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Pokémon débarque chez Disney+, et ce rapprochement est encore plus fou qu’il n’y paraît

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Deux titans qui se serrent la main pour la première fois. On croyait ça impossible, et pourtant…

Pokémon, la franchise la plus rentable de la planète, débarque sur Disney+ avec une série entièrement en stop-motion signée Aardman, le studio britannique de Wallace et Gromit. Sortie prévue en 2027. Et le plus étonnant, ce n’est ni la pâte à modeler, ni le studio anglais. C’est le simple fait de voir ces deux noms accolés.

Contes Pokémon : les Mésaventures de Palarticho et Pichu
© Robin Sabbadini

Deux géants qui ne s’étaient jamais serré la main

D’un côté, Pokémon, l’IP la plus puissante du monde, tous médias confondus. De l’autre, Disney, la maison qui aligne déjà Star Wars, Marvel, Pixar et la moitié de la pop culture mondiale sur sa plateforme. Deux forces de cette ampleur qui décident de bosser ensemble, ça ne s’était, semble-t-il, jamais produit. Et c’est précisément ce qui rend ce deal vertigineux.

Jusqu’ici, Pokémon vivait ailleurs. C’est Netflix qui avait prouvé que la franchise pouvait briller en stop-motion, avec le très réussi Pokémon Concierge, et qui distribuait Pokémon Horizons hors du Japon. Bref, le terrain semblait balisé. Sauf que The Pokémon Company International a finalement choisi la maison de Mickey, qui a dégainé le teaser le 28 août 2026 au Pokémon XP de San Francisco, devant 50 000 fans réunis en marge des Championnats du Monde. Quand la franchise la plus lucrative du monde s’assoit à la table de l’écurie d’IP la plus fournie de la planète, ce n’est pas un simple accord de distribution. C’est un alignement de planètes.

Palarticho en chevalier, Pichu en écuyer, et zéro dialogue

Parlons de la série, parce qu’elle va, je pense, être sacrément réussie. Ça s’appelle Contes Pokémon : les Mésaventures de Palarticho et Pichu, et ça se déroule dans la région de Galar (celle de Pokémon Épée et Bouclier, très inspirée du Royaume-Uni). Le pitch, Palarticho en chevalier noble, mais un poil balourd, Pichu en écuyer joueur et, souvent, seule voix de la raison. Un duo façon buddy movie médiéval, parti en quête à travers Galar.

L’idée est née du poireau lui-même. Comme me l’explique l’équipe lors d’une table ronde, Palarticho traîne déjà ces « prétentions chevaleresques » dans les jeux, et tout a découlé de là. Le tout sans aucun dialogue humain : les Pokémon ne disent que leur propre nom, à l’ancienne. Un pari compliqué, mais totalement assumé. « C’est tellement plus simple de résoudre un problème d’histoire qu’un problème de dialogue », retirer la parole force à faire porter tout le poids par la mise en scène. La comédie muette représente un langage universel que n’importe quel pays peut regarder sans sous-titres.

Des dents pour Pichu et du fait main à tous les étages

C’est là qu’Aardman fait ce qu’Aardman sait faire. Pendant le panel, l’équipe a montré une image de Pichu avec des dents, et voir ça sur un Pokémon, ça surprend. Un petit clin d’œil impertinent, totalement assumé, la patte irrévérencieuse du studio. « On a pu jouer avec les jouets des copains », résume l’équipe en rigolant.

Techniquement, c’est de l’orfèvrerie. Pour donner l’échelle épique de Galar, ils fabriquent des décors miniatures géants avec juste un soupçon d’animation pour les personnages. La comparaison qu’on m’a donnée est parfaite : « C’est comme un enfant qui animerait ses propres jouets dans sa chambre. » Ajoutez une marionnette neuve fabriquée toutes les 16 à 20 semaines, une animation volontairement plus nerveuse que d’habitude (un vrai écart de style pour Aardman), et une obsession affichée : que les Pokémon restent des créatures, jamais « des humains en costume ».

Reste la vraie question : qu’est-ce que ça va donner ?

On parle ici de trois cultures qui se percutent. Une IP japonaise ultra-cadrée, un studio britannique connu pour son humour pince-sans-rire, et une plateforme américaine qui vient d’ajouter la plus grosse prise de sa catégorie à un catalogue déjà bourré de mastodontes.

Aardman jure avoir eu « les pleins pouvoirs » et un vrai respect mutuel avec Pokémon. Tant mieux, parce que c’est exactement cette liberté qui fait la valeur du projet. Mais quand deux IP de ce calibre s’associent, l’enjeu n’est plus créatif, il est stratégique. Ce rapprochement en annonce-t-il d’autres ? Verra-t-on Pokémon s’installer durablement dans l’univers Disney ? Entre le JCC Pokémon et Lorcana, les films Pokémon et Disney et désormais les parcs d’attraction, on pensait pourtant les deux adversaires à jamais.

Une certitude : entre les 30 ans de Pokémon et les 50 ans d’Aardman, le timing est trop beau pour être un hasard. Deux légendes qui soufflent leurs bougies en même temps, réunies par une troisième.

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