Note : Si vous avez l’occasion de voir le film en VOST, n’hésitez pas une seconde. Vraiment.
Critique garantie sans spoiler
Les parodies de films d’espionnage, il y en a eu un paquet. Le film le plus emblématique reste bien entendu Austin Powers avec Mike Myers. Mais Kingsman ne veut pas être un énième pastiche détournant encore et toujours les mêmes codes. C’est là que Vaughn fait fort. Kingsman n’est pas une parodie, mais une parodie de parodie. Le résultat ? Un film totalement fou, absurde, déjanté, mais à la fois très premier degré. Tel un funambule, Vaughn joue sur les codes très british du film d’espion, n’hésitant pas à faire des situations loufoques des moments cruciaux et dans lesquels une réelle tension se dégage. Plus encore qu’une parodie, Kingsman est bien un vibrant hommage aux films d’espionnage old-school.

Parodiquement vôtre
Nous suivons tout cela à travers les yeux d’Eggsy (Taron Egerton), jeune anglais paumé qui se voit engagé par Harry Hart (Colin Firth) dans la plus grande agence d’espionnage du monde. Une agence qui, en façade, n’est qu’un tailleur très chic situé à Londres. Et c’est là que réside le premier ressort comique du film : le côté très british chic. Comme le dit Hart “le smoking est l’armure du chevalier des temps modernes”.
Le costume et la prestance. Car pour être un Kingsman, il faut avant tout être un gentleman. Un côté très anglais exagéré qui créé un décalage délicieux avec le monde cruel qui sert de terrain de jeu à cet agence. Ainsi se créent des moment hilarants, que ce soit avec le gang des écossais ou le grand méchant Valentine (Samuel L.Jackson), un PDG tech de la Silicon Valley un peu looser qui ne souhaite qu’une chose : devenir un cliché de méchant de James Bond.

De même, notons la retenue de Goldman et Vaughn, les deux scénaristes, sur les blagues. Non, Kingsman ne veut pas nous servir des jeux de mots et des blagues toutes les 30 secondes. L’humour, beaucoup plus subtil, réside dans le comique de situation (l’humour anglais, quoi). Notons également que certains personnages s’amusent même de ce manque de punchlines, ce qui rend les situations présentées encore plus délicieusement absurdes.
L’espion qui me bastonnait
Mais Kingsman est également un film d’action. Un film d’action qui semble se prendre au sérieux, mais qui se montre tout sauf sérieux. Et ici, Vaughn excelle. Il n’y a pas beaucoup de combats dans le film, mais tous sont exceptionnels. C’est bien la façon de filmer (focale longue sur les gros plans et utilisation immodérée de la GoPro) qui les rendent si bons. Ajoutez à cela une violence si brutale qu’elle en devient cartoon et vous obtenez les combats de Kingsman. Une de ces bastons s’avère d’ailleurs être un petit bijou et on imagine la complexité à monter une telle scène. On ne vous en dit pas plus, mais sachez juste que c’est la séquence avec Free Bird de Lynyrd Skynyrd en fond sonore. Pour notre part, nous avons juste halluciné. Une des meilleures scènes d’action de ces dernières années, assurément.

Bons baisers de Londres
Le tout est servit pas des acteurs en très, très grande forme. Que ce soit Colin Firth, qui exagère à fond son côté british, Samuel L. Jackson qui hérite d’un rôle qui lui va comme un gant, Mark Hamill en professeur qui se demande ce qu’il fait là ou Mark Strong qui joue un simili Q tout en finesse, le casting est de très haute volée. On regrette seulement un Taron Egerton (Eggsy) un peu plat face au reste du casting. Oh, il est très bien, ce n’est pas le problème, mais il se montre un peu écrasé par tous ces poids lourds.

Verdict
Kingsman est une réussite. Doté d’un humour efficace qui fait mouche, d’une intrigue solide qui rend hommage plus qu’il ne détourne les films d’espionnage et d’un rythme quasi-parfait, le dernier Vaughn est bien une petite pépite. Certes, nous sommes loin d’avoir un chef d’oeuvre du cinéma sous les yeux, mais tout de même, un tel film fait du bien et vous ressortirez de la séance avec le sourire aux lèvres.
