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Fermez le couvercle : la chasse d’eau projette des particules à hauteur de visage

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Des chercheurs australiens ont passé en revue 22 études sur les aérosols produits par les toilettes. Résultat : au moment de la chasse, des particules contenant parfois des microbes peuvent se retrouver dans l’air, jusque dans la zone où l’on respire. Pas de panique à la maison, mais quelques bons réflexes restent utiles.

C’est le genre d’information qui donne envie de regarder ses toilettes avec un peu plus de respect. Selon une étude publiée dans Science of the Total Environment, tirer la chasse ne se contente pas d’évacuer le contenu de la cuvette. Le mouvement de l’eau crée aussi de la turbulence, capable de projeter de fines particules dans l’air.

La chasse d’eau fait du remue-ménage

Ces particules, appelées aérosols, peuvent contenir du matériel biologique quand l’eau ou la cuvette sont contaminées. On parle alors de bioaérosols. Ils peuvent transporter des microbes comme Escherichia coli, Salmonella, la légionelle, la grippe ou le norovirus. Les chercheurs restent plus prudents concernant le Covid, les données étant moins nettes.

L’équipe de l’université Flinders a analysé 22 études, menées en laboratoire ou dans de vraies toilettes. Elle a constaté que les résultats variaient beaucoup selon le type de WC, le volume d’eau utilisé et les conditions d’expérience. Mais deux éléments reviennent souvent : plus il y a de microbes dans la cuvette, plus il peut y en avoir dans l’air après la chasse ; et plus la chasse est puissante ou turbulente, plus elle peut disperser de particules.

« Tirer la chasse crée des turbulences qui peuvent libérer des aérosols dans l’air ambiant », explique Lira Adiyani, autrice principale de l’étude. Certaines études ont même détecté ces particules à hauteur de respiration d’un adulte. Autrement dit, elles ne restent pas sagement au fond de la cuvette.

Alors, faut-il fermer le couvercle avant de tirer la chasse ? Oui, quand il y en a un. Lira Adiyani le recommande comme mesure de précaution. Mais elle précise aussi que cela « n’empêche pas complètement les aérosols de s’échapper ». Le couvercle limite donc probablement l’exposition, sans transformer les toilettes en coffre-fort sanitaire. La ventilation pourrait aider, elle aussi, mais les études disponibles ne permettent pas encore de trancher clairement. À la maison, Harriet Whiley, professeure en santé environnementale et coautrice de l’étude, estime qu’il n’y a pas forcément lieu de s’inquiéter, sauf si une personne immunodéprimée vit dans le logement.

Les chercheurs regardent surtout du côté des hôpitaux, maisons de retraite et autres lieux où des personnes vulnérables sont présentes. Dans ces environnements, mieux concevoir les sanitaires peut compter : moins de microbes dans l’eau, moins de turbulence, mais une chasse toujours efficace. Le bon sens reste donc notre meilleur allié : fermer le couvercle, se laver les mains, éviter de poser ses affaires par terre et garder son téléphone loin des toilettes. Il survivra très bien à cette courte séparation.

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