Meta veut (encore) changer notre façon d’utiliser la réalité virtuelle. Après avoir surfé sur la vague de la VR avec ses Meta Quest pendant plusieurs années, il est temps de dire adieu aux gros casques encombrants. L’entreprise vient de présenter ses Meta VR Glasses, un appareil attendu au printemps 2027 qui cherche à faire tenir un écran géant, une console de jeu et un espace de travail dans une paire de lunettes.
Sur le papier, l’idée paraît presque contradictoire avec ce que l’on connaît de la VR. L’idée est ne plus avoir de gros casque qui recouvre le visage, mais un appareil d’environ 100 grammes, suffisamment léger pour être porté pendant un film ou un long trajet, sans trop de contraintes logistiques ou ergonomiques.
Mais il y a un hic. Pour réussir ce tour de force, les lunettes ne contiennent pas toute l’électronique. Elles sont effectivement reliées par un câble optique à un petit boîtier de calcul de 300 grammes qui embarque processeur, batterie et stockage. Meta n’a donc pas réellement réussi à miniaturiser toute la technologie dans des lunettes seules, bien que le produit en lui-même est plein de promesses.
Un écran de cinéma dans une paire de lunettes
Les Meta VR Glasses embarquent deux écrans micro-OLED 5K, avec 2 412 × 2 288 pixels par œil et une densité de 37 pixels par degré. Elle contiennent des lentilles pancake et disposent d’une technologie de suivi du regard, avec un affichage pouvant atteindre 120 Hz. Meta annonce également la compatibilité Dolby Vision et Dolby Atmos.
Pour le consommateur, l’intérêt est surtout de pouvoir afficher un immense écran virtuel n’importe où. Dans un avion, à l’hôtel ou simplement sur le canapé, les lunettes peuvent servir à regarder Netflix, Disney+, YouTube ou Prime Video comme si vous aviez un téléviseur géant devant vous. Certaines plateformes proposeront également des contenus en 3D, tandis que Meta prépare des expériences IMAX Enhanced (pour regarder L’Odyssée, as Nolan intended) et du sport immersif en 180 degrés.
Le dispositif peut aussi remplacer temporairement un écran de PC. Il peut se connecter à un Mac ou un PC, afficher plusieurs écrans virtuels et même transformer une surface plane en clavier et pavé tactile grâce à la reconnaissance des gestes.
La VR sans manette
Meta mise surtout sur une utilisation plus naturelle. Le regard, les mouvements des mains et les commandes vocales via Meta AI permettent de naviguer sans contrôleur pour certaines applications. Plus de 75 jeux compatibles avec les gestes seront disponibles au lancement, tandis que les manettes Touch Plus permettront d’accéder au catalogue complet de Quest.
La connexion à Xbox Cloud Gaming ajoute également une fonction intéressante. Les jeux Xbox peuvent être diffusés sur un écran virtuel géant directement depuis les lunettes, avec une simple manette Bluetooth.
Reste le principal problème, et il se chiffre plus qu’il ne se décrit. 1 299,99 dollars pour la paire de Meta (1 140 euros au taux de conversion actuel). À ce prix, les VR Glasses ne jouent clairement pas dans la même catégorie qu’un Quest 3, beaucoup moins cher, ni dans celle des lunettes connectées classiques de Meta, qui privilégient la caméra, l’audio et l’IA plutôt que la réalité virtuelle. Chez Apple, le Vision Pro propose déjà une expérience informatique spatiale très poussée, mais au prix d’un casque nettement plus imposant.
Les Meta VR Glasses sont à mi-chemin avec une idée fort séduisante. Il s’agit de faire de la VR un écran personnel que l’on porte plutôt qu’un casque que l’on enfile. Si le confort, l’autonomie de trois heures et la qualité d’affichage tiennent leurs promesses, Meta pourrait rendre la technologie nettement plus pratique. Reste à savoir quel sera le prix français, les produits technologiques étant généralement plus coûteux en Europe qu’aux États-Unis.