Habitué des formules coup de poing, c’est pendant une conférence de presse à Bruxelles que Michael O’Leary, le patron de Ryanair, a prévenu les voyageurs européens : les billets d’avion vont augmenter de 10 %, 15 %, voire 20 % en 2027. Selon lui, il s’agira de la plus forte hausse des prix des billets d’avion de l’histoire en Europe. Rien que ça.
La fin d’un bouclier contre le prix du pétrole
La raison de cette augmentation, c’est la couverture carburant. Les compagnies aériennes achètent leur kérosène des mois à l’avance, à un prix fixé, pour se protéger des variations du marché. Ryanair est passé maître dans l’exercice. Jusqu’au printemps 2027, la compagnie a sécurisé 80 % de ses besoins en carburant à environ 67 dollars le baril. Une aubaine, alors que les prix du pétrole se sont envolés après le conflit au Moyen-Orient, au point de doubler leur tarif. Problème, ce bouclier arrive à expiration. À partir d’avril 2027, seuls 15 % de ses besoins seront couverts, à environ 85 dollars le baril. Les 85 % restants devront être achetés au prix du marché, et Ryanair compte logiquement répercuter ce surcoût sur les passagers. Les autres compagnies devraient, elles aussi, suivre le mouvement.
Les voyageurs ont d’ailleurs déjà eu un avant-goût de cette tendance. Au printemps 2026, la flambée du kérosène avait déjà fait grimper les prix de certains billets, et la plupart des compagnies avaient réduit leurs capacités.
La France dans le viseur de Ryanair
Michael O’Leary ne s’est pas contenté de parler pétrole. Il en a profité pour tirer à vue sur la fiscalité européenne. Le dirigeant irlandais a ainsi accusé les taxes environnementales françaises de pénaliser les vols intra-européens, tout en épargnant des vols long-courriers plus polluants venus de l’extérieur. L’homme réclame désormais une taxe équitable appliquée à tous les avions qui atterrissent en Europe.
En France, depuis le 1er mars 2025, le montant de la taxe de solidarité sur les billets d’avion a quasiment triplé pour un vol en classe économique vers l’Europe, passant de 2,63 € à 7,40 € par trajet. Pour un long-courrier, elle grimpe à 40 € en classe économique, contre 7,51 € auparavant. Le gouvernement a bien fait un geste depuis le 1er juin 2026, en ramenant la taxe à 2,63 € sur 26 liaisons, mais pas pour les autres.
Faut-il pour autant prendre l’annonce au pied de la lettre ? Michael O’Leary est un habitué des effets d’annonce, et ses prévisions ne sont pas toutes vérifiées. Le pourcentage final dépendra largement de l’évolution du prix du pétrole d’ici le printemps.