“Dans un genre où tout semble avoir déjà été fait, The Old Guard ne révolutionne rien, mais apporte sa pierre à l’édifice. À voir si elle sera assez solide pour, à l’image de ses héros, résister au temps…”.
Voilà ce qu’on écrivait à l’époque où The Old Guard débarquait sur Netflix, lors d’un été peu faste en action. Charlize Theron à la barre d’une adaptation de comics, malgré un résultat en demi-teinte, on achetait quand même volontiers. Néanmoins, on ne soupçonnait pas alors que c’était bien cette résistance au temps qui allait poser problème.
Car cinq années séparent le premier film de The Old Guard 2. Une durée extrêmement longue à l’échelle des productions de ce calibre et des besoins constants des plateformes de streaming d’alimenter leur catalogue. D’autant que le long-métrage a été tourné en 2022 et qu’il n’a subi que récemment une phase de reshoots, comme si les décideurs venaient enfin de voir le résultat. Bref, à part Charlize, personne ne semblait pressé de dévoiler la bête. De quoi donner un bon indice sur la qualité finale du projet ?

Le synopsis de The Old Guard 2
Six mois se sont passés depuis les événements de The Old Guard. Désormais mortelle, Andromaque, dit Andy (Charlize Theron), continue sa mission d’aider l’humanité en compagnie des immortels Joe (Marwan Kenzari), Nicky (Luca Marinelli) et Nile (Kiki Layne), secondés par l’ex agent de la CIA Copley (Chiwetel Ejiofor).
Sauf que Quynh (Veronica Ngo), celle qui a accompagné Andy pendant des millénaires avant d’être jetée au fond de l’eau, est libérée de sa prison par Discord (Uma Thurman), la première des immortels. Ensemble, elles entendent punir les mortels et leurs défenseurs.

La suite de trop ?
Récemment, on vous parlait de quelques suites ayant grandement amélioré leur concept originel, à l’image de M3GAN 2.0 ou Mr. Wolff 2. Il est facile de penser que The Old Guard 2 avait les armes pour aller sur cette voie puisqu’on conservait Greg Rucka – l’auteur des comics – au scénario en compagnie de Leandro Fernandez et la nouvelle venue Sarah L. Walker et un casting principal renouvelé auquel s’ajoutent l’apprécié Henry Golding et une autre superstar en la personne d’Uma Thurman.
D’ailleurs, l’ensemble du film est plutôt appréciable grâce à un rythme maintenu et toujours la qualité du premier, à savoir faire la part belle aux personnages, autant dans l’action que dans l’émotion. À ce titre, on aime voir les séquences de combats délaissées au maximum les armes à feu pour du corps-à-corps bien chorégraphié avec des acteurs investis. Inutile de dire qu’à ce jeu-là, Charlize Theron est toujours impeccable, dans ce qu’elle apporte à l’histoire sur le plan physique et émotionnel.
Bref, The Old Guard 2 ne démérite pas en soit et il va rapidement se glisser dans le Top actuel de Netflix sans qu’on n’ait l’impression qu’il ait volé sa place. Alors pourquoi on ne montre pas davantage d’enthousiasme ? Tout simplement parce qu’il ne fait pas partie de ces suites qui font mieux que l’original, au contraire, on est même en phase de régression.
Alors évidemment, on ne va pas mettre en cause le manque de découverte puisqu’il est difficile d’être surpris par un concept qui ne fait que reprendre logiquement les bases du premier. Non, le problème vient du fait que The Old Guard 2 recopie la recette, mais avec une touche de moins bien sur chacun de ces aspects.

La faute en revient principalement et malheureusement à une même personne : Victoria Mahoney. La réalisatrice qui a participé à Star Wars : l’ascension de Skywalker (ceci explique peut-être cela) prend la suite de Gina Prince-Bythewood et l’écart est grand. Prince-Bythewood nous avait convaincus par sa faculté à soigner ses scènes d’action pour leur donner ce petit côté sensationnel. Elle était également capable de nous saisir dans ses versants les plus dramatiques comme lorsque Booker (Matthias Schoenaerts) accuse le poids de l’immortalité ou lors d’un baiser échangé entre Joe et Nicky, alors entourés de gardes surarmés. Voilà, The Old Guard parvenait à traiter l’adrénaline et l’émotion sur le même plan d’investissement.
Mahoney est davantage adepte du mouvement rapide de caméra et du sur-découpage pour des séquences d’action rapides, mais jamais renversantes. Les personnages sont toujours au centre du récit, sauf que la moitié d’entre eux n’a plus rien à jouer, mangé par deux soucis prédominants : la nécessite de faire une place aux petits nouveaux et le besoin handicapant de préparer la suite. Car oui, si le premier film s’ouvrait sur un cliffhanger, les vingt dernières minutes de The Old Guard 2 sont presque entièrement destinées à entamer un troisième volet.
Tout juste si on aura droit à un duel pas final entre Uma Thurman ne sachant pas ce qu’elle fait là et Charlize Theron, dans un décor en CGI dégueulasse, pour le principe de filer un sabre à l’ancienne star de Kill Bill. On ne sait pas pourquoi, mais on sent que c’est toute cette partie qui a été retravaillée afin de nourrir l’envie de franchise. Encore.
The Old Guard était dans la moyenne haute des films du catalogue Netflix. The Old Guard 2 est dans la moyenne. Il y avait mieux à faire et le troisième volet pourrait faire mieux… s’il finit par exister et pas dans cinq ans. Sur ce point, on reste plus que sceptiques.
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