L’histoire a été racontée par Steven David Johnson, photographe spécialisé dans la protection de la nature et professeur à l’Eastern Mennonite University, en Virginie. Il a publié le 26 mars 2026 un article dans National Wildlife, le magazine de la National Wildlife Federation, l’une des principales associations américaines de protection de la faune. Une de ses photos de l’étang fait d’ailleurs la couverture du numéro de printemps 2026. L’étang se trouve derrière la maison familiale, à la campagne, dans la vallée de Shenandoah. Avant les travaux, le jardin était surtout couvert d’une pelouse clairsemée.
Un étang de 3,7 mètres creusé à la main
C’est Maggie qui a lancé le projet, à l’automne 2017, dans le cadre d’un cours d’agriculture au lycée. Après avoir étudié plusieurs modèles d’étangs, elle a creusé à la main un bassin d’environ 3,7 mètres, garni d’une bâche, et il a été rempli d’eau au printemps 2018. Le reste de la famille a ensuite participé à l’aménagement des bords avec de la terre, des pierres et des plantes, et sa mère, Anna Maria, a choisi les plantes locales. Autour de l’étang, la famille a planté du céphalanthe, de l’eupatoire pourpre, de la pontédérie, de l’eupatoire bleue, de la lobélie cardinale et de la grande lobélie bleue, puis des nénuphars blancs ont été ajoutés dans l’eau pour abriter les amphibiens et les invertébrés aquatiques.
Le projet a coûté environ 160 dollars au départ pour la bâche, les plantes et les outils, puis environ 100 dollars par an pour de nouvelles plantes. À l’été 2025, la famille a aussi dépensé 600 dollars pour installer une clôture qui empêche les chats d’approcher. Selon Steven David Johnson, l’étang n’a pas besoin de filtre, l’écosystème s’étant équilibré de lui-même.
Des crapauds quelques semaines après le remplissage
Les premiers visiteurs sont arrivés très vite. Maggie raconte que “quelques semaines seulement après le remplissage de l’étang, les premiers crapauds d’Amérique l’ont trouvé”. La rainette versicolore et la grenouille verte d’Amérique ont suivi, et on les entend aujourd’hui chanter les soirs d’été. Le jardin accueille aussi des colibris à gorge rubis, des papillons Silvery Checkerspot, des sphinx gazés et des araignées pêcheuses, ainsi que des mantes religieuses, une espèce non locale aux États-Unis, que les grenouilles vertes chassent à l’affût. Pour Maggie, aujourd’hui âgée de 23 ans, “l’étang a continué de grandir et d’évoluer chaque année”. Son père résume que la famille est passée “d’un crapaud de passage de temps en temps à un écosystème qui fonctionne entièrement”.
Un jardin certifié par la National Wildlife Federation
Le jardin a depuis été certifié Certified Wildlife Habitat par la National Wildlife Federation, un label qui récompense les jardins aménagés pour accueillir la faune locale. Selon l’association, un jardin planté d’espèces locales peut abriter deux fois plus d’animaux qu’un terrain couvert de pelouse, et elle recommande d’utiliser au moins 70 % de plantes locales. Steven David Johnson explique que “s’attaquer à la crise de l’extinction peut sembler insurmontable”, mais que “chacun peut transformer son jardin en oasis pour la faune”, et il insiste sur le fait qu’”un étang n’a pas besoin d’être compliqué ou cher”. Il conseille aussi de ne pas mettre de poissons, qui mangent les têtards.