Playstation n’est vraiment pas en odeur de sainteté en ce moment. La marque japonaise se retrouve dans le collimateur des joueurs depuis l’annonce de l’arrêt de la commercialisation de jeux physiques sur ses consoles dès janvier 2028.
« Après cette date, les nouveaux jeux seront uniquement disponibles sur le PlayStation Store ou auprès de revendeurs au format numérique. Ceci est une direction naturelle pour Sony Interactive Entertainment afin de nous adapter aux préférences des consommateurs, tandis que la préférence générale pour les médias numériques dépasse de loin celle pour les disques physiques », écrivait PlayStation dans son communiqué du 1ᵉʳ juillet dernier.
Une décision alignée sur les tendances de consommation des joueurs, peut-être, mais ce n’est pas pour autant qu’elle a été bien accueillie. Le collectif Stop Killing Games est monté au créneau pour contester le choix de Sony. Pour ne rien arranger, la firme japonaise se retrouve face à la justice dans une affaire étroitement liée. Sony doit prouver que les joueurs sont bien au courant que leurs jeux numériques ne leur appartiennent pas vraiment.
Face à la justice, PlayStation assure être parfaitement clair sur la propriété des jeux numériques
Le 18 juin dernier, quatre consommateurs ont déposé une action collective contre Sony concernant la propriété des jeux numériques. Il est reproché à PlayStation de ne pas indiquer clairement aux joueurs qu’ils ne possèdent pas les titres achetés sur le PlayStation Store.
« PlayStation relègue cette information dans un texte peu visible ou dans des contrats distincts que les consommateurs ne sont pas tenus d’accepter expressément. En conséquence, les consommateurs raisonnables sont induits en erreur et croient que l’achat d’un jeu numérique via PlayStation leur confère un droit de propriété illimité, alors qu’en réalité, la transaction n’accorde qu’une licence limitée susceptible d’être restreinte ou révoquée », indique la plainte déposée auprès du tribunal de première instance des États-Unis pour le district nord de Californie.
Ainsi, le géant du jeu vidéo violerait une loi californienne interdisant aux vendeurs de commercialiser des biens numériques avec des termes tels que « acheter » ou « achat » – comme c’est le cas sur le PlayStation Store – s’il ne s’agit que d’une licence temporaire.
Sony a riposté le 21 août. La société japonaise affirme que les consommateurs sont explicitement informés qu’ils ne possèdent qu’un droit de propriété limité des jeux PS5 via le contrat de licence de l’utilisateur final. Aux États-Unis, il apparaît juste au-dessus du bouton de confirmation d’achat sur le PlayStation Store.
En France, il faut appuyer sur le bouton R3 pour l’afficher, toujours sur cet écran. Le contrat indique que Sony « octroie un droit limité, incessible, non exclusif et non commercial d’utiliser le logiciel » et que le joueur n’a « aucun droit de propriété ou d’intérêts sur le logiciel ».
Finalement, tout est une question d’interprétation. Les plaignants considèrent que les informations sur la propriété des jeux ne sont pas assez ostensibles, ce que réfute Sony. Reste à voir si les arguments avancés par l’accusé suffiront à convaincre la justice.