Depuis le 22 juillet 2026, c’est au tour des internautes français d’en profiter. Google a activé simultanément les Aperçus IA (AI Overviews) et le Mode IA (AI Mode) sur son moteur de recherche dans l’Hexagone, sur ordinateur, mobile et application. Concrètement, ça change quoi ?
Moins de clics, plus de synthèse
Concrètement, deux nouveautés cohabitent désormais dans la barre de recherche. Les Aperçus IA affichent une synthèse générée par les derniers modèles Gemini directement au-dessus des résultats classiques, dès que Google juge la requête suffisamment pertinente, accompagnée de quelques liens vers les sources utilisées. Le Mode IA, lui, prend la forme d’un onglet à part entière pensé comme une conversation.

Lorsqu’on l’interroge, le mode IA de Google se présente comme “une intelligence artificielle conçue pour traiter le langage naturel et interagir avec vous de manière fluide. Mon fonctionnement repose sur l’analyse de données textuelles et l’exécution d’algorithmes mathématiques avancés“. Le chatbot nous précise aussi qu’il est “neutre”, et qu’il n’a “pas de conscience, d’émotions, ni de corps physique“.
Ce retard français n’a rien de technique, puisqu’il tient entièrement à la législation française sur les droits voisins, considérée comme la plus stricte d’Europe en la matière, et à un contentieux qui colle à la peau de Google dans l’Hexagone depuis des années. L’Autorité de la concurrence française avait déjà infligé une amende de 250 millions d’euros au géant américain en mars 2024 pour non-respect de ses engagements de rémunération envers les éditeurs de presse. De quoi expliquer pourquoi Google a préféré déployer ses Aperçus IA dans neuf autres pays européens dès l’année dernière en laissant la France de côté seize mois durant.
Plus d’IA, moins de médias
Pour calmer le jeu avec les éditeurs français, Google a publié deux jours avant le lancement de son outil, une documentation détaillant un nouveau réglage dans Search Console. Les propriétaires de sites peuvent désormais exclure l’ensemble de leur domaine des fonctionnalités génératives, en un seul clic, avec un effet appliqué en un à deux jours. Le hic, c’est que ce contrôle reste binaire et s’applique à tout le site d’un coup : impossible pour l’instant d’exclure uniquement certaines pages tout en laissant les autres éligibles à la citation. Un réglage plus fin, page par page, n’est prévu qu’en mars 2027, sous la pression d’une obligation imposée par le régulateur britannique.
Pour l’internaute lambda, en revanche, aucun filtrage n’est possible. Il faudra simplement prendre soin d’éviter l’onglet Mode IA. Reste que la bascule marque l’entrée dans une zone d’incertitude, où aucun tribunal ni régulateur n’a encore tranché si une synthèse générée par IA relève, ou non, du régime des droits voisins. Une question qui pèsera sans doute lourd sur l’avenir du web français.
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