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En France, Google va volontairement rendre les recherches moins efficaces et c’est une bonne nouvelle pour son IA

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Les recherches Google vont bientôt devenir moins pratiques pour les utilisateurs européens, mais c’est une nouvelle à double tranchant pour la firme.

Google vient de reconnaître quelque chose non pas d’inédit mais de surprenant : son moteur de recherche va volontairement devenir moins bon en Europe. C’est en tout cas ce qu’affirme Nick Fox, vice-président senior de Google, après une nouvelle refonte imposée par le Digital Markets Act (DMA), le règlement européen qui encadre les géants du numérique. Les résultats de recherche changent dès maintenant pour laisser davantage de place aux services concurrents, quitte à supprimer certaines informations qui étaient devenues automatiques pour des millions d’utilisateurs.

Mais derrière cette bataille avec l’Union Européenne, une autre stratégie apparaît de plus en plus clairement. Depuis plusieurs mois, Google pousse activement son Mode IA et ses résumés automatiques, les fameux AI Overviews, pour révolutionner notre manière de chercher des informations. Et si cette dégradation de la recherche classique servait aussi, indirectement, à accélérer cette transition ?

Les résultats Google ne seront plus les mêmes

Le changement concerne les recherches liées aux hôtels, restaurants, compagnies aériennes ou encore aux comparateurs de prix. Jusqu’ici, Google affichait directement des prix, des disponibilités et des informations provenant de ses propres services en haut des résultats.

En Europe, cette présentation disparaît progressivement. Désormais, les premiers résultats seront occupés par des comparateurs spécialisés, suivis d’autres plateformes concurrentes. Les carrousels Google qui apparaissaient en haut de page existent toujours, mais ils perdent certaines informations clés, notamment les prix en temps réel.

Concrètement, si vous cherchez un hôtel à Barcelone ou un billet d’avion pour Rome, il y a de fortes chances que Booking, Expedia, Kayak ou d’autres intermédiaires apparaissent avant le site officiel de l’établissement/de la compagnie aérienne. Google affirme avoir appliqué ces changements pour respecter le DMA et éviter de nouvelles sanctions européennes, après une amende de 890 millions d’euros infligée cet été pour abus de position dominante.

Mais selon Google, ces modifications auraient déjà fait chuter de 30 % le trafic vers les réservations directes des entreprises européennes lors des premiers tests.

Google pousse de plus en plus son IA

Pendant que la recherche traditionnelle perd des fonctionnalités, Google investit massivement dans une autre façon de consulter Internet. L’IA est partout et maintenant par défaut. Depuis plusieurs mois, les AI Overviews sont déployés dans de nombreux pays. Au lieu d’une liste de liens, Google affiche directement un résumé généré par intelligence artificielle, accompagné de quelques sources.

Plus récemment, la firme a également lancé son Mode IA, une interface conversationnelle qui ressemble beaucoup plus à ChatGPT ou Claude qu’au Google Search que l’on connaît depuis vingt-cinq ans. Poser une question plutôt que chercher une page web, c’est devenu l’objectif de Google pour ses utilisateurs. Cette évolution change profondément la consommation de l’information puisque les internautes cliquent moins sur les sites, tandis que Google conserve davantage l’utilisateur dans son propre écosystème.

Une recherche classique moins pratique, pour mieux faire adopter l’IA ?

Difficile de ne pas voir le paradoxe que cette nouvelle crée. D’un côté, Google explique que le DMA l’oblige à retirer certaines fonctionnalités historiques du moteur de recherche classique. De l’autre, l’entreprise met en avant une expérience IA beaucoup plus complète, qui ne repose justement plus sur ces éléments.

Le risque, pour les utilisateurs, est double. Les résultats classiques deviennent parfois plus encombrés d’intermédiaires et moins lisibles, tandis que les réponses IA peuvent résumer des informations sans forcément inciter à consulter les sources originales. Pour les créateurs de contenus, les médias, les commerçants ou les hôteliers, l’enjeu est encore plus important car moins de clics directs signifie potentiellement moins de trafic et moins de revenus.

Google promet que ces changements permettront de respecter les règles européennes tout en continuant à améliorer son moteur. Mais, la recherche Google en Europe entre dans une nouvelle ère, où l’intelligence artificielle prend progressivement la place de la traditionnelle liste de liens bleus.

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