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Critique Blue Beetle : faut-il s’intéresser à ce nouveau film de super-héros ? 🪲

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Petit à petit, les films de l’ancienne ère DC (la maison de Superman, Batman, etc.) chez Warner viennent mourir dans le cimetière des éléphants du grand écran, sachant très bien leur destin scellé depuis que les clés ont été remises à Peter Safran et James Gunn pour une nouvelle saga. Dernier en date, Blue Beetle mérite-t-il qu’on s’attarde encore un peu sur cet univers ?

Blue Beetle peut être vu comme un ultime (ou presque) clou sur le cercueil de feu l’univers partagé DC envisagé par Zack Snyder, désormais condamné (désolé les fans) à être remplacé à l’été 2025 par le Superman Legacy de James Gunn. Entre les deux, un film Aquaman deuxième du nom dont les rumeurs font déjà état d’une production catastrophique. De toute manière, le box-office ne ment pas et la sortie américaine de Blue Beetle ne semble promettre aucune bonne surprise selon les premières estimations.

© 2023 Warner Bros. Ent. All Rights Reserved. TM & © DC

La faute à une condamnation déjà signée – même si Gunn, en bon commercial obligé de vendre les bébés avant d’évacuer l’eau du bain, aime bien faire croire que le scarabée bleu pourrait être de la partie dans sa saga – et à un The Flash qui aura douché tous les espoirs d’avoir un chant du cygne, ne pouvant offrir mieux qu’un canard boiteux (pour être gentil).

© 2023 Warner Bros. Ent. All Rights Reserved. TM & © DC

Mais il ne serait pas justice que de faire un procès d’intention à Blue Beetle sans voir ce qu’il avait dans le ventre. Malgré une campagne promotionnelle présente sans être envahissante, le film ne fait pas une entrée fracassante dans les salles obscures, arrivant tout de même en tête des fameuses premières séances de l’UGC Ciné Cité les Halles lors de sa sortie mercredi dernier avec trente-cinq modestes billets vendus. Et c’est lors d’une séance où nous pouvions entendre les mouches voler et l’écho de nos voix raisonner (c’est une image évidemment) que nous sommes venus nous pencher sur ce super-héros.

© 2023 Warner Bros. Ent. All Rights Reserved. TM & © DC

Alors qu’il ne sait pas franchement quoi faire de sa vie, le tout juste diplômé Jaime Reyes se retrouve en possession d’un Scarabée mystérieux. Cet objet ancien d’un autre monde va le choisir pour hôte, offrant à Jaime des pouvoirs qu’il arrive à peine à imaginer. Des pouvoirs convoités par une firme toute-puissante qui entend bien faire de Jaime son cobaye, quitte à menacer sa famille. Sauf que chez les Reyes, super-héros ou non, la famille, c’est sacré !

© 2023 Warner Bros. Ent. All Rights Reserved. TM & © DC

Vous l’avez déjà peut-être entendu de la bouche des premiers spectateurs avant même de poser les yeux sur cet article, mais Blue Beetle est le film de super-héros générique par excellence. Attendez par là que le long-métrage d’Angel Manuel Soto (dont c’est le premier gros budget) n’invente ni la poudre, ni le feu et encore moins le papier bulle, suivant à la ligne près le parfait manuel d’une histoire d’origine pour un super-héros. Le contexte familial, la difficulté à trouver sa place, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités… Blue Beetle est le croisement entre Spider-Man et Iron Man avec une dose de prévisibilité qui bat plusieurs records.

C’est bien simple, le métrage ne comporte aucune surprise, se basant sur un scénario compilant tout ce qui a été déjà vu depuis presque trois décennies. La couche de drama, l’exposition des pouvoirs, des valeurs du héros, le sidekick rigolo, la jolie fille intelligente qui va permettre au héros de se surpasser, le méchant qui aime beaucoup l’argent, le combat final sur de la musique pop et des effets-spéciaux pas complètement finis sur plusieurs scènes… Blue Beetle ne se regarde pas, il se devine à l’avance.

Ánimo !

Sauf que, désolé Tom Cruise, Blue Beetle est mieux que The Flash. Blue Beetle est mieux que Black Adam. Blue Beetle est mieux que plusieurs films de super-héros de ces dernières années. Par quel miracle ? Tout simplement parce qu’il assume complètement cette identité. Loin de nous vendre le quelconque point d’orgue d’un univers, un nouveau vilain ultime, des caméos en pagaille… Blue Beetle n’a rien d’autre à vendre que lui-même et, après avoir accumulé des métrages promettant monts et merveilles pour accoucher de produits cyniques se moquant ouvertement du spectateur, voilà un métrage qui assume son manque d’importance, son absence de liens avec un univers partagé, c’est un film honnête dans sa simplicité.

© 2023 Warner Bros. Ent. All Rights Reserved. TM & © DC

On sent également que, bien que bourré de défauts, Blue Beetle a été fait avec le cœur de ceux qui ont envie de se faire plaisir et de nous distraire par la même occasion. Certes, la notion de famille est mise en avant dix fois plus qu’un opus de Fast and Furious (pourtant le maître-étalon), mais chaque membre du casting composant les Reyes se donne à cent pour cent dans son rôle – contrairement à Susan Sarandon qui ramasse son chèque – , à commencer par Jaime (Xolo Mariduena). Le jeune acteur vu dans la série Cobra Kaï fait partie de cette nouvelle génération ayant grandi avec les films de super-héros et il transpire le plaisir d’intégrer cette immense bande, laissant transparaître son propre enthousiasme derrière celui de son personnage. Sous son leadership, Blue Beetle n’a beau pas être un film marquant, il n’en reste pas moins un film sincère, et, parfois, ça nous suffit pour nous distraire.

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