Critique

Critique : notre avis sur les premiers épisodes de Daredevil

Cinéma

Par Pierre le

La première saison de Daredevil sort aujourd’hui en exclu sur Netflix. Une série particulière à plus d’un titre. C’est la première à être produite par Marvel en partenariat avec Netflix. C’est également la première série à mettre en scène l’un des Defenders (les autres arriveront sur Netflix par la suite). Et dernière particularité, c’est la première fois que la Maison des Idées développe une histoire et une ambiance aussi sombre dans le Marvel Cinematic Universe.

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Nous avons vu les premiers épisodes de Daredevil et nous pouvons vous dire une chose : Oui ça vaut le coup de s’y plonger. Mieux, Daredevil promet d’être la production Marvel la plus aboutie à ce jour, rien que ça.

The man without fear

Oubliez le Marvel familial, gentillet, épique. Daredevil prend une direction totalement différente du reste du MCU. Crade, violent, intimiste, cette nouvelle série se montre très proche de la vision “Millerienne” du personnage, dans le fond comme dans la forme. Dans la forme, par exemple, nous retrouvons le costume de ninja du héros aveugle, sa difficulté à lutter contre le crime et nous le suivons dans ses revers. Car oui, contrairement aux autres héros du MCU, Matt Murdock en chie. Il s’en prend plein la tronche et ne ressort jamais indemne de ses sorties nocturnes. Cela peut paraître anodin, mais dans l’univers Marvel d’aujourd’hui, ça surprend (agréablement).

"I'M BAT...euh DAREDEVIL !"
“I’M BAT…euh DAREDEVIL !”

Un film de 13 heures

Daredevil n’est pas construit comme une série. À l’instar d’autres productions Netflix (Marco Polo), les showrunners n’ont pas besoin de nous faire saliver à chaque fin d’épisode avec un cliffhanger de bâtard. Tout est construit comme un film de 10 heures. Bien entendu, il y a tout de même la nécessité de construire une histoire pour chaque épisode, mais les scénaristes ont réussi à rendre la chose presque imperceptible. De même, les scénaristes réussissent à créer des liens très rapidement entre les personnages. La relation Matt/Foggy s’explique naturellement, sans précipitation. En une scène de dialogue, Daredevil va nous faire connaître les enjeux et nous faire ressentir la complicité entre les deux amis. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Notons également la réalisation soignée, très loin du standard des autres séries Marvel. Certaines séquences vous scotcheront. Nous pensons par exemple à la dernière scène de l’épisode 2, un véritable petit bijou de mise en scène.

Le casting se montre très réussi
Le casting se montre très réussi

Concernant le casting, c’est quasi un sans faute. Charlie Cox est né pour jouer Matt Murdock. Très à l’aise dans les bottes du personnage, il parvient à lui donner une épaisseur inédite. Une performance assez hallucinante de la part d’un acteur qui, pour la première fois, doit tenir une série entière sur ses épaules. Mission accomplie pour le Britannique. Le reste du casting n’est pas en reste. Rosario Dawson assure dans son rôle de Claire Temple, Elden Henson se montre parfait en Foggy Nelson. Seule Deborah Ann Woll paraît un peu plate, dans les premiers épisodes du moins. Concernant l’immense Vincent D’Onofrio ? Cela reste un mystère, son personnage se montrant très discret au début. Mais il reste une valeur sûre et il ne faut pas s’attendre à une mauvaise surprise.

Le MCU mis de côté

S’il y a un truc qui m’énerve dans Agents of SHIELD, c’est bien la volonté des scénaristes de constamment matraquer le fait que la série se passe dans le même univers que les films. “Hé, t’as vu, c’est l’arme développée par Bruce Banner !”. ” Hé, regarde, c’est la copine de Thor”. “Hé, matte ça, c’est…” On a compris, à la fin ! Daredevil se débarrasse de la chose très rapidement. Une rapide allusion est faite à la bataille de New York, mais ensuite, plus rien. Comme si les showrunners nous hurlaient “Oui, ça se passe dans le MCU, vous êtes contents ? Lâchez nous maintenant et laissez nous raconter notre histoire !”. Une manière de faire de la série un tout, qui peut se déguster séparément des autres productions de la Maison des Idées.

Il faut attendre un peu avant de voir Kingpin
Il faut attendre un peu avant de voir Kingpin

Premier verdict

Netflix ressuscite Daredevil à l’écran de la meilleure façon qui soit. Tirant plus vers l’ambiance Dark Knight que vers les films de Marvel, la série apporte une bouffée d’air frais au MCU. Plus qu’un segment de l’univers, DD est une série qui peut se déguster seul, même par ceux ne suivant pas du tout la méta-histoire. Après, nous n’avons vu que les premiers épisodes, mais vu comment la chose est partie, il y a peu de chance que le soufflé retombe à la fin de la saison. Une réussite.

Nous reviendrons sur la totalité de la série une fois que nous l’aurons dévoré pour un bilan définitif.

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Saison 1 disponible en intégralité et en exclusivité sur Netflix