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Critique : Avengers L’ère d’Ultron – Marvel Heroes

Cinéma

Par Pierre le

Mastodonte titanesque, super-blockbuster, Tentpole de légende, tsunami cinématographique. Il n’y a pas de mots assez forts pour qualifier la déferlante Avengers que s’apprête à déverser Marvel sur le monde. La Maison des Idées a soigné son entrée à l’aide d’une campagne marketing agressive, et cette semaine, le film de Joss Whedon sort enfin dans les salles. Le résultat se montre-t-il à la hauteur ? Arrive-t-il à dépasser les attentes ? Malheureusement, il ne les touches que du bout des doigts.

Critique garantie sans spoilers (sauf si vous n’avez vu aucune bande-annonce)

Le premier Avengers, lui aussi réalisé par Joss Whedon, représente l’image même du film de super-héros bien fichu. Fun, épique, bien rythmé, bien écrit malgré un scénario simple, il représente la quintessence de l’esprit Marvel. Joss Whedon, toujours sur sa lancée, a repris les mêmes recettes pour cette suite. Malheureusement, l’effet de surprise n’est plus là. La magie, même si elle reste présente, n’agit plus comme avant. Le tout est également handicapé par un rythme bâtard et surtout une écriture en dents de scie.

Age of Whedon

Commençons directement par les points négatifs, comme ça, c’est fait. Ce qui dérange le plus dans cet Avengers ? C’est bien son rythme bâtard. Alors que le premier film adoptait un rythme quasi parfait, Age of Ultron se prend les pieds dans le tapis. La faute à une intro dantesque, notamment, qui fait retomber le soufflé dans la demi-heure suivante. De même, l’équilibre entre les scènes d’exposition et les scènes d’action est mal géré par Whedon. Par exemple, le film souffre d’un gros creux après la première heure, qui est suivi par de l’action non-stop jusqu’à la fin. De même, le climax final souffre également de quelques longueurs, de séquences pas forcément pertinentes qui viennent casser son rythme. Dommage.

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Autre défaut du film : son écriture bancale. Joss Whedon nous a toujours habitué à des résultats de haute volée. Si Age of Ultron reste dans la continuité de ses travaux, nous sentons tout de même que le réal’ semble à court d’idées. Par exemple, certaines scènes arrivent comme un cheveux sur la soupe, certains éléments liants les péripéties de l’intrigue brillent par leur absence et certaines séquences… ne servent à rien (Coucou Thor !).

De même, les dialogues semblent moins percutants, moins travaillés. Alors que le premier Avengers arrivait à donner à chaque vengeur une personnalité propre, l’équipe semble avoir été écrite comme un seul personnage. Principal symptôme : l’humour. Tous les personnages ont le même. Par exemple, il n’existe plus de décalage entre le Captain et Tony Stark, ce petit truc qui rendait leurs dialogues si truculents dans le premier volet. Mais rassurez-vous, il y a parfois des fulgurances qui frisent le génie. Des traits d’humour qui vous mettront par terre, tant ils sont bien trouvés.

Enfin, dernier gros défaut : certains personnages semblent sous-exploités. Nous pensons tout de suite aux jumeaux, dont l’histoire est vite expédiée pour qu’ils puissent entrer plus rapidement dans l’action (en même temps, dur de faire sans papa Magneto). De même, certains Vengeurs ont droit à plus d’attention que d’autres, ce qui contribue à cette impression d’écriture bancale.

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VENGEURS RASSEMBLEMENT !

Maintenant que nous avons évacué les principaux défauts du film, nous pouvons nous attaquer au reste. Oui, ces premiers paragraphes ne paraîssent pas engageants et pourraient décrire un film horrible. Mais ce n’est pas le cas. Avengers, Age of Ultron reste tout de même un bon Marvel qui a des arguments à faire valoir.

Avengers, Age of Ultron regorge de scène de fous furieux au potentiel culte. Si vous avez vu les bandes-annonces, vous avez entraperçu le combat entre Hulk et Hulkbuster. Et vous savez quoi ? Cette scène est juste GÉNIALE ! Whedon montre de ce côté là qu’il a encore plein d’idées et qu’il reste l’un des meilleurs metteur en scène de bastons à Hollywood.

Et que dire du climax final, juste extraordinaire ? Sur une échelle allant de bwof à épique, cette dernière partie est classée FUCKING EPIC ! À côté, la bataille de New York du premier film passe pour une baston de bar. Un final qui dépasse le stade du grand-guignol et qui ne s’impose aucune limite. Oui, c’est du grand n’importe quoi. Mais hey, nous sommes dans un Marvel, non ?

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Whedon ne se surpasse pas seulement dans les scènes de combat. Lors des scènes d’exposition, il arrive tout de même à nous faire marrer et à poser un peu le film (malgré un rythme mal géré, rappelons le). SPOILER DE BANDE ANNONCE : Vous avez peut-être vu la scène de la fête avec tous les Avengers présentée il y a quelques mois par Marvel. Sachez que cette scène se montre parfaite. Le tout est servi par des acteurs qui s’éclatent et qui jouent à fond le côté décalé de Marvel.

Dark Ultron

“Les méchants du Marvel Cinematic Universe ? Pfff, à part Loki, ils sont tous bidons.” sera bientôt remplacé par “Les méchants du Marvel Cinematic Universe ? Pfff, à part Loki et Ultron, ils sont tous bidons.”

Ultron, voilà un méchant qui faisait rêver les fans de Marvel. Et ce qu’en a fait Whedon ne va pas forcément faire l’unanimité. Ultron n’est plus un psychopathe qui met le boxon sans raison. Il a une raison de se battre, un plan, une vision. Une vision simplement différente de celle de nos vengeurs. Un approfondissement du personnage qui rend l’intrigue plus cérébrale (faut pas pousser non plus, nous sommes dans un Marvel, hein ?), plus sombre, plus… triste.

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Et James Spader en Ultron s’en sort très bien. Là aussi, nous sentons que l’acteur s’éclate comme un petit fou dans son rôle de robot tueur. Néanmoins, il faut noter que cette approche du personnage le rend moins attachant, moins fort, mais a le mérite de lui donner une épaisseur nouvelle. Comparé aux autres badguys du MCU, Ultron s’avère réussi. Un look emblématique, un jeu d’acteur au top, des répliques badass, il possède toute la panoplie du bon méchant. Certes, il est très loin d’être l’un des meilleurs méchants du cinéma, mais pour une fois qu’il y en a un réussi dans le MCU, nous n’allons pas nous plaindre.

MCUltron

À l’instar de ce qu’il s’est passé avec le premier Avengers, le MCU se voit complètement bousculé par ce deuxième film. Un univers qui va devoir prendre en compte les conséquences de cette nouvelle aventure. Nous ne parlons pas seulement d’Agents of SHIELD, qui avait surfé sur la vague The Winter Soldier il y a un an, mais bien toutes les créations de Marvel Studios. Pour parler clairement : ça va être le bordel et il va falloir suivre pour ne pas se retrouver largué.

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Un bousculement du MCU qui ne se fait pas seulement pendant le climax, mais qui est distillé par petites touches tout au long du film. Néanmoins, il y a quelque chose qui dérange dans cet Age of Ultron. Alors qu’Avengers signait l’apothéose de la phase 1, Age of Ultron apparaît plus comme un prologue à la phase 3. Un prologue de luxe qui ne clôt pas réellement la phase 2 (toujours en cours). Certes, les fans seront aux anges, mais les autres ne ressentiront pas vraiment ce sentiment d’accomplissement, comme à la fin d’Avengers. Le scénario, tout de même bien ficelé, ne fait que poser les bases du futur de Marvel Studios. Un futur qui, avouons-le, se montre alléchant !

Le symptôme de cette impression de prologue ? Les eaters eggs. Il y en a. Plein. Un sacré paquet même. Des easters eggs évidents qui ne parleront pas aux novices, mais qui rendront les fans complètements fous. Je n’en dirait pas plus, pour ne pas spoiler, mais sachez que c’est bien à travers ces easters eggs que nous voyons réellement le futur du MCU.

Le coureur d’argent

Lors de la sortie de X-Men, Days of Future Past, nous vous avions parlé du cas Quicksilver, indiquant que nous reviendrons sur le personnage à la sortie d’Age of Ultron. Chose promise, chose due ! Alors, qui sort grand vainqueur de ce duel frontal ? Quicksilver version MCU (Aaron Taylor-Johnson) ou Quicksilver version X-Men Universe (Evan Peters) ? Eh bien… match nul…

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Si le Quicksilver version X-Men avait marqué par son impact visuel ainsi que par sa scène dédiée (la meilleure de la saga), le Quicksilver MCU se distingue par une approche totalement différente. Différente, car Whedon a préféré donner plus d’importance au personnage en lui-même plutôt qu’à sa représentation. Lui et sa soeur sont écrit comme un seul et unique personnage et leur relation ainsi que leurs motivations se montrent plus importantes que pour celui de X-Men. Niveau visuel, Aaron Taylor-Johnson se débrouille tout de même, mais reste classique, moins impressionnant. Pour vous donner une idée, ses scènes d’action se rapprochent de celles de la série The Flash (DC). Notons également le rôle de sa sœur, qui se montre mieux travaillée que lui en ce qui concerne le visuel. Deux versions différentes, qui n’ont en commun que leur nom et leur vitesse, donc.

Verdict

Avengers, Age of Ultron remplit son contrat. Whedon a fait un film Avengers bien mené, quoique mal équilibré et moins impactant que son précédésseur. Véritable départ de la phase 3, il n’atteint jamais le sentiment de satisfaction que nous avait donné le premier volet. Vain, cet Age of Ultron ? Certains le penseront, mais pas les fans de Marvel. Néanmoins, Whedon arrive tout de même à montrer son savoir-faire, notament dans l’intro et le climax final, tout simplement époustouflants. Alors oui, Age of Ultron va diviser, beaucoup. Mais si vous suivez le Marvel Cinematic Universe, ce sera un passage obligatoire, que vous le vouliez ou non.

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