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Critique Loki remet les pendules à l’heure sur Disney+

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Par Julie Hay le

Très attendue par les fans du MCU, Loki arrive ce mercredi 9 juin sur Disney+. Mais la série est-elle à la hauteur de ses ambitions ? Critique.

© Marvel

Avec sa plateforme, Disney s’offre une occasion en or d’explorer les destins de certains de ses personnages secondaires. Pour le Marvel, cette stratégie prend la forme de plusieurs séries dérivées qui se permettent quelques libertés par rapport aux désormais très formatés films de la maison des idées. C’est déjà dans cette lignée que s’inscrivait la série WandaVision, qui a fait un petit braquage en janvier dernier sur Disney+. Si Falcon et le Soldat de l’hiver nous offrait un retour à une formule plus classique, Loki s’annonce comme un ovni dans l’univers de la maison des idées. Mais le voyage en vaut-il la chandelle ?

Dans Endgame, Loki réussit à échapper à la vigilance des Avengers et s’enfuit avec le Tesseract. Mais son évasion bouleverse le cours des choses et il se retrouve rapidement aux mains de la TVA, Time Variation Authority. Cette organisation interplanétaire n’a qu’un objectif : protéger la Timeline sacrée et empêcher des discordances temporelles. Désormais captif, Loki va devoir s’associer avec cette organisation et traquer un autre variant, parmi les plus dangereux.

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Loki sous un nouveau jour

Loki n’est pas le personnage le plus emblématique du MCU, mais c’est sans doute celui qui a bénéficié de la plus grande évolution depuis ses débuts dans Thor. Il compte aisément parmi les protagonistes les plus intéressants de la maison des idées. Froid, manipulateur et égocentrique dans le premier opus, il va rapidement s’imposer comme un anti-héros jusqu’à son avènement dans Ragnorok. Grâce au film de Taïka Waititi, il a réussi à se faire une place dans le cœur des fans, rien de bien étonnant donc que Disney ait fait le choix de lui consacrer une série sur sa plateforme (quitte à le faire ressusciter grâce à un tour de passe-passe).

Si on pouvait redouter que cette pirouette scénaristique, qui consiste à nous offrir un Loki alternatif à celui que l’on aime tant, pouvait dénaturer le chemin parcouru, Michael Waldron et ses équipes ont réussi un tour de force en déconstruisant sa psyché et en l’exploitant sous un nouvel angle. Dans le premier épisode, sur les deux qui ont été donnés à voir,  on découvre une autre facette du frère adoptif de Thor : entre fragilité et égocentrisme. La déité se montre sous un nouveau jour ce qui permet de réinventer toute la dichotomie, la dualité du personnage.

Un duo à l’alchimie rare

Cette ambitieuse relecture prend d’ailleurs tout son sens lors des scènes de confrontation avec Mobius, incarné par Owen Wilson. L’acteur, plus habitué aux films d’auteurs et aux productions modestes, fait ses premiers pas dans le MCU et nous prouve que rien ne peut lui résister, pas même la densité de la franchise Marvel. Taquin et intriguant, son protagoniste offre un beau contrepoids au Loki de Tom Hiddleston. Le reste du casting est tout aussi convaincant, à commencer par Wunmi Mosaku. L’actrice britannique qui s’était déjà illustrée dans la série Lovecraft Country, nous montre ici l’étendue de ses talents dans son incarnation d’une agente de la TVA.

Un mélange des genres efficace

Si WandaVision faisait le pari de mélanger les codes de la sitcom avec ceux des productions super-héroïques, Loki adopte une autre recette tout aussi efficace. Située à mi-chemin entre X-Files et Retour vers le futur, la nouvelle production Marvel repose sur une intrigue maîtrisée qui adopte les enjeux d’une enquête et les mécanismes du voyage temporel. Si le premier épisode sert principalement à raccrocher les wagons et à expliquer les préceptes de la TVA, le second chapitre gagne en intensité dramatique et annonce déjà un spectacle de grande envergure.

Pour Marvel, cette nouvelle intrigue est l’occasion de prendre des chemins de traverse et de s’affranchir de l’intrigue de sa saga. C’est aussi le moyen qu’ont choisi les studios pour introduire le multivers, qui devrait être exploré dans la phase 4 sur le grand écran avec Doctor Strange 2. Plus qu’un simple passe-plat, la série a l’ambition de réinventer la recette Marvel et de nous offrir un aperçu de ce que pourrait nous réserver les studios dans les prochaines années.

Il est de retour pour vous jouer des mauvais tours.

Une petite claque visuelle

Dans son fond comme dans sa forme, Loki est une franche réussite. D’ailleurs, pour mettre en images les aventures du Dieu de la malice, la firme a fait appel à une amatrice du genre. Kate Herron, qui a déjà mis en scène plusieurs épisodes des séries Daybreak et Sex Education, fait ici des propositions visuelles plus qu’intéressantes. La cinéaste nous plonge dans les dédales de la TVA, aux allures de parc d’attraction désuet et s’amuse avec le postulat du voyage dans le temps. La série joue également avec cette distorsion temporelle pour nous offrir de beaux moments de comédie, même si le talent de Tom Hiddleston pour encaisser une baffe n’y est sans doute pas étranger.

Si les deux premiers épisodes posent pour l’instant les jalons de l’intrigue qui sera déroulée au cours de cette première saison, Loki bénéficie déjà de solides arguments pour s’imposer comme la meilleure série Marvel sur Disney+. Déroutante à certains égards, elle semble être le fruit d’une liberté retrouvée pour les créatifs de la maison des idées qui peuvent désormais utiliser le petit écran pour développer des univers qu’ils n’auraient pas eu le loisir d’explorer pour le cinéma. Si le MCU sentait le réchauffé depuis quelques années, Loki permet de remettre les pendules à l’heure et s’inscrit dans la lignée de ce qu’avait déjà proposé WandaVision. L’avenir des super-héros de la maison des idées serait-il sur Disney+ ?

Notre avis

Avec son intrigue maligne et ambitieuse, Loki s’impose comme une concurrente solide au titre de meilleure série Marvel. Avec les talentueux Tom Hiddleston et Owen Wilson en Mulder et Scully des temps modernes, la série est un subtil mélange des genres qui ravira les fans du MCU comme les curieux, sous peine d’avoir suivi quelques cours de rattrapage au préalable.

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