Depuis 2022, la France taxe les voitures neuves les plus lourdes à l’immatriculation. Un dispositif pensé au départ pour viser exclusivement les modèles thermiques, avec un seuil de déclenchement, fixé à 1 800 kg, avant d’être abaissé à 1 600 kg en 2024, puis à 1 500 kg depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Concrètement, au-delà de cette limite, chaque kilo supplémentaire coûte de plus en plus cher, avec un barème progressif qui peut grimper jusqu’à 20 € le kilo sur les tranches les plus élevées.
Un SUV électrique, ça pèse lourd
Jusqu’ici, les voitures 100 % électriques et à hydrogène passaient entre les mailles du filet, quel que soit leur poids. Sauf que la loi de finances pour 2025 avait prévu de mettre fin à ce privilège. À partir du 1ᵉʳ juillet 2026, les véhicules électriques dépassant 2,1 tonnes (soit 1,5 tonne avec un abattement de 600 kg destiné à compenser le poids des batteries) devaient à leur tour passer à la caisse. Une clause d’exemption existait pour les modèles bénéficiant d’un bon éco-score, calculé sur l’ensemble du cycle de fabrication, ce qui revenait en creux à épargner les voitures assemblées en Europe et à cibler plus durement les modèles chinois.
Concrètement, cela concernait surtout les gros SUV et berlines familiales à batterie, des véhicules comme certains modèles Tesla, BMW ou Mercedes électriques, qui dépassaient régulièrement les 2,4 tonnes une fois chargés.
Le gouvernement recule, mais ne ferme pas la porte
C’est finalement lors de l’adoption définitive du budget 2026, actée fin janvier via l’article 49.3 de la Constitution, que la mesure a été retirée. Sous la pression des professionnels de l’automobile, qui estimaient qu’une telle taxe enverrait un mauvais signal alors que la voiture électrique peine déjà à convaincre les classes moyennes, l’exécutif a préféré geler le dispositif. Les véhicules 100 % électriques restent donc totalement exonérés du malus au poids sur l’ensemble de l’année 2026, sans condition d’éco-score.
Ce recul n’est toutefois présenté par personne comme définitif. Plusieurs voix ont déjà annoncé vouloir remettre le sujet sur la table lors des débats du budget 2027. Rien n’indique à ce stade qu’une nouvelle version du texte reprendra les mêmes seuils, mais l’idée de faire contribuer les véhicules électriques les plus imposants au financement des infrastructures routières reste dans les tuyaux, d’autant que la baisse des recettes de la TICPE, liée au recul mécanique des ventes de carburant, pousse l’État à chercher de nouvelles sources de financement.
En attendant, les acheteurs de gros modèles électriques peuvent souffler. Le reste de la fiscalité automobile, elle, continue de se durcir : le malus CO2 voit son seuil de déclenchement abaissé à 108 g/km cette année, contre 113 g/km en 2025, avec un plafond qui atteint désormais 80 000 € et qui grimpera à 100 000 € en 2028. Les hybrides rechargeables, eux, n’ont pas eu cette chance : ils restent soumis au malus au poids depuis 2025.
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