Sous une allure de simple flotteur métallique comparable à un barbecue domestique, l’engin CETO de la société Carnegie Clean Energy cache une technologie révolutionnaire dont seule l’Australie a le secret. Depuis plus de 25 ans, le pays finance largement des techniques de conversion du mouvement des vagues en électricité.
On vous voit venir, des flotteurs qui transforment l’énergie des vagues en électricité, ce n’est certainement pas nouveau. On les appelle d’ailleurs des convertisseurs d’énergie houlomotrices, et l’on en compte plusieurs dizaines, voire centaines dans nos mers et océans. Le problème, c’est qu’ils sont à la merci des tempêtes et qu’ils sont particulièrement vilains. L’Australie, elle, a réfléchi à la source du problème : “et si, au lieu de laisser ces flotteurs à la merci des caprices de la mer, on les immergeait ?”. De là est né le projet du CETO.
Contrairement aux énergies houlomotrices classiques qui consistent en un “serpent” articulé en surface ou à une bouée géante, CETO ne fonctionne bien que sous l’eau. Un flotteur situé à quelques mètres sous la surface oscille au gré du mouvement orbital des vagues. Ce mouvement entraîne alors un système de conversion qui transforme l’énergie mécanique en électricité, qui est ensuite acheminée vers la côte par un câble sous-marin.
Des premières installations dès octobre
“Il y a un sentiment d’excitation grandissant au sein de notre équipe talentueuse à mesure que le déploiement en mer se rapproche”, se réjouit Jonathan Fievez, PDG de Carnegie Clean Energy, et pour cause, puisque Carnegie Clean Energy devrait commencer les premières installations du CETO dès le mois d’octobre, au large d’Armintza, dans le golfe de Gascogne. “Nous avons hâte d’atteindre l’objectif de mettre à l’eau notre dispositif de production d’énergie offshore. […] La livraison de CETO positionnera Carnegie à l’avant-garde de l’énergie marine et offrira une plateforme solide pour de futures opportunités de projets commerciaux.”
La société commencera d’ailleurs par poser les fondations et les lignes d’ancrage au fond du site, avant d’y arrimer l’engin. Une campagne d’essais de deux ans débutera alors, avec un raccordement direct au réseau électrique espagnol.
25 ans de développement et peu d’échecs
Si le site d’Armintza a été sélectionné, c’est pour les conditions de mer particulièrement musclées qu’il offrira à Carnegie. Il permettra ainsi de tester la résistance de la machines dans des conditions extrêmes, et ce, après 25 ans de développement.
Les premières unités CETO ont été testées dès 1999, avec des flotteurs passant progressivement de 7 à 11 mètres de profondeur. En 2012, une unité CETO 4 avait d’ailleurs été livrée à la Réunion en partenariat avec EDF, avant d’être endommagée et emportée par un cyclone deux ans plus tard. D’autres essais fructueux avaient également été menés à Garden Island (Australie-Occidentale) en 2011 et 2015, avec des résultats probants.
Le premier modèle produisait alors 80 kW, tandis que le second montait à 240 kW. Aujourd’hui, Carnegie ambitionne d’atteindre les 5 MW avec une seule unité CETO.
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