Critique

[Alors, on regarde ?] Le Punisher est de retour sur Netflix et il n’est pas venu là pour beurrer les sandwichs

Série

Par Pierre le

Apparu dans le Marvel Cinematic Universe dans la saison 2 de Daredevil, le Punisher version Jon Bernthal a su convaincre le public au point que Marvel et Netflix ont décidé de lui dédier une série à part entière. Une série qui donne un gros coup de pied au derrière à un univers Marvel/Netflix qui commençait à s’embourber dans ses propres codes.

Soigner le mal par le mal

Se déroulant quelques mois après la saison 2 de Daredevil, cette nouvelle série nous montre un Frank Castle qui tente de faire profil bas après avoir semé la terreur chez les mafieux. Néanmoins, son passé va resurgir et son goût pour la justice (expéditive, soit) va le pousser à reprendre les armes. Le voilà donc lancé dans une croisade sans merci contre les pires salopards de la Grosse Pomme.

Quand la première saison de Daredevil est sortie sur Netflix, ce fût une claque pour le MCU. Pour la première fois, une oeuvre nous montrait un aspect sombre et violent de l’univers mis en place par Marvel Studios. The Punisher fait en réalité le même effet, en allant encore plus loin dans la violence (parfois gratuite) avec des scènes filmées de manière très crue.

Frank n’est pas seul dans sa croisade

L’on pourrait débattre pendant des heures sur le fait de glorifier un héros tel que Frank Castle dans un monde où le terrorisme et les tueries de masse font l’actualité, mais une chose est certaine, le showrunner Steve Lightfoot ne s’est fixé aucune limite concernant la violence. Une violence qui, comme dans les comics, est questionnée à travers les actes de Frank. Un Frank qui doute, mais qui ne vacille pas lorsqu’il faut passer à l’acte.

Une exception dans le MCU

De ce fait, The Punisher est une exception dans le MCU, comme Daredevil en son temps, qui ne s’embarrasse plus de coller ou non au MCU bien dense. Si les séries Netflix n’hésitent jamais à faire allusion aux Avengers ou à la bataille de New York, le Punisher trace sa route, ne tente aucunement de faire le lien avec d’autres œuvres (mis à part quelques apparitions de Karen Page pour faire avancer l’histoire). La saison 2 de Daredevil est même pratiquement éludée ce qui permet aux profanes de découvrir la série sans se farcir Iron Fist ou The Defenders.

La présence de Karen est le seul lien qui relie le Punisher au reste du MCU

Jon Berthal, quatrième acteur à enfiler les bottes de Castle, est né pour incarner le personnage. Sa tronche patibulaire, sa moue fatiguée, sa voix caverneuse, Bernthal a non seulement le physique pour jouer Castle, mais a également compris ce qui faisait toute la subtilité du personnage, passant de la lassitude à la colère froide d’une scène à l’autre.

Le Punisher évolue dans une ambiance poisseuse qui n’est pas sans rappeler les films ultra-violents des années 90 (Payback, Heat, The King of New York) et qui cherche à se montrer le plus réaliste possible. Sur ce point, la série se rapproche plus des comics MAX de Garth Ennis que du Punisher en costume des années 70 voulant tuer Spider-man.

Oubliez les ninjas et autre poing brillant dans The Punisher, nous avons des méchants, des flingues et des flics qui veulent empêcher un massacre. Le tout sert un scénario parfois convenu mais qui arrive à offrir assez de situations intéressantes pour ne pas laisser le spectateur s’ennuyer.

Verdict

Pour la première fois, le héros a enfin une oeuvre à sa mesure à l’écran. Violente et intelligente, la série de Netflix bouscule les codes mis en place par la première saison de Daredevil et montre que le MCU peut se montrer encore plus sombre et réaliste. Une réussite totale qui apporte une nouvelle facette à un MCU déjà bien exploité.