Trop terne, inutile ou même carrément problématique. La série Harry Potter a fait couler beaucoup d’encre depuis la publication de son premier aperçu en mars dernier. Par surprise, et alors qu’on attendait cette nouvelle adaptation des aventures du petit sorcier à lunettes pour 2027, HBO Max a confirmé que le premier épisode serait diffusé le matin de Noël. Le coup d’envoi d’une nouvelle décennie d’explorer du monde magique est pour très bientôt, mais certains spectateurs n’adhèrent déjà pas à la proposition.
Il faut dire que si le film de Chris Columbus souffle sa 25e bougie cette année, le souvenir de la saga reste vif dans les mémoires. HBO Max promet pourtant que ce reboot sera une occasion de mieux adapter les romans de JK Rowling, d’illustrer les nombreux passages passés sous silence faute de temps. La nouvelle bande-annonce se lance dans une opération de charme avec les spectateurs réticents. Pari réussi ?
Un casting qui doit convaincre
Prendre la relève de Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint n’est pas chose aisée, mais on peut déjà dire que le nouveau golden trio s’en sort avec les honneurs. On peut aussi noter que le corps professoral ne manque pas de panache… tant et si bien qu’on a parfois l’impression de jouer aux jeu des sept différences.
Un facsimilé d’une saga qui n’a pourtant pas pris une ride ? Si l’on peut déjà voir les bénéfices d’une réinterprétation du premier ouvrage, notamment grâce aux progrès en matière d’effets visuels, force est d’admettre qu’il subsiste tout de même un sentiment étrange. Celui de voir une série qui n’a pas pris assez de risque pour justifier son existence. Oui, Poudlard sera différent, mais pas assez pour que l’on redécouvre tout à fait l’univers sous un nouveau jour. Même les costumes manquent cruellement de panache, tandis qu’en version illustrée, certains artistes se sont permis de repenser intégralement les codes graphiques de la saga.
Le but ici est évidemment de ne pas offenser les adorateurs d’Harry Potter, en témoigne le logo qui s’offre quelques menues modifications… tout en restant dans l’esprit de son prédécesseur. Ne reste plus qu’à espérer que les bénéfices se trouvent du côté de la narration, on sait déjà qu’une grande partie des chapitres passés sous silence au cinéma seront enfin portés à l’écran. Ce sera le cas de Peeves, qui n’a en revanche pas encore montré le bout de son nez.
La série Harry Potter a déjà un problème
Qu’elle le veuille ou non, cette série ne devra pas se confronter qu’aux audiences. Depuis 2020, l’autrice J.K Rowling mène une croisade contre les femmes transgenres. En Grande-Bretagne, elle a créé Women’s Fund, alimenté par sa fortune et qui a pour vocation “d’offrir un soutien financier juridique à des personnes et des organisations qui luttent pour maintenir les droits des femmes fondés sur le sexe biologique dans le milieu du travail, la vie publique et les espaces féminins protégés”.
Par le passé, elle a également versé de l’argent à des associations TERF (féministes anti-trans) qui sont parvenues à faire reculer le droit des femmes transgenres au Royaume-Uni. Cet argent vient principalement des recettes générées par la saga littéraire et ses adaptations. Les produits dérivés, les parcs et les films sont donc autant de leviers financiers pour sa campagne transphobe.
Certains fans s’organisent d’ailleurs en achetant des livres et produits d’occasion, en utilisant des moyens illégaux pour regarder la saga tandis que d’autres boycottent purement et simplement toutes les productions liées de près ou de loin à Harry Potter. À titre d’exemple, la sortie du jeu Hogwart’s Legacy s’était accompagnée d’une campagne d’appel au boycott. Les équipes Warner Bros Games avaient alors tenu à rappeler que “J.K Rowling n’était pas directement impliquée dans le développement du jeu” avant d’ajouter que le titre proposerait “des options inclusives, permettant la création de personnages trans”.
Ce sont autant de questions que les acteurs, producteurs et créateurs vont devoir esquiver lors de la tournée promotionnelle. Sur le live du Retour à Poudlard de ce mardi 1er septembre, quelques drapeaux de la communautés transgenres se sont invités dans le chat, même si ceux-ci étaient minoritaires.