Alors que La Cage aura une saison 2, le MMA continue d’être une toile de fond scénaristique pour les productions Netflix francophones puisque la plate-forme de streaming nous sort KO, un long-métrage plein de promesses bien burnées qui entend nous donner notre dose d’action pour le week-end.
Le film permet de retrouver le réalisateur Antoine Blossier qui avait disparu de la tête d’un long-métrage depuis sept ans, et son Rémi sans famille, mais surtout offre le premier rôle au combattant de MMA Ciryl Gane. Une nouvelle vie pour le poids lourd qui tente unre reconversion à l’écran loin de l’octogone ?
Quelle est l’histoire de KO ?
Depuis qu’il a causé la mort de son adversaire dans l’octogone, Bastien a abandonné le MMA et mène une vie recluse. Quand la veuve de son ancien rival vient lui demander de l’aider pour retrouver son fils disparu, Bastien ne peut refuser.
De son côté, la policière Kenza (Alice Belaïdi) tente, elle aussi, de retrouver le garçon, seul témoin d’un crime commis par l’un des gangs les plus dangereux de Marseille, également sur les traces du jeune homme. Bastien et Kenza, sans soutien, vont rapidement collaborer dans une course contre-la-montre hors des voies légales.
Défaite par KO ?
Dès les premières minutes, notre instinct de survie est mis à rude épreuve lorsqu’on est forcé de constater que la reconversion professionnelle de Gane ne sera pas un long fleuve tranquille et que le colosse a encore du chemin à faire. Heureusement pour nous, on se rend rapidement compte qu’il n’est pas le seul à souffrir dans l’histoire, puisqu’aucun autre membre du casting, même parmi les plus chevronnés, ne semble à l’aise dans ses baskets.
Face à une direction d’acteur que l’on peut supposer en deçà des besoins, les comédiens se contentent de plonger à corps perdu dans le cliché de leurs personnages et on a ainsi le choix entre du surjeu ou du nonjeu, jamais de juste-milieu. Sans filet et sans grande expérience, on sent bien que Gane a une épine dans le pied et il paraît complètement perdu d’une scène à l’autre. Et pourtant, on reconnaît qu’il tente d’y mettre du sien avec beaucoup d’envie et de volonté. Ce qui ne marche pas aujourd’hui pourrait peut-être marcher demain, pour peu qu’on ne brûle pas les étapes avec le bonhomme. Au sein d’une meilleure histoire par exemple.

Le scénario en lui-même pourrait être sorti de l’esprit d’un Olivier Marchal contemporain, soit un mauvais Olivier Marchal donc, à base de corruption, de drogues, de gangs et de flics très ennuyés par la légalité. Évidemment, l’action ne pouvait donc se dérouler ailleurs qu’à Marseille, capitale cinématographique du crime bébé. Après, on ne lui enlèvera pas que Blossier, également scénariste, sait que son récit n’est qu’accessoire et ne fait pas durer la chose plus de 90 minutes. Ce qui reste suffisamment long compte tenu des dialogues en roue libre dans la bouche de caricatures bipèdes toujours plus ridicules d’une scène à l’autre.
Vous l’aurez compris, à ce stade, KO n’est pas le couteau le plus aiguisé du catalogue Netflix et tout juste tente-t-il de surfer sur des tendances algorithmiques, histoire de boucler les fins de mois de tout ce petit monde et justifier la comptabilité française du service SVoD. Si encore, il était généreux en action…
Un manque de générosité dommageable puisqu’il faut reconnaître que quand Gane et Blossier lâchent les chevaux, on apprécie ce qu’on voit ! Il faut croire que les boîtes de nuit inspirent les cinéastes puisqu’après Ravage – toujours au top des séquences d’action -, KO joue également la carte du règlement de comptes sous néon pour sa meilleure scène ! Gane peut enfin y justifier son chèque avec des chorégraphies violentes pendant une quinzaine de minutes où les coups font mal.

Un bon morceau qui s’accompagne d’un autre en guise de conclusion où, là encore, on sent que le réalisateur et l’acteur se comprennent et, surtout, comprennent ce qu’on attendait d’eux. Les scènes sont énervées, la caméra accompagne bien les mouvements et l’impact de ces derniers et on n’a plus aucune difficulté à imaginer Gane trimballer sa géante carcasse dans ce genre de productions à l’avenir. Acteur pas encore, castagneur on ne dit pas non.
Forcément, il en faudrait davantage pour faire de KO une proposition digne de ce nom durable, d’autant que des films du genre ne manquent pas, que ce soit en salles avec Ballerina ou sur Netflix même (The Night Comes For Us, Ravage). Deux, trois séquences frappant juste ne peuvent sauver une majorité tapant systématiquement à côté. Même lorsqu’on aime le cinéma d’action. MAIS, cela suffit à ce que l’on retienne quand même quelque chose de sympathique le sauvant du naufrage absolu et qu’on n’ait pas envie de se frotter à Ciryl Gane de sitôt.
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