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Critique House of the Dragon saison 3 : que de la gueule ?

Bientôt disponible, la saison 3 de House of the Dragon ambitionne de vraiment prendre son envol. Ambitionne seulement.

La troisième saison de House of the Dragon arrive et elle n’a pas seulement la lourde tâche de raconter la suite de la Danse des Dragons. Elle doit surtout rétablir une certaine confiance, car entre la première et la deuxième saison, la série a perdu deux de ses soutiens les plus importants. Miguel Sapochnik, réalisateur emblématique de Game of Thrones et créateur de certains de ses épisodes les plus marquants, a quitté le navire. George R.R. Martin lui-même s’est aussi publiquement désolidarisé de plusieurs choix créatifs opérés par la production.

Le résultat s’est ressenti à l’écran, car si la première saison avait bénéficié d’un accueil très enthousiaste, la seconde a divisé. Trop lente pour certains, trop enfermée dans ses intrigues de couloirs royaux pour d’autres, elle a surtout souffert de la comparaison permanente avec Game of Thrones. Cette troisième saison de House of the Dragon parvient-elle enfin à devenir la série que les spectateurs espèrent depuis maintenant trois ans ?

House of the Dragon passe-t-elle enfin à l’action ?

Depuis le lancement de House of the Dragon, une question majeure n’avait de cesse de revenir : quand la série allait-elle enfin entrer dans le vif du sujet ? Après avoir vu les quatre premiers épisodes de cette troisième saison, sur huit au total, une réponse commence à se dessiner pour nous. House of the Dragon avance enfin. Mais toujours pas de la manière que l’on attendait.

Pendant deux saisons, le préquel de Game of Thrones s’est attiré autant d’éloges que de critiques. D’un côté, son écriture politique apparait comme solide, on salue les performances de certains acteurs remarquables et la production en elle-même est loin d’être décevante. De l’autre, les spectateurs ont remonté un sentiment persistant de frustration. La Danse des Dragons était présentée comme la plus grande guerre civile de l’histoire de Westeros, mais on a souvent eu l’impression d’en observer les prémices depuis une salle de réunion.

Les batailles étaient rares, parfois expédiées hors-champ, et les conflits les plus importants se résumaient souvent à des discussions autour d’une table. De plus, beaucoup ont pointé du doigt des intrigues secondaires sans véritable enjeu, la plupart des évènements se résolvant au cours du même épisode dans lequel ils ont été introduits.

House Of The Dragon Saison 3 (4)
© HBO

Bonne nouvelle, la première chose qui saute aux yeux à la découverte de cette troisième salve, c’est que la série tente clairement de sortir du huis clos qui lui collait à la peau. Les enjeux ne sont plus concentrés dans quelques pièces de Port-Réal ou de Peyredragon. Exit les incessants va-et-vient entre les chefs-lieux des Verts et des Noirs, l’histoire s’étend désormais sur plusieurs fronts simultanément. Les armées bougent, quelques alliances évoluent et les conséquences de la guerre commencent à toucher davantage de régions du royaume.

Le souci est que cette ouverture géographique ne s’accompagne pas toujours d’une sensation de progression dramatique. Les intrigues se multiplient, certes, mais elles avancent souvent en parallèle plutôt qu’en interaction. Chaque camp semble vivre sa propre histoire dans son coin, sans que les répercussions d’un événement viennent réellement bouleverser les autres fronts. Et c’est particulièrement visible dans la gestion du rythme.

La guerre des nerfs

La grande promesse marketing de cette saison reposait évidemment sur son premier épisode et sur la Bataille du Gosier présentée comme l’une des plus ambitieuses jamais produites pour la franchise.

Visuellement, le résultat est impressionnant. Les moyens techniques sont là, la musique est absolument exceptionnelle et participe énormément à la montée en puissance de certaines scènes. Le fait d’avoir plusieurs fronts, dont une mise en scène maritime et une autre aérienne, apporte une fraîcheur bienvenue à une franchise davantage habituée aux affrontements terrestres.

Pour autant, il est difficile de retrouver le souffle épique des plus grands moments de Game of Thrones. Là où la Bataille des Bâtards ou même celle de la Nera donnaient régulièrement l’impression que tout pouvait basculer à chaque instant, cette confrontation paraît beaucoup plus maîtrisée et prévisible. Les différents espaces du conflit sont trop clairement délimités, ce qui rend les enjeux très lisibles. C’est là que le manque d’interaction entre les différents espaces est le plus visible.

House Of The Dragon Saison 3 (3)
© HBO

Malgré cette entrée en matière spectaculaire, la saison retombe assez vite dans certains travers. Les épisodes prennent leur temps, parfois un peu trop. Certaines scènes durent quelques dizaines de secondes avant de passer immédiatement à autre chose, ce qui donne l’impression que beaucoup d’éléments sont évoqués sans jamais être pleinement développés. À plusieurs reprises, on ressort d’un épisode avec la sensation d’avoir passé une heure à préparer quelque chose plutôt qu’à réellement le vivre.

Comme lors de ses deux saisons précédentes, House of the Dragon semble constamment sur le point de décoller. La série construit des tensions, annonce des bouleversements et prépare des affrontements, mais tarde souvent à en récolter les fruits. Le résultat est paradoxal parce que l’univers paraît plus vaste qu’avant, mais l’histoire avance parfois moins vite que ce que son statut de troisième saison pourrait laisser espérer.

Des personnages qui n’avancent pas

Cette retenue se retrouve également dans l’écriture des personnages. Pendant longtemps, Game of Thrones excellait parce qu’elle racontait une guerre à travers le prisme de l’humain. House of the Dragon en revanche a parfois du mal à retrouver cette dimension, qui était pourtant motrice de l’excellente A Knight of the Seven Kingdoms.

Certains protagonistes semblent étonnamment effacés malgré leur importance dans le récit. D’autres disparaissent pendant plusieurs épisodes avant de réapparaître brièvement. Plus problématique encore, plusieurs personnages majeurs donnent l’impression d’être définis davantage par leur fonction narrative que par une véritable personnalité. C’est dommage parce qu’on perd tout ce qui faisait le charme de la série dans ses tous premiers épisodes. Le peu de caractères forts s’efface au profit d’un ensemble plus ou moins uniforme et sans réelle surprise.

House Of The Dragon Saison 3 (1)
© HBO

La série tente pourtant de renouer avec l’intimité émotionnelle qui faisait la force de sa première saison. Quelques scènes rappellent même les relations complexes qui avaient séduit les spectateurs lors des débuts de Rhaenyra et Alicent. Mais ces moments restent encore trop rares pour être vraiment significatifs.

Le traitement des personnages féminins continue également de poser question. À plusieurs reprises, la mise en scène hésite entre présenter ses héroïnes comme des dirigeantes expérimentées ou comme des figures constamment dépendantes des conseils et de l’héritage des hommes qui les entourent. Les femmes fortes qui portaient la série à bout de bras dans les premières saisons ne sont dans ces quatre premiers épisodes plus que les ombres des hommes qui les entourent.

La suite de la saison peut-elle encore tout sauver ?

Ne vous méprenez pas, la production reste phénoménale dans son ensemble. Les décors, les costumes, les effets spéciaux et surtout la bande-son atteignent un niveau assez exceptionnel. La série conserve aussi sa rare capacité à faire ressentir la fragilité des grandes maisons de Westeros. Derrière les dragons et les armées, on comprend que tout cet édifice politique pourrait s’effondrer à la moindre erreur.

C’est justement lorsque la série entre plus en détails dans l’aspect humain de la guerre que l’on prend plaisir à voir les failles de chacun et jusqu’où peuvent mener les erreurs des uns et les faiblesses des autres. C’est ce qui nous donne envie de poursuivre.

House Of The Dragon Saison 3 (2)
© HBO

Malgré ses lenteurs, House of the Dragon continue de construire quelque chose. Les quatre premiers épisodes ressemblent (encore et toujours) davantage à une longue montée en tension qu’à une succession de moments forts. Cela pourra frustrer ceux qui attendaient une saison entièrement consacrée à la guerre ouverte. Mais ça laisse aussi espérer une seconde moitié plus explosive. Certains nouveaux éléments dont nous tairons les détails ici sont prometteurs.

À l’heure actuelle, cette saison 3 corrige une partie des défauts reprochés aux précédentes sans totalement s’en débarrasser. L’univers est plus vivant que jamais. En revanche, la série reste encore prisonnière de son goût pour les préparatifs et les discussions stratégiques, plutôt que pour l’action et l’audace.

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Notre avis

Au bout de quatre épisodes, difficile de savoir si la saison 3 de House of the Dragon va s'avérer salvatrice pour le reste de la série. Et c'est justement ça le souci. Cette nouvelle salve d'épisodes était supposée démarrer l'action pour de bon, en ouvrant sur une bataille épique et en renforçant le face à face entre les Noirs et les Verts. Force est de constater qu'on piétine encore malgré l'extension de l'intrigue sur des territoires plus variés au cœur de Westeros. Les défauts de la saison 2 perdurent mais les bonnes idées ne manquent pas. Reste à savoir si ces dernières seront exploitées dans les quatre derniers épisodes.

L'avis du Journal du Geek :

Note : 6 / 10

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