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Ratatouille 2, cette “blague” qui en dit long sur l’avenir des studios face à Netflix

Demandez à chaque joueur présent à la Coupe du monde 2026, il y a des tacles qui font plus mal que d’autres. Et dans le cas de Brad Bird, il a décidé de viser la rotule de Pixar et d’Hollywood, les deux pieds en avant.

Décidément, il s’en passe des choses au Festival International du Film d’Animation d’Annecy. C’est vrai qu’on a parlé de pas mal de sujets autour de Batman, des plateformes de streaming, de Batman bis, d’Invincible, et d’autres annonces sur le Chevalier Noir qu’on n’a même pas eu le temps de traiter parce que ça faisait un peu beaucoup là, non ? Néanmoins, il y a un événement que l’on ne pouvait pas esquiver, c’est la présence du génial Brad Bird.

Le réalisateur des Indestructibles et de Ratatouille est sur place pour présenter son nouveau bébé, Ray Gunn, un film d’animation prévu pour le 18 décembre prochain sur Netflix, qui racontera l’enquête d’un détective privé dans un futur où humains et aliens cohabitent. Une technique d’animation entièrement en images de synthèse louée par un cinéaste pourtant amateur du traditionnel dessin à la main : “Vous pouvez traiter la caméra comme une vraie caméra, non seulement dans la manière dont vous la déplacez, mais aussi dans l’objectif que vous utilisez.”

Ratatouille 2, cette "blague" qui en dit long sur l'avenir des studios face à Netflix
© Netflix

C’est bien gentil tout ça, mais ce n’est pas vraiment le propos le plus intéressant de sa conférence. On le sait, Pixar a une nouvelle stratégie qui est d’alterner un film original avec la suite d’une saga. Et ce n’est pas Toy Story 5 qui prouvera le contraire. Dans cet ordre d’idées, puisque Bird a déjà craqué sur un Indestructibles 2, pourquoi ne pas lui proposer une autre suite, celle d’un autre chef-d’oeuvre pondu par le monsieur pour le studio, Ratatouille 2 ?

“La blague est un peu sérieuse”

Eh bien, figurez-vous que Pixar y a pensé, d’une certaine manière. “Ils ont fait des allusions à ce sujet pour voir comment je réagirais, commence Bird, ils lancent la blague, mais la blague est un peu sérieuse, du genre ‘Tu le ferais ?’ Et je réponds, ‘Non, on a déjà raconté cette histoire‘”. Personne ne reprochera à Pixar d’avoir voulu tâter le terrain, mais en l’état, cela signifie que Ratatouille 2 n’est pas dans les cartons du studio, à moins de confier le projet à un autre réalisateur/scénariste.

Le refus de Brad Bird de s’engager sur une suite s’explique également par une forme d’aversion du cinéaste pour ce qu’est devenue la logique des studios hollywoodiens, cette même chose qui l’a poussé vers Netflix pour financer son Ray Gunn. Selon lui, les studios se focalisent beaucoup trop sur leurs propriétés intellectuelles, entendez leurs franchises, et il est devenu très difficile de financer du matériel original tant peu de ressources leur sont accordées. On comprend qu’il a dû aller toquer à certaines portes et que seule la plateforme de streaming lui a ouvert.

Ce n’est pas étonnant tant Netflix est connu pour faire confiance à de grands noms du cinéma, ravi d’ajouter une personnalité prestigieuse à ses productions maison. Martin Scorsese et Alfonso Cuarón avaient loué le service de SVoD à l’époque de Roma et The Irishman pour les mêmes raisons. Plus largement, on peut lire dans la réponse de Bird une forme de mise en garde envers Hollywood, dont les stratégies sont désormais davantage tournées vers l’économie que la créativité. Un avertissement qui n’est pas le premier et qui ne sera certainement pas le dernier.

 

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