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Critique Dragons : DreamWorks fait l’impossible en surpassant l’original 🐉

L’impossible devient possible lorsque l’on confie la production remake au rĂ©alisateur du film original et que l’on respecte l’identitĂ© de la franchise. Critique.

Krokmou, Harold et les habitants de l’Ăźle de Beurk vous manquent ? DreamWorks a la solution pour vous : une adaptation live action de son grand classique d’animation Dragons. Mais maintenant que les studios hollywoodiens ont Ă©puisĂ© notre tolĂ©rance aux remakes, l’idĂ©e qu’un autre gĂ©ant de l’industrie s’y mette Ă  son tour vous inquiĂšte peut-ĂȘtre, et Ă  raison. Rien qu’en l’espace de quelques mois, Disney nous a proposĂ© deux rĂ©inventions de films cultes, qui nous ont rappelĂ© que l’exercice du live action peine trop souvent Ă  se montrer pertinent. Du fait, la nature du projet de DreamWorks a de quoi soulever quelques questions.

Quel studio suffisamment sain d’esprit oserait se lancer dans le gouffre des remakes live action alors que Disney rĂ©flĂ©chit maintenant Ă  en sortir ? Et pourquoi donc choisir Dragons comme premier cobaye, au risque d’abĂźmer une franchise culte adorĂ©e des spectateurs ? Si DreamWorks s’est senti poussĂ© des ailes (de dragon) au point de vouloir prendre tous ces risques en 2025, c’est parce qu’il avait pleinement confiance en sa vision. Et si personne – nous compris – ne souhaitait y croire, force est de constater que la nouvelle version de Dragons est une vĂ©ritable bouffĂ©e d’air frais, que l’on s’aventurerait presque Ă  qualifier de meilleure que l’originale.

Un remake aux airs de copie conforme : fausse bonne idĂ©e ?

Comme l’avaient laissĂ© prĂ©sager les diffĂ©rents trailers du film, le remake live action de Dragons est identique au long-mĂ©trage d’animation original. Ces premiĂšres images remettaient en question l’intĂ©rĂȘt de cette production parce qu’aprĂšs tout : qui a envie de revoir la mĂȘme chose dans un style diffĂ©rent ? Nous n’avions pas manquĂ© de partager nos inquiĂ©tudes Ă  ce sujet, de quoi nous rendre Ă  la projection du film avec plein d’apprĂ©hension et autres aprioris.

Mais finalement, les efforts d’authenticitĂ© dont fait preuve cette nouvelle version sont un vĂ©ritable atout. À l’exception de quelques ajouts de lore et de scĂšnes inĂ©dites, le live action Dragons est une copie carbone de son ainĂ©. Et c’est grĂące Ă  cette stratĂ©gie risquĂ©e que la magie de la nostalgie opĂšre. Si les enchaĂźnements de scĂšnes iconiques au format bande-annonce donnaient l’impression d’un coup marketing Ă  550 000 dollars, le ressenti est bien diffĂ©rent sur grand Ă©cran.

Des musiques, aux dĂ©cors, en passant par la dynamique et les dialogues entre les personnages, le film dĂ©tient tous les artifices pour nous faire sourire et retrouver le sentiment de confort que nous apportait l’original. Et c’est notamment grĂące Ă  l’impressionnant travail d’interprĂ©tation des acteurs que le remake de Dragons parvient Ă  nous marquer encore plus efficacement que son prĂ©dĂ©cesseur.

Quand le live action a son importance

Puisque le film adopte la stratĂ©gie de “pourquoi changer une Ă©quipe gagne ?” au dĂ©tail prĂȘt, tout l’intĂ©rĂȘt de cette version se trouve dans la performance des acteurs. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, les live action servent Ă  nous rappeler que certaines histoires et Ă©motions sont mieux retranscrites en animation… Et le nouveau film de DreamWorks nous prouve tout le contraire. Le Dragons de 2010 Ă©tait excellent mais celui de 2025 l’est encore plus.

Dans cette version, tous les personnages profitent d’une profondeur accrue. Leurs discussions sont naturelles, les relations familiales, amicales et amoureuses sont touchantes tandis que les disputes nous crĂšvent le cƓur. Si la puissance Ă©motionnelle du premier film Ă©tait un 10, DreamWorks parvient aujourd’hui Ă  nous offrir un 11. Il convient de relever les talents de Mason Thames, le jeune acteur de 17 ans qui prĂȘte son visage au rĂŽle principal d’Harold, qui nous propose une version encore plus authentique et attachante du personnage. MĂȘme constat pour Nico Parker, qui parvient Ă  faire briller Astrid en dehors du prisme de simple “love interest“.

Pour une fois, recrĂ©er un film d’animation avec des acteurs humains a un vĂ©ritable intĂ©rĂȘt et parvient Ă  Ă©lever les moments touchants de l’original vers de nouveaux sommets. Les efforts appliquĂ©s Ă  l’animation des dragons permettent Ă©galement de renforcer notre attachement Ă  ces crĂ©atures : de quoi nous tirer quelques larmes, mĂȘme en connaissant le long-mĂ©trage d’animation sur le bout des doigts. À noter que DreamWorks tombe cependant dans le piĂšge des plans aux images de synthĂšse abusives, mais que ces moments dĂ©rangeants ne se comptent que sur les doigts d’une main, fort heureusement.

Un classique qu’il est dĂ©jĂ  pertinent de revisiter

Cette nouvelle approche au classique d’animation DreamWorks est Ă©galement un cas Ă  part dans la catĂ©gorie des remake live action. Car lĂ  oĂč Disney s’obstine Ă  dĂ©poussiĂ©rer des classiques Ă  l’animation 2D indĂ©modable, l’animation 3D d’il y a quelques annĂ©es commence dĂ©jĂ  Ă  montrer des signes de faiblesse. En l’espace de deux dĂ©cennies, cette technologie a Ă©voluĂ©e Ă  un rythme si surprenant que certaines productions comment dĂ©jĂ  Ă  paraĂźtre dĂ©suĂštes, et Dragon ne tardera pas Ă  entrer dans cette catĂ©gorie. Car il l’original parvient encore Ă  tenir le coup en 2025, ce film a dĂ©jĂ  15 ans et ne tardera pas Ă  paraĂźtre “has been” pour les plus jeunes spectateurs.

Ici, DreamWorks ne se concentre donc pas uniquement sur la nostalgie, mais offre Ă©galement une version parfaitement retravaillĂ©e de son classique Ă  proposer aux gĂ©nĂ©rations futures. Il faut dire qu’avec l’ouverture d’un land Dragons dans son nouveau parc d’attractions rĂ©volutionnaire, Universal avait tout intĂ©rĂȘt Ă  relancer la franchise sur grand Ă©cran. Sauf que pour une fois : les ambitions marketing n’empiĂštent pas sur la qualitĂ© de la production. La recette idĂ©ale pour un live action semble donc ĂȘtre la suivante : un respect total de l’Ɠuvre originale et un casting en bĂ©ton pour repousser les limites de l’animation. De cette façon, les deux approches peuvent parfaitement coexister sans porter prĂ©judice Ă  l’autre, tout en laissant au spectateur le choix de sa version favorite. Et pour nous le constat est clair : ce nouveau Dragons nous a frappĂ© en plein cƓur.

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Notre avis

Si vous avez adorĂ© Dragons en 2011, vous allez adorer Dragons en 2025... Et peut-ĂȘtre mĂȘme plus encore. Avec ses dĂ©cors enchanteurs, ses musiques iconiques et des acteurs talentueux, le live action parvient Ă  approfondir l'impact Ă©motionnel de l'Ɠuvre originale sans jamais la dĂ©naturer. La malĂ©diction des remakes vient elle de prendre fin ?

L'avis du Journal du Geek :

Note : 8 / 10

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