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Pourquoi La Fin d’Oak Street n’est pas Jurassic Park (et c’est tant mieux)

À l’occasion de la sortie dans nos salles de La Fin d’Oak Street, nous avons eu la chance de pouvoir échanger avec le réalisateur et scénariste David Robert Mitchell, notamment sur sa façon d’aborder le film de dinosaures.

Quand vous voulez tester la patience d’un réalisateur, interviewez-le un dimanche soir (pour nous) avec un anglais fatigué (encore pour nous). À ce jeu-là, David Robert Mitchell est une crème. Alors que La Fin d’Oak Street ne sort qu’aujourd’hui sur le territoire américain et qu’on lui espère le plus grand bien tant on a trouvé le film imparfait, mais touchant (notre critique), on a pu échanger avec le monsieur sur sa conception du film de dinosaures. Et cela tombe bien, La Fin d’Oak Street n’en est pas vraiment un. Avant tout, c’est un film consacré à la famille, celle d’Anne Hathaway, d’Ewan McGregor, de Maisy Stella et de Christian Convery.

“Mon objectif était de créer un drame sur cette famille où chaque membre a ses propres problèmes, ses secrets, ses défauts, mais ils s’aiment et prennent soin les uns des autres en tant que famille, comme nous le faisons tous avec nos familles. Nous pouvions nous reconnaître en eux, et au cœur du film, c’est simplement un drame sur ces personnages et cette famille dans laquelle nous pouvons nous reconnaître. C’est ça, le film.”

L’arrivée de la préhistoire n’est pas un élément central de la narration, c’est l’élément déclencheur. Celui qui va “entrer en collision” avec la famille Platt et ensuite transformer la dynamique de groupe. “Qu’arrive-t-il à la trajectoire de leurs relations ? C’est de cela que parle le film”, insiste le cinéaste.

“Il s’agissait de faire de ces dinosaures les nôtres, pour notre film”

Mais alors pourquoi les dinosaures ? Parce que David Robert Mitchell reste un touche-à-tout qui aime faire se rencontrer les genres, comme pour It Follows et Under the Silver Lake. Et qu’il a “toujours voulu faire un film de dinosaures”. Il avoue : “L’idée de pouvoir le faire était amusante et excitante. Ensuite, il s’agissait vraiment de mettre beaucoup d’énergie dans la question : comment fait-on pour que ce soit génial ? Comment fait-on quelque chose de spécial ?”

Cette originalité passe par ce récit très proche des Platt, comme nous l’avons vu, mais également par le design de ces monstres préhistoriques, pour le coup très éloigné de ceux que l’on a connus avec Jurassic Park, aujourd’hui devenu la seule représentation des dinosaures dans l’imaginaire collectif. Pour La Fin d’Oak Street, ils se sont rapprochés de la paléontologie en rapprochant les dinos des oiseaux, tout en apportant leur propre touche, qui peut diviser.

“Il y a des éléments de nos dinosaures qui pourraient être considérés comme un peu plus scientifiquement exacts, mais en même temps, nous prenons aussi ce qui nous intéresse, précise-t-il, il y a certainement des libertés créatives là-dedans. Il s’agissait de faire de ces dinosaures les nôtres, pour notre film. Et d’essayer de les rendre spéciaux d’une certaine façon, et c’est l’une des manières dont nous l’avons fait.”

Un résultat qu’il doit notamment à Jay Cooper, le superviseur des effets visuels, et à l’équipe d’ILM qui a bossé sur le design des bestioles.

“Les moments de suspense, on y tient vraiment”

L’autre point qui peut diviser, c’est que dans son mélange d’humour noir, de drame familial et de film d’aventure des années 80, il en oublie parfois le divertissement, du moins, ce n’est pas son objectif premier.

“Je veux dire que c’est la porte d’entrée, parce que si on a juste des gens poursuivis par des dinosaures et juste du spectacle, ça peut être amusant, mais ce n’est pas aussi immersif que si on commence vraiment à se soucier des gens. Si vous tenez aux personnages, si vous commencez à vous reconnaître en eux, alors ces moments prennent du sens. Les moments de suspense, on y tient vraiment.”

Si vous avez lu notre papier, vous savez également qu’on est plutôt fans, même si cela divise sur les réseaux, de la composition du bonhomme, de la manière qu’il a d’habiter une scène avec le premier plan, le second et le hors-champ, avec cette idée que dans chaque zone de l’écran ou non, il peut se passer quelque chose.

“J’adore jouer avec le cadrage et la composition. J’aime l’idée des façons dont on peut jouer avec le premier plan, l’espace intermédiaire et les éléments d’arrière-plan à l’intérieur d’un film. Je trouve ça vraiment excitant, ce qui est dans le cadre et ce qui est juste en dehors. Parfois, si on place une caméra quelque part, alors, vous savez, et vous suggérez au public que c’est ce qu’il va voir, puis des choses entrent ou sortent. Il y a un pouvoir là-dedans, et il y a quelque chose qui semble très réel quand on fait ça. Et donc, encore une fois, c’est juste une de ces petites astuces que j’aime utiliser. Et les façons dont vous, si vous pouvez permettre au public de participer, de scanner le cadre, de regarder l’arrière-plan, alors je pense que le film peut être plus immersif.”

Quant à savoir si David Robert Mitchell continuera à nous raconter des récits avec une grosse nostalgie pour les années 80, le réalisateur l’avoue à demi-mot : tant que cela “lui parle” (entendons tant que sa nostalgie répond présent), il n’est pas prêt d’arrêter. Alors rendez-vous au prochain film et cela tombe bien, c’est They Follow, la suite de son succès It Follows !

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