Critique

Critique : Le Hobbit La Bataille des Cinq Armées – Le der des ders

Cinéma

Par Pierre le

Peter Jackson termine cette année sa fresque épique dédiée à Bilbo et clôt dans le même temps la saga sur la Terre du Milieu. Et il est dommage de constater que ce dernier épisode regroupe en deux heures vingt toutes les faiblesses de la saga.

Screenshot3

Critique garantie sans spoilers

Avant de commencer, revenons un peu sur la genèse du projet Hobbit. Après une longue bataille sur les droits, les lieux de tournage, le désistement de Jackson remplacé par Guillermo Del Toro, puis le retour de Jackson, la trilogie a pu enfin se faire. Au départ, Jackson avait mis deux films en boîte. Mais six mois avant la sortie du premier volet, la production a finalement décidé de faire du Hobbit une trilogie. Ainsi, le père Jackson a du composer avec ce choix en étirant sa deuxième partie sur deux films. Et cela s’en ressent.

C’est un point de vue personnel, mais La Bataille des Cinq Armées m’a donné l’impression d’être le film le plus long de la saga. Pourtant, il est court, comparé aux cinq autres films (seulement deux heures vingt !). La raison ? Un manque cruel de scénario ainsi que des combats longs. Longs. Loooooongs…

"Bitch, I'm fabulous !"
“Bitch, I’m fabulous !”

La longue bataille des cinq armées

Commençons par le commencement, voulez-vous ? Le premier problème du film, c’est sa scène d’ouverture. Rassurez-vous, elle est excellente ! Mais celle-ci aurait eu plus de sens et d’impact si elle avait été placée à la fin de La Désolation de Smaug. Avec cette ouverture, le spectateur sent la coupure artificielle créée par la fin du deuxième volet (le meilleur de la trilogie, à mon humble avis). Avec cette scène d’ouverture, La Désolation aurait été un film encore meilleur… Mais passons.

Une fois l’ouverture terminée, le spectateur peut enfin s’immerger dans La bataille des Cinq Armées. Et le titre du film est un bon résumé de son contenu. Dedans, il y a cinq armées qui se battent entre elles… et pas grand-chose d’autre…

Peter Jackson arrive tout de même à faire monter la tension dans le premier tiers du film, comme il avait réussi à le faire dans Les Deux Tours. Mais une fois que le combat est lancé, le film suit son rail, nous montre des bastons d’une longueur incroyable. C’est bien simple, la bataille dure une heure et demi. Autant dire que c’est long, très long, surtout que le tout manque cruellement de scénario, de retournements de situations ainsi que de véritables enjeux, tout le monde connaissant déjà le résultat de la grosse baston d’Erebor.

Jackson filme juste… une bataille. Plus de personnages à développer, plus d’intrigues à résoudre, plus de nouveaux protagonistes… juste une bataille. Au temps du Seigneur des Anneaux, Jackson n’aurait même pas pris la peine de mettre certaines scènes dans la version longue. Mais il devait faire un film de deux heures avec les restes, il s’est donc débrouillé. Tiens, d’ailleurs, est-ce qu’il y aura une version longue de La Bataille des Cinq Armées ? (On me dit dans l’oreillette que ce sera le cas, Jackson ayant promis une version longue de trois heures).

Legolas et Bard ont un rôle plus important dans ce troisième volet
Legolas et Bard ont un rôle plus important dans ce troisième volet

Dernier point imputable à ce film centré sur une bataille : Peter Jackson ne nous fait pas voyager. La quasi-totalité du film se déroulant aux alentours du Mont Solitaire. Certes, il y a quelques passages dans d’autres lieux (dont un qui devrait faire plaisir aux fans de l’histoire de la Terre du Milieu), mais ils se comptent sur les doigts d’une main. Compréhensible à la vue de l’histoire, mais tout de même dommage pour un film sur la Terre du Milieu.

Coucou, tu veux voir mon Hobbit ?

Autre problème de ce troisième volet : l’absence de Bilbo. Ceux qui ont lu le livre savent de quoi je parle, mais il n’y a pas que ça. Bilbo est en effet toujours dans l’action, mais il ne sert pas à grand-chose, à part dans deux ou trois scènes. Il est là, présent au milieu de la bataille, spectateur impuissant assistant à l’histoire des autres personnages. Un Bilbo mis sur la touche, donc. C’est réellement dommage, car la saga nous a donné le point de vue du personnage pendant deux films, avant de nous l’enlever pour en faire un acteur secondaire sans grande importance.

Thorin est insupportable pendant les deux premiers tiers du film
Thorin est insupportable pendant les deux premiers tiers du film

Bon, on passera également sur les habituels travers de la saga. Histoires gnangnans sans intérêts venant alourdir le film, les magiciens qui font du kung fu, personnages qui n’ont rien à faire à cet endroit, Legolas qui fait des trucs de Legolas ou ralentis excessifs propres à la réalisation de Peter Jackson.

Écraser ses ennemis, les voir mourir devant soi et entendre les lamentations de leurs femmes

Sinon, la bataille des cinq armées est quand même bien jouissive. Quand elle ne s’attarde pas sur des plans interminables nous montrant les Armées se mettre sur la tronche, elle se montre agréable, bien mise en scène et surtout nerveuse. Attention, nous sommes quand même loin de la bataille des champs du Pelennor, mais quand même, il y a de l’idée. Vous l’aurez compris, les fans de bagarres seront aux anges, à défaut d’avoir un film passionnant.

Notons quand même que certains moments sont quand même bien épiques. Nous parlons là des duels entre certains personnages, dont la mise en scène est parfois brillante, quand elle n’est pas exagérée. Pour le reste, les combat à plusieurs restent toujours aussi factices, sans réelle impression de violence, comme ce fut le cas dans la totalité de la saga.

La scène d'ouverture est la meilleure du film
La scène d’ouverture est la meilleure du film

Les fans vont encore hurler

Terminons sur un point rapide : l’adaptation. Une chose est certaine, les fans vont hurler. Oui, La Bataille des Cinq Armées n’est pas une adaptation très fidèle de la dernière partie de Bilbo le Hobbit. Il y a des événements rajoutés, des personnages greffés, des changements dans le déroulement de la bataille, des personnages dont la psychologie changent. Mais il faut bien garder en tête que c’est bien là une adaptation, pas une retranscription. Pour tenir plus de deux heures, Jackson a dû faire des choix pour allonger l’action, surtout que le film n’adapte que quelques chapitres du livre d’origine. Alors oui, les fans vont peut-être hurler, mais ce ne sera pas une nouveauté dans une saga qui a déjà bien modifié son support d’origine.

Verdict

La Bataille des Cinq Armées était un film nécessaire. Il fallait clôturer la trilogie, faire le pont entre The Hobbit et Lord of Rings. Néanmoins, cela reste un film poussif, longuet, malgré quelques moments bien épiques comme il faut. De toute manière, vous irez voir ce film si vous êtes fan. Mais sachez quand même que c’est loin d’être le meilleur. Handicapé par son statut de film bonus et par sa production un peu particulière, La Bataille des Cinq Armées peut au moins se vanter de ne pas être un film horrible, à défaut d’être bon.

Badass Bard is badass
Badass Bard is badass