Le Venezuela ne dispose pas de son propre système national d’alerte sismique. Mais lors des deux puissants séismes qui ont frappé le pays, des millions d’utilisateurs Android ont tout de même reçu un avertissement avant ou pendant les premières secousses. C’est Google qui s’est chargé de jouer les sentinelles, avec les moyens du bord : les smartphones.
Un réseau sismique dans les poches
Le principe est simple à expliquer, beaucoup moins à faire fonctionner. Les téléphones Android utilisent leur accéléromètre, le même capteur qui fait pivoter l’écran quand on tourne l’appareil, pour repérer les premières vibrations d’un tremblement de terre. Un téléphone posé sur une table, au sol ou dans un sac peut détecter les ondes P, les plus rapides, mais généralement moins destructrices.
Quand plusieurs appareils immobiles repèrent ce type de signal, ils envoient des données aux serveurs de Google avec une localisation approximative. Le système croise ensuite ces informations pour confirmer qu’un séisme est bien en cours, estimer sa position, sa magnitude et la zone à prévenir.

L’objectif est d’envoyer les alertes avant l’arrivée des ondes S, plus lentes et plus dangereuses, responsables des secousses les plus fortes. Dans les faits, tout se joue en quelques secondes. C’est peu, mais c’est parfois suffisant pour s’éloigner d’un objet instable, se mettre à l’abri ou descendre d’une échelle.
Au Venezuela, les téléphones ont détecté les premières ondes en trois secondes, selon Google. Six secondes plus tard, les premières alertes étaient envoyées. Le système a ensuite continué d’ajuster ses estimations, car deux séismes se sont succédé : un premier de magnitude 7,2, puis un second de magnitude 7,5. Google indique que ce dernier est le plus puissant enregistré dans le pays depuis 1900.
Au total, 11,4 millions de personnes ont reçu une alerte. Parmi elles, près de 10 % ont eu droit au niveau le plus sérieux, « Take Action ». Cette notification prend le contrôle de l’écran et déclenche un signal sonore difficile à ignorer, avec un message demandant de se protéger immédiatement. D’autres alertes, moins insistantes, préviennent simplement qu’une secousse peut être ressentie.
Plus on se trouve loin de l’épicentre, plus on a de chances d’être prévenu avant que le sol bouge vraiment. À l’inverse, les personnes les plus proches peuvent recevoir l’alerte au moment où la secousse commence déjà. Google rappelle aussi que le système n’est pas actif pour tout le monde par magie. Il faut un téléphone Android, une connexion au réseau mobile ou au Wi-Fi, les réglages de localisation activés, ainsi que l’option d’alerte sismique. Les utilisateurs peuvent aussi la désactiver.
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