseigner et aider les entreprises à implémenter des processus basés sur l’IA. Dans la pratique, la plupart des projets pilotes d’IA générative en entreprise échouent. Non pas parce que les outils sont mauvais, mais parce que les dirigeants, souvent des Gen X et baby-boomers, ne savent pas les implémenter correctement. Et c’est précisément là que se trouve l’opportunité.

Pour Cuban, l’implémentation de l’IA et la formation vont représenter une partie importante des emplois disponibles pour les jeunes diplômés sur les prochaines années. Grand fan de NotebookLM, il cite un exemple concret : un jeune entrepreneur qui maîtrise NotebookLM peut proposer des démonstrations aux petites entreprises locales, leur montrer comment automatiser des tâches répétitives, et facturer ce service à 25 dollars de l’heure. Pas besoin d’être ingénieur. Il suffit d’être en avance d’une longueur sur les clients.

Cette vision est partagée au plus haut niveau : Tim Cook chez Apple et Jensen Huang chez Nvidia ont tous deux décrit la maîtrise de l’IA comme un facteur décisif de compétitivité individuelle et collective. Ce n’est plus un débat sur l’avenir, c’est une réalité qui change déjà le monde du travail.

L’outil ne fait pas tout, et l’humain peut rester au cœur des processus

Les propos de Mark Cuban vont à l’encontre de ce à quoi on pourrait s’attendre d’un investisseur milliardaire. Là où certains voient une opportunité de réduire les coûts via des licenciements en masse, il voit plutôt un moyen de réorganiser le capital humain.

Au lieu de tout déléguer à l’IA, il faut des professionnels capables d’évaluer, de trier, de confronter les réponses IA à la réalité de chaque secteur. L’IA ne sait pas qu’elle peut se contredire, mais l’humain compétent, lui, le voit.

Cette logique rejoint directement ce que Cuban cherche chez les entrepreneurs qu’il finançait dans Shark Tank : pas un diplôme spécifique, pas un titre, mais une lecture juste d’un marché et la capacité à agir en fonction d’informations. Dans un monde où n’importe quel modèle peut générer un business plan en trente secondes, ce qui se raréfie (et donc ce qui prend de la valeur), c’est le discernement. Savoir si le plan tient la route, s’il comporte des limites, et savoir l’implémenter est devenu plus important que pouvoir le créer de zéro.

C’est un renversement significatif pour le marché du travail. Le diplôme a longtemps fonctionné comme un signal de compétence validée. Il certifiait qu’on en savait sur un sujet. Mais si le sujet est désormais accessible à tous en quelques secondes, le diplôme perd de l’importance. Ce qui compte, c’est moins ce qu’on sait que ce qu’on sait faire avec l’information.

L’IA n’est pas la seule explication au malaise des jeunes

L’IA n’est pas la seule explication du malaise des jeunes sur le marché du travail : selon une étude de Cornell, les effets de complémentarité de l’IA (quand elle augmente les capacités humaines au lieu de les remplacer) peuvent être jusqu’à 1,7 fois plus importants que ses effets de substitution, ce qui va dans le sens de l’idée de Mark Cuban : les personnes qui apprennent à travailler avec l’IA prennent l’avantage sur celles qui en sont remplacées.

Plusieurs enquêtes récentes indiquent d’ailleurs qu’une large majorité de la Gen Z s’attend à ce que l’IA générative transforme son travail à court terme et s’y prépare déjà par de l’autoformation. Cuban a donc raison : ceux qui n’attendent pas passivement sont déjà en train de prendre une longueur d’avance.

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