Critique

[Critique] Coco, la mort lui va si bien

Cinéma

Par Elodie le

Deuxième film Pixar de l’année après Cars 3, et en attendant Toy Story 4 et Les Indestructibles 2 (dont voici le premier teaser), Coco signe les premières aventures de Disney au Mexique. À cette occasion, les studios nous invitent à fêter le Jour des Morts (Dia de los Muertos), typique de la culture mexicaine, qui célèbre les ancêtres dans un déluge de folklore coloré.

Pour le réalisateur Lee Unkrich, le 19e film des studios Pixar, est « une lettre d’amour au Mexique ». Il n’en fallait pas plus pour que certains y voient une réponse à Donald Trump, dont l’animosité envers le pays et ses habitants n’est plus à prouver.

En cela, Coco est la plus belle réponse qui soit. Ne serait-ce que par le soin apporté à la préparation du film, longue de 6 années (recherche sur la culture locale, aller-retour vers le Mexique pour s’imprégner de ses traditions, conception des personnages de Coco) afin d’en faire un film authentique et non bourré de clichés.

Célébrer la vie en fêtant nos morts

Miguel a une passion : la musique, et une idole, feux Ernesto de la Cruz. Mais dans sa famille, la musique est proscrite depuis qu’un ancêtre a délaissé femme et enfant pour privilégier sa carrière. Il cultive donc sa passion en secret, mais entend bien prouver aux siens qu’il a autant de talent que son idole disparue.

En voulant emprunter sa guitare le jour de la fête des Morts, il est propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Monde des Ancêtres, où il se lie d’amitié avec le sympathique arnaqueur Hector. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révèlera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel…

Un univers enchanteur

Si ce thème « morbide » parait risqué pour un film destiné aux enfants, rassurez-vous, Coco n’est que féerie et enchantement. Le Jour des Morts est une fête où les autels débordent d’offrandes et de photos des regrettés défunts. Dans le film, ce côté festif est parfaitement dépeint, c’est une ode à la vie des disparus et l’occasion de se retrouver en famille.

La splendeur de ce film réside tout autant dans la beauté des sentiments exprimés que dans celle de l’univers qui nous est donné de voir. Pixar à son meilleur nous présente un monde des Ancêtres enchanteur, peuplé d’habitants, certes squelettiques, mais absolument délirants. À 10 000 lieux de l’univers gothico-romantique d’un Burton par exemple.

Le film aborde ainsi le thème de la mort, de l’oubli et de la mémoire avec délicatesse et émotion. Un thème récurrent chez Pixar, que ce soit avec Toy Story ou Le Monde de Nemo et Dory (notre critique).

Ne m’oublie pas

Même si le début du film est un peu convenu, l’intrigue s’étoffe à mesure que notre héros arpente le monde des Ancêtres. Il apprendra ainsi qu’on peut mourir deux fois, découvrant que seul l’oubli signe votre véritable fin. Lorsque plus personne ne se souvient de vous dans le monde des Vivants.

Et c’est en cela que réside la prouesse du récit : rendre gai et plein de vie, un film empli de mélancolie, qui voit quelques notes de musiques réveiller les souvenirs endormis. On peut d’ailleurs remercier Disney/Pixar de ne pas avoir inondé le film de passages chantés. Ils sont présents, évidemment, mais distillés avec parcimonie, à l’instar du titre Remember Me (Ne m’oublie pas).

Que vous soyez petits ou grands, Coco ne vous laissera pas indifférents. Le film est l’alliance parfaite de ce qui se fait de mieux chez Disney et Pixar : la tradition et les valeurs familiales pour le premier, la féérie et la créativité pour le second. Coco est un film rempli d’émotions à l’image de son univers grandiose. La mort lui va si bien.