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Critique : À la poursuite de Demain – Le futur, c’est maintenant

Cinéma

Par Pierre le

Qu’est ce que j’aurai aimé voir A la poursuite de Demain étant gosse. Le dernier film de Brad Bird renoue avec la grande tradition des films jeunesse des années 80, plein d’optimisme et de poésie, le tout en ne prenant pas nos chères têtes blondes pour des quiches.

disney-tomorrowland-logo

Crevons l’abcès de suite. Le titre original du film est Tomorrowland. Mais pour plus de compréhension et pour ne pas faire de vagues avec le festival du même nom, le film a été renommé À la poursuite de Demain (avec un D majuscule) dans nos contrées. Un titre peu inspiré qui cache tout de même un film solide, travaillé, mais qui ne va malheureusement pas au bout de son idée.

Critique garantie sans spoilers (sauf si vous n’avez vu aucune bande-annonce)

Tomorrowland est basé sur le land Disney du même nom. En France, cette section du parc tire sur le steampunk alors que la version américaine se veut plus futuriste. Et c’est cette vision futuriste que veut nous montrer Disney. Une description du futur à l’ancienne, pleine d’optimisme et de bons sentiments. Un futur tel qu’on l’imaginait des années 60 à 80, avec des décors blancs, propres, des rues remplies d’inventions extraordinaires et d’une naïveté agréable.

Nous aurions aimé être plongé un peu plus dans Tomorrowland
Nous aurions aimé être plongé un peu plus dans Tomorrowland

D’ailleurs, le film joue énormément sur cette naïveté. Optimisme, voici le maître mot de Tomorrowland. Alors que notre monde réel est submergé d’images négatives, nous décrivant un futur sombre et en nous servant du post-apocalyptique à ne plus savoir qu’en faire, Brad Bird prend à contre-pied la culture populaire et l’assume totalement. Tout le film est construit sur la différence entre notre vision pessimiste du lendemain et le futur parfait que nous dépeint la ville de Tomorrowland (Demain, en VF). D’ailleurs, la découverte de ce lieu ressemblant à un fantasme est l’occasion pour Bird de nous servir une scène quasi-parfaite. Une scène réalisée en un seul plan séquence qui vous scotchera dans votre siège et vous en mettra plein les yeux. Une séquence inspirée par la section des parcs Disney, bien entendu, mais certains repéreront d’autres petites références, comme la Citadelle de Mass Effect, par exemple.

Nous suivons donc Casey (incarnée par la jeune Brit Roberston) dans sa quête pour trouver cette contrée idéale. Une quête qui lui fera rencontrer ses deux acolytes, Frank Walker (George Clooney) et Athena (Raffey Cassidy) et qui lui fera découvrir des inventions folles, tenant plus du rêve que de la science. D’ailleurs, il est amusant de voir comment le film joue sur cette idée, comme le dit George Clooney à un moment : “cela ne sert à rien de comprendre, contente toi de rêver“. Et Tomorrowland nous en sert, des séquences oniriques. Malheureusement, nous avons l’impression de ne pas en voir assez. En voulant ancrer trop son histoire dans le monde réel, Bird nous donne envie d’en voir plus, de découvrir encore plus de facettes de cette vision du futur. En vain.

Tout commence lorsque Casey découvre un mystérieux pin's
Tout commence lorsque Casey découvre un mystérieux pin’s

It’s a small world after all

Nous l’avons déjà dit, Tomorrowland est inspiré de la section Disney du même nom, comme Pirates des Caraïbes (lui inspiré de l’attraction). Et Bird a voué un respect quasi religieux à cette vision du futur que nous fait voir la firme de Mickey dans ses parcs. Un futur dont on sait pertinemment qu’il est en carton pâte, mais qui nous fait rêver tout de même. Le Tomorrowland du film, c’est le même que dans le parc. Plus précisément, c’est la représentation que s’en font les visiteurs lorsqu’ils se baladent dans les allées de Disneyland. Il est d’ailleurs amusant de voir que même si les décors sont inspirés de la section américaine du parc, une séquence fait un clin d’œil à l’architecture steampunk du Disneyland parisien. Bird rend ainsi hommage à Jules Verne, l’un des pères des mondes de l’imaginaire moderne.

Si Tomorrowland nous fait rêver, il faut avouer que l’histoire a du mal à décoller. Le film souffre en effet de méchantes baisses de rythme et il faut du temps pour que toutes les pièces du puzzle se mettent en place. Un démarrage diesel qui pourrait faire décrocher les plus jeunes (malgré une scène d’ouverture dantesque). Un rythme lent qui est surtout du à l’ancrage dans le monde réel de l’histoire. Nous aurions préféré que Disney prenne plus de risques à ce niveau là, nous plongeant corps et âme dans cet univers futuriste au lieu d’en faire simplement un fantasme.

Une séquence rend même hommage à Disneyland Paris
Une séquence rend même hommage à Disneyland Paris

Enfin, dernier point, Tomorrowland ne prend pas les enfants pour des quiches. En ancrant son film dans le monde réel, Bird pose des problématiques très actuelles (comme nous vous le disions au début). Un angle qui rappelle les films des années 80, qui aimaient faire réfléchir les gosses sur leur monde. Une tendance qui s’est effacé avec le temps, malheureusement, mais que Tomorrowland tente de remettre à la mode. Bon, ce n’est pas non plus de la grande philosophie, mais le film dispose d’un message assez sérieux pour se faire entendre par les petits et les grands.

Verdict

Tomorrowland est une réussite. Film naïf et optimiste, il nous fait rêver en nous plongeant dans un futur parfait. Néanmoins, la première partie du film, en deçà du reste, pourrait faire décrocher les moins motivés. De plus, nous regrettons également que le film n’aille pas jusqu’au bout de son idée, en nous plongeant plus dans cet univers utopiste que recherche notre héroïne. Malgré ces défauts, Tomorrowland est une bouffée d’air frais dans un monde où la SF ne se résume quasiment plus qu’à du post-apo.

“C’est un lupus…”