Chaque année, la Lune augmente son orbite et s’éloigne de la Terre d’environ 3,8 centimètres. Une distance qui paraît bien ridicule à l’échelle de notre gigantesque Univers, mais cette dérive entraîne de grandes répercussions sur notre belle planète. En effet, ce mouvement d’éloignement modifie non seulement l’amplitude des marées océaniques, mais aussi la rotation terrestre, allongeant ainsi progressivement la durée de nos journées.
Un lent divorce gravitationnel
Pour comprendre ce phénomène, il faut avant tout revenir au fonctionnement des marées. Sous l’attraction de la Lune, les océans se déforment et créent deux grandes bosses d’eau orientées vers et à l’opposé de notre satellite. Cependant, la rotation de la Terre est plus rapide que le mouvement orbital de notre satellite, qui est, lui, 27,3 fois plus lent.
Ce décalage fait que ces masses d’eau ne sont jamais directement alignées sous la Lune, car la rotation terrestre les entraîne toujours légèrement en avance sur la position lunaire. Ce bourrelet de marée exerce alors une force de traction sur la Lune, tirant légèrement vers l’avant sur son orbite.
Cette force constante (ou couple de marée), a pour effet d’accélérer notre satellite. En mécanique céleste, lorsqu’un corps gagne de l’élan orbital, il est propulsé vers une orbite plus haute et plus large. Ce transfert d’énergie éloigne donc naturellement notre satellite de 3,8 cm annuellement.
Une des conséquences est que la durée du jour augmente très lentement. À l’échelle d’une vie humaine, le changement est imperceptible, ce qui n’est pas le cas sur des millions d’années. Les fossiles de mollusques du Crétacé nous montrent, par exemple, qu’auu temps des dinosaures, la Terre faisait un tour complet en environ 23 h 30 et une année durait 372 jours. Si elle tournait plus vite, c’est tout simplement parce que la Lune était plus proche et que le couple Terre-Lune n’avait pas encore transféré autant d’énergie.
Ce mécanisme n’est jamais voué à s’arrêter, et lorsque la Lune se sera éloignée suffisamment, les journées terrestres atteindront 25 heures, voire davantage. Cela signifie donc, potentiellement, que l’on pourrait être plus productifs et faire plus de choses en une journée ? Malheureusement non, puisque le processus prendra des centaines de millions d’années, et il est fort probable que l’espèce humaine se soit éteinte bien avant. La journée de 25 heures est finalement, un peu comme la retraite à 60 ans : un concept magnifique, mais pour une civilisation qui n’existera plus pour en profiter.
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