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Au Canada, une immense forêt flottante joue à cache-cache

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Une forêt miniature dérive quelque part dans le nord de la Colombie-Britannique, dans l’ouest du Canada. Repérée par satellite en juillet, puis filmée en août par un plaisancier, cette île flottante intrigue les habitants et l’entreprise B.C. Hydro, qui tente maintenant de remettre la main dessus.

L’objet a de quoi surprendre : environ 70 mètres de large sur 140 mètres de long, soit près de 9.800 mètres carrés. C’est à peu près la surface d’un grand hypermarché, mais… avec des arbres dessus. B.C. Hydro l’a repéré sur une image satellite datée du 21 juillet. L’île flottait alors sur le réservoir Williston au nord de la province canadienne de Colombie-Britannique. Mais le 5 août, sur les nouvelles images, plus rien. L’île avait soudainement disparu.

Vue du ciel, puis disparue

Disparue ne veut pas forcément dire coulée. Chez B.C. Hydro, qui fournit de l’électricité aux habitants, on pense qu’elle a peut-être simplement rejoint une zone plus abritée près de la rive. L’entreprise continue donc de surveiller le réservoir, grâce aux satellites et aux signalements du public.

L’histoire a d’abord circulé localement. Rocky Avery, un résident du coin, a publié sur les réseaux sociaux une vidéo et des photos reçues d’un plaisancier. Les images ont vite fait réagir. B.C. Hydro a eu du mal à y croire. Les images générées par IA ont tendance à faire douter de tout. Mais les données satellite ont finalement confirmé que l’île était bien réelle.

Le réservoir Williston n’est pas un petit lac de montagne. Mis en eau après la construction du barrage W.A.C. Bennett en 1968, il est le septième plus grand réservoir du monde par volume et couvre environ 1.761 kilomètres carrés, soit plus de deux fois la superficie de la ville de Marseille. Sa taille rend sa surveillance complète très compliquée.

L’explication la plus probable tient aux niveaux d’eau très élevés cette année. Après un fort enneigement hivernal en montagne et des pluies régulières cet été, le réservoir s’est rempli à un niveau rarement atteint. B.C. Hydro a même ouvert les évacuateurs du barrage en juin et juillet pour relâcher de l’eau.

Le réservoir n’avait en fait jamais été aussi plein depuis 14 ans. L’île s’est sans doute formée au fil des années le long de la rive, à partir de bois flotté, de végétaux en décomposition et de racines entremêlées. Quand l’eau est montée, le tout s’est détaché avant d’être poussé par le vent. B.C. Hydro ne prévoit pas d’impact sur ses opérations, mais invite les plaisanciers à rester prudents et à signaler tout danger. Une forêt à la dérive, c’est certes fascinant, mais cela reste un obstacle plutôt solide.

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