Alaxione, entreprise française spécialisée dans la e-santé, se retrouve au cœur d’un incident informatique sensible. Sa plateforme sert notamment à gérer des rendez-vous médicaux et la relation entre patients et professionnels de santé. Autrement dit, le type de service où les données manipulées ne sont pas exactement anodines.
L’attaque est confirmée
L’entreprise a confirmé à RTL qu’une intrusion avait bien eu lieu. Mais elle tempère nettement le scénario présenté par le cybercriminel. Selon Alaxione, l’accès non autorisé aurait concerné un serveur de test, sans données médicales réelles.
Le pirate raconte une autre histoire. Il affirme avoir récupéré 12,8 Go de données, soit environ 18 millions de lignes issues de plusieurs tables. Dans le lot revendiqué : 6,8 millions de profils utilisateurs, plus de 10,1 millions de rendez-vous, ainsi que plus de 270.000 discussions.
Cyberattaque.org indique avoir analysé un échantillon de 1.000 lignes. Celui-ci ferait apparaître de nombreuses colonnes liées à des informations personnelles : nom, prénom, coordonnées, date de naissance, adresse, profession, médecin traitant, champs prévus pour le numéro de sécurité sociale, mais aussi informations bancaires comme l’IBAN ou le BIC.
Précision importante : une colonne présente dans une base ne veut pas dire qu’elle est remplie pour tous les utilisateurs. Et un échantillon de 1.000 lignes ne permet pas de conclure que les millions d’enregistrements revendiqués sont tous authentiques. De nouvelles captures publiées par le cybercriminel montreraient une interface phpMyAdmin accessible depuis une adresse de preprod. Cela semble confirmer que l’environnement touché était bien lié à une instance de test.
Mais cela ne règle pas la question principale : les données étaient-elles fictives, anonymisées, ou provenaient-elles d’une copie de production ? C’est là que les versions s’opposent. Le pirate affirme avoir découvert une copie temporaire contenant des données réelles. Alaxione, de son côté, assure que l’environnement compromis ne contenait pas de données médicales réelles.
Certains éléments alimentent tout de même les interrogations. Des adresses e-mail publiées semblent bien correspondre à des comptes existants. Certaines comporteraient des alias mentionnant Doctolib ou PointVision, et plusieurs auraient déjà été vues dans d’anciennes fuites. Cela peut indiquer la présence de données réelles, mais ce n’est pas une preuve définitive.
Les données liées aux rendez-vous et aux discussions ajoutent une dimension plus sensible encore. Même sans contenu médical explicite, relier une personne à un praticien, à une date, à un lieu ou à un motif de consultation peut révéler beaucoup.