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ChatGPT et l’IA rendent-ils vraiment les élèves plus bêtes, comme le suggère le dernier rapport PISA ?

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L’OCDE vient de publier son édition 2026, et la France y touche son plus bas niveau historique.

456 points en compréhension écrite, 458 en maths et 483 en sciences. Le rapport PISA, publié ce mardi 8 septembre, fait état d’un niveau moyen des élèves français au plus bas depuis la création du barème en 2000. En trois ans, la lecture perd 18 points et les mathématiques 16, soit environ deux fois la baisse enregistrée lors de l’édition précédente. Pourtant, la France ne bouge presque pas au classement, où elle glisse de la 26e à la 27e position sur 91 pays évalués.

Tout le monde recule, et c’est à cause de l’IA

L’édition 2026 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), comporte une nouveauté encore jamais évaluée : pour la première fois, l’étude mesure l’usage de l’intelligence artificielle générative par des adolescents à l’échelle mondiale. Selon Éric Charbonnier, analyste éducation à l’OCDE au micro de France Info, les élèves français les plus performants en sciences sont aussi ceux qui n’utilisent jamais, ou presque jamais, l’IA.

La tentation serait grande (et facile) de conclure que ChatGPT rend bête. Pourtant, il s’agit davantage d’un effet de corrélation que d’une situation de causalité. Ce sont les usages excessifs ou principalement récréatifs des outils numériques et de l’IA qui sont associés à de moins bons résultats, et non pas son usage en tant que tel. Nuance décisive analyse Éric Charbonnier, puisque l’étude ne fait pas la distinction entre celles et ceux qui utilisent l’IA pour étudier, et les autres, pour qui l’outil est d’abord une source de divertissement.

Il y a plus inquiétant que l’IA

En se focalisant sur l’IA, on passe pourtant à côté du résultat le plus intéressant de cette édition. En sciences, l’écart entre le quart des élèves les plus favorisés et le quart des moins favorisés atteint 100 points en France, contre 85 en moyenne dans l’OCDE. Concrètement, la France reste l’un des pays développés où l’origine sociale prédit aussi le niveau scolaire. Plutôt que de se focaliser sur les chatbots, mieux vaut donc (peut-être) se demander si les mesures sociales et éducatives de ces dernières années n’ont pas joué en défaveur de certaines catégories sociales. D’autant plus que le rapport PISA a été mené sur l’année 2025, deux ans tout juste après la banalisation des IA génératives dans les usages. Il faudra attendre la prochaine édition, soit 2029 pour vérifier l’impact réel (ou du moins plus documenté) de l’IA sur le niveau d’études des enfants français, quand la génération concernée aura passé toute sa scolarité avec un assistant dans la poche.

En attendant, les politiques publiques avancent à tâtons. New York vient de débrancher l’IA générative jusqu’à l’équivalent de la quatrième pour 600 000 élèves, quand la France s’apprête à inscrire une heure hebdomadaire consacrée à l’IA au programme de seconde dès la rentrée 2027.

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