- EDF a annoncé une prime pour l’achat de voitures électriques BYD, suscitant l’indignation des parlementaires.
- Critiques envers EDF pour subventionner un constructeur chinois au détriment des fabricants français.
- Le gouvernement défend cette décision, affirmant qu’elle est légale et axée sur une logique commerciale.
Le 4 septembre, BYD annonçait discrètement, au détour d’un communiqué de presse, bénéficier désormais d’une prime EDF sur l’ensemble de sa gamme électrique. Cette prime, c’est le Certificat d’économie d’énergie (CEE), aussi connu sous le nom de bonus écologique, et qui est valable sur toute la gamme du fabricant chinois. Un contrat initialement signé en décembre 2025 et passé sous les radars depuis, mais rendu public avec ledit communiqué.
Ce CEE, il impose aux fournisseurs d’énergie de financer des actions d’économie d’énergie des particuliers et professionnels sous la forme de prime à la rénovation, à l’installation d’une pompe à chaleur ou, dans ce cas, à l’achat d’un véhicule électrique. En 2026, les fournisseurs d’énergie français devaient notamment débourser collectivement 8 milliards d’euros d’aides liées au CEE, et ce, afin de convertir davantage de Français aux véhicules électriques.
Une société française qui favorise du chinois
Mais pour les Parlementaires de l’opposition, ce partenariat est difficilement concevable, d’autant qu’il ne répond pas aux critères de l’éco-score. “A quel moment une société 100% détenue par l’Etat français favorise-t-elle un industriel étranger (et pas n’importe lequel !) contre ses propres constructeurs”, s’offusque le député Place Publique Sacha Houlié.
Pourtant, une entreprise n’est pas obligée de répondre aux critères de l’éco-score pour être concernée par le CEE. La prime CEE de base, celle que touche BYD, est un dispositif générique, ouvert à tout véhicule électrique quel qu’il soit. Cette prime s’élève à 365 € pour un particulier et à 555 € pour un professionnel. Mais ce qui passe mal pour la majorité des parlementaires, c’est qu’une entreprise française ne favorise pas un fabricant automobile français.
Ça va Bercy on vous dérange pas ?
A quel moment une société 100% détenue par l'Etat français favorise-t-il un industriel étranger (et pas n'importe lequel !) contre ses propres constructeurs !
A quoi servent les ministres en charge ?! Quel scandale ! https://t.co/FC5Iklww6D
— Sacha Houlié (@SachaHoulie) September 7, 2026
“Scandaleux et irresponsable : EDF, société nationale, subventionne les voitures électriques chinoises de BYD, via les certificats d’économie d’énergie payés in fine par le consommateur d’électricité français”, lance Marie-Claire Carrère-Gée, sénatrice LR. “L’État actionnaire doit immédiatement faire cesser cela !”
Le montant de la prime pourrait d’ailleurs drastiquement évoluer en 2027, avec la production hongroise des BYD Dolphin Surf et BYD Atto 2, et se muer en “Coup de pouce CEE”. Ces véhicules seront alors conçus en Europe, ils répondront à l’éco-score et permettront à l’acheteur d’empocher plus de 8 000 € à l’achat d’un de ces modèles électriques.
EDF et le gouvernement se défendent
Le cas BYD n’est certainement pas isolé. Kia s’appuie notamment sur Engie (qui appartient à l’Etat à 23 %) pour le CEE, tandis que Hyundai mobilise les fonds d’une filiale de La Poste (publique à 34 %). Renault et Stellantis, de leur côté, ont signé leur propre partenariat CEE avec Engie dès mars 2025.
EDF, elle, se défend en rapportant que “la convention signée avec BYD est légale et répond à une logique commerciale. Elle a été conclue dans le cadre normal de nos activités et ne traduit pas, en elle-même, une prise de position politique ou industrielle en faveur de BYD.” La société finance également les véhicules électriques du groupe Volkswagen, qui, s’ils ne sont pas français, sont produits en Europe et répondent aux critères de l’éco-score.
EDF répond systématiquement aux consultations qui lui sont adressées pour la production de CEE. C’est dans ce cadre qu’EDF a répondu à la sollicitation de BYD en décembre 2025. Depuis l’ouverture du dispositif, EDF a également engagé des discussions avec les constructeurs français. Celles-ci n’ont pas abouti à ce stade. – Porte-parole d’EDF
Le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, défend pour sa part la ligne du gouvernement. “L’argent public des Européens doit d’abord soutenir notre base industrielle et nos emplois en Europe.”