Critique

Critique : 300 la naissance d’un empire – THIS. IS. CATAAAAAAA !

Cinéma

Par Pierre le

En 2007, Zack Snyder signait son deuxième film : 300. Basé sur le comics éponyme de Frank Miller et Lynn Varley sorti en 1998, le film ne brillait pas par son scénario. Mais Snyder avait réussi à imposer son style, à base d’effets de lumière soignés et de combats très esthétiques et violents. Le film, même si on peut discuter éternellement de sa qualité (il y a les adeptes et les autres) a marqué son époque, enchaînant les répliques cultes (“Tonight, we dine in hell !“) et relançant la mode des péplum à Hollywood.

Eva Green est la vraie héroïne du film
Eva Green est la vraie héroïne du film

La Warner voulait une suite. Franck Miller aussi. L’auteur s’est donc attelé au roman graphique Xerxès et la production sur son adaptation : Rise of an Empire. Fait rare, le film sort avant l’oeuvre qu’il adapte. Warner a confié le projet à Noam Murro, réalisateur israélien spécialisé dans les spots publicitaires, qui n’a qu’un film à son actif : Smart People. S’en est-il tiré ? Signe-t-il une suite digne de 300 ? Non.

Critique garantie sans spoilers

300, la naissance d’un Empire n’est ni une suite, ni une préquelle. L’action se passe en même temps que 300. Pendant que les 300 spartiates résistent à l’armée Perse aux Thermopyles, l’armée athénienne dirigée par Thémistocle (Sullivan Stapleton) affronte Artemisia (Eva Green), la Générale suprême de la marine orientale. Voilà, c’est tout.

Certains plans sont très réussis
Certains plans sont très réussis

Salade tomates oignons

Le scénario tient sur un ticket de métro. Ce n’est pas un problème, s’il est bien mis en scène et que les personnages sont assez forts pour le porter. 300 y arrivait très bien. La naissance d’un Empire loupe le coche. En effet, le tout manque cruellement d’enjeux. Alors que le premier film nous offrait une baston déséquilibrée au possible, ici, c’est armée contre armée. Le tout s’avère être une suite décousue de scènes qui tentent de se rattacher au premier film, comblant des trous qui n’existaient pas. Un gros patchwork nous montrant l’envers du décor de 300, sans arriver à devenir une histoire à part entière. Pire, tout cela dédramatise l’action de 300.

En effet, dans le premier film, nous avions réellement l’impression que les spartiates étaient les seuls à se dresser contre l’Empire Perse, les autres cités étant trop lâches pour se battre. En fait, non. Toute la Grèce se bastonne contre l’envahisseur, ce qui minimise fortement l’impact de la résistance de Léonidas. Le film se résume à une succession de batailles navales, de dialogues plats et de flashbacks mal incorporés.

Ici, ce n’est pas forcément le réalisateur qu’il faut blâmer. L’histoire est en effet l’oeuvre de Frank Miller et l’adaptation celle de Zack Snyder. Il faut bien entendu mettre de côté toute l’idéologie de l’auteur de comics (par exemple, tous ceux qui sont un peu basanés sont forcément des terroristes barbares qui veulent éradiquer la démocratie), qui n’engage que lui. Mais rien y fait, la mayonnaise ne prend pas.

Singerie

Noam Murro a du donc se dépêtrer tant bien que mal avec ce scénario décousu et trop dépendant du premier film. Quand bien même, il n’a pas réussi à sauver les meubles. Pire, il participe au naufrage qu’est cette suite. Au lieu de tenter d’imposer son style, il singe maladroitement les mimiques de Zack Snyder, en usant et abusant des effets ralentis accélérés qui ont fait la marque de fabrique du réalisateur. Si Snyder maîtrise ces techniques, Murro n’y arrive pas, ce qui contribue à rendre l’action confuse, voire illisible. La faute également à une direction artistique misant sur le bleu sombre. Lors de grandes batailles navales, impossible de distinguer les navires grecs des perses sur la mer démontée.

Les batailles sont confuses
Les batailles sont confuses

Les acteurs, eux, donnent l’impression de s’en foutre totalement. Le charisme d’huître de Thémistocle fait pâle figure face à celui de Léonidas. Eva Green (Artemisia), qui incarne le personnage central du film, est totalement en roue libre.

Pourtant, Murro a tenté des choses avec La Naissance d’un Empire. Ainsi, certains plans sont très esthétiques et agréables à l’œil. De même, certains combats se suivent sans déplaisir (la première bataille navale, par exemple). Mais tout cela n’arrive pas à sauver un film bien plat.

Verdict

Si nous tentions une comparaison avec le jeu vidéo, La naissance d’un empire donne l’impression d’être un gros DLC raté de 300. Dispensable et s’incrustant très mal au premier film, il a été généré uniquement pour tenter de voir l’histoire d’un autre point de vue. Les fans de grosses bastons y trouveront peut-être leur compte. Mais les fans de 300 seront déçus par cette fausse suite. Le reste n’y verra qu’une bouillie de scènes mal découpées, mal intégrées et mal filmées.

Léonidas >>>>>>>>>> Themistocles
Léonidas >>>>>>>>>> Themistocles

http://www.youtube.com/watch?v=jGEERBDelH8