Depuis l’arrivée de ChatGPT en 2022, de nombreuses études ont essayé de mesurer ou de prédire l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi. Et, cette semaine, c’est OpenAI, le créateur de ChatGPT, qui publie une étude sur l’emploi dans l’Union européenne. Cette étude, réalisée par OpenAI Economic Research, applique une méthode que l’entreprise applique déjà aux États-Unis pour mesurer l’impact de l’intelligence artificielle.
D’après le rapport, 47 % des emplois de l’UE ont un risque faible d’être impactés par l’intelligence artificielle dans l’immédiat. Il y a aussi 27 % d’emplois qui risquent de subir une réorganisation (mais les humains seront toujours dans le processus). 12 % des emplois se trouvent même dans des professions qui vont se développer grâce à l’intelligence artificielle. Mais il y a aussi 14 % des emplois qui ont un risque élevé d’être automatisés à court terme.

Notons que le pourcentage d’emplois à risque élevé en Europe est plus faible que celui des États-Unis. Et ce pourcentage varie également d’un pays de l’UE à l’autre. “Le rapport montre que les tendances varient d’un pays à l’autre au sein de l’UE. Le Luxembourg, la Suède et les Pays-Bas comptent une part plus importante de professions susceptibles de se développer grâce à l’IA. L’Allemagne, la Grèce et l’Italie, quant à elles, comptent une part plus importante de l’emploi dans des professions classées comme présentant un potentiel d’automatisation plus élevé. Ces différences reflètent les disparités dans la structure de l’emploi entre les pays”, explique OpenAI. Et, en France, on a un pourcentage de 13 % d’emplois qui ont un risque d’automatisation à court terme très élevé.

Un outil, et non une prédiction
OpenAI précise, dans la présentation de ce rapport, qu’il ne s’agit pas d’une prévision. Celui-ci doit plutôt être perçu comme un outil ou comme une feuille de route, qui permet d’anticiper les changements, en tenant compte des risques et des opportunités. En effet, les changements qui résultent de l’utilisation de l’intelligence artificielle n’apparaîtront dans les statistiques que quand les employeurs et les travailleurs se seront adaptés.
“L’Europe dispose de systèmes statistiques officiels robustes en matière d’emploi, de formation, de postes vacants et de salaires. Relier ces systèmes aux indicateurs de capacité en IA et d’adoption en milieu professionnel pourrait permettre d’identifier les zones de transition où se manifestent les pressions et les opportunités avant même que leurs effets ne se traduisent par des données globales sur le marché du travail”, écrit l’entreprise.
En tout cas, comme l’a montré une étude réalisée par Anthropic, un concurrent d’OpenAI, le fait qu’une tâche professionnelle peut être automatisée avec l’IA ne signifie pas toujours que ces capacités de la technologie sont utilisées (à la place des humains). “Certaines tâches théoriquement possibles peuvent ne pas être mises en œuvre en raison des limitations des modèles. D’autres peuvent être lentes à se diffuser en raison de contraintes légales, d’exigences logicielles spécifiques, d’étapes de vérification humaine ou d’autres obstacles”, expliquait celui-ci, en mars.
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