Envoyer une expérience scientifique dans l’espace est une chose. La récupérer en bon état en est une autre. C’est précisément le service que veut proposer Atmos Space Cargo avec Phoenix 2, une capsule réutilisable conçue pour transporter jusqu’à 100 kilogrammes de matériel.
Ramener du matos spatial sur Terre
La société franco-allemande vise notamment les laboratoires et les industriels qui souhaitent mener des recherches ou fabriquer des produits en micropesanteur. La capsule pourra rester en orbite de quelques heures à trois mois, puis rapporter les expériences, les données et les équipements sur Terre.
Phoenix 2 ne reviendra toutefois pas avec un bouclier thermique rigide classique. Atmos a mis au point un dispositif gonflable qui se déploiera avant l’entrée dans l’atmosphère. D’un diamètre de six mètres, il protégera la capsule contre la chaleur tout en augmentant fortement sa surface, ce qui permettra de ralentir sa descente. Le système jouera ainsi à la fois le rôle de bouclier thermique et de parachute à grande vitesse.
Après sa traversée de l’atmosphère, Phoenix 2 doit amerrir près de l’île de Santa Maria, dans l’archipel des Açores. Atmos a obtenu en mars une autorisation des autorités portugaises pour effectuer ces retours. L’entreprise présente cette licence comme la première accordée par le pays pour la rentrée d’un engin spatial commercial sur le territoire européen.
Le premier vol opérationnel, Phoenix 2.1, est programmé pour le second semestre 2026. Il embarquera BentoBox, une plateforme de recherche en micropesanteur conçue par Space Cargo Unlimited. Deux autres missions doivent suivre rapidement : Phoenix 2.2 environ six mois plus tard, puis Phoenix 2.3 cinq mois après. Les capsules partiront à bord de missions partagées de SpaceX ou de petits lanceurs européens. Les deux derniers vols sont déjà partiellement réservés.
Atmos avait testé une première version de sa technologie en avril 2025 avec le démonstrateur Phoenix 1. La mission avait permis de collecter des données de vol, mais pas de récupérer la capsule. Une modification du profil de la mission SpaceX avait déplacé la zone d’amerrissage prévue.
Atmos prépare déjà une capsule beaucoup plus imposante. Phoenix 3 pourra transporter jusqu’à 1.000 kilogrammes de charge utile, soit dix fois plus que Phoenix 2. Son bouclier gonflable atteindra 15 mètres de diamètre.
Pour financer ses missions et lancer le développement de Phoenix 3, la société vient de lever 25,7 millions d’euros. Une partie de l’argent servira aussi à créer Atmos Works, une branche destinée aux gouvernements et aux acteurs de la défense.
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