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[Critique] WandaVision : la prise de risque de Marvel paye-t-elle ?

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Par Allan Blanvillain le

Première série à être entièrement liée au Marvel Cinematic Universe (qu’on peut peut-être désormais abréger en MU du coup ?), WandaVision se charge également d’introduire la Phase 4. De grandes responsabilités qui nécessitent un grand pouvoir…

Malgré la hargne de ses détracteurs, les faits sont incontestables : la petite entreprise de Kevin Feige ne connaît pas la crise. Enfin petite… vingt-trois films et des milliards au box-office au total, non, qu’on aime ou non, le Marvel Cinematic Universe est un immense succès. Et puisque Feige ne voit pas pourquoi s’arrêter là, c’est désormais le royaume des séries que Marvel Studios veut conquérir avec sa première arme : WandaVision.

Certes, ce n’est pas la première fois que le studio franchise ses héros pour le petit écran et on se souvient tous de l’excellente première saison de Daredevil. On se souvient un peu moins d’Inhumans. Mais WandaVision a un statut particulier puisqu’elle est estampillée Marvel Studios. Comprenez qu’il s’agit donc de la première série d’une longue liste qui sera complètement connectée aux films. En d’autres termes, là où pour comprendre parfaitement un Avengers, il fallait regarder les films qui précèdent, désormais il faudra également regarder les séries du même univers sur Disney+. Il est encore trop tôt pour savoir si cette stratégie sera aussi payante qu’au cinéma sur le long terme, néanmoins, il faut bien avouer une chose après avoir vu les trois premiers épisodes (sur neuf) du show : Marvel Universe ou pas, il y a un intérêt à regarder WandaVision.

Avant d’expliquer le pourquoi du comment, replaçons le contexte : Vision (Paul Bettany) mourrait dans Avengers : Infinity War sous les yeux d’une Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen) inconsolable. Et c’est pourtant le couple que l’on retrouve, après les événements, emménageant ensemble dans une maison d’un quartier américain tranquille. Petit détail qui a son importance : on est dans un sitcom des années 50.

Crédit : Disney / Marvel

Pour celles et ceux qui trouvaient que la Maison des Idées n’avait plus d’idées, cette première incursion dans la Phase 4 a tendance à nous prouver le contraire. Placer nos super héros dans un sitcom des années 50 provoque une dichotomie à la fois amusante et intrigante. Non seulement Marvel sort de sa zone de confort et ses fonds verts, mais le studio en profite pour s’approprier l’histoire de la série à sa sauce.

WandaVision remonte le temps

Chaque épisode, d’une durée de plus ou moins trente minutes, semble prendre le parti-pris de revisiter chaque décennie avec ses techniques et ses codes, dès le générique d’ouverture. Mais qui dit appropriation ne dit pas forcément déformation et les hommages sont légion (un film dans lequel jouait Paul Bettany au passage). Le plus évident étant celui consacré à une inévitable référence souhaitée et attendue qu’on vous laisse découvrir.

Crédit : Disney / Marvel

Qu’il s’agisse des costumes, des coiffures ou de l’environnement, la direction artistique joue le jeu à la perfection et on a la sensation d’une série hors du temps où les paysages sont peints, les éléments du décor sont bougés à la main et les rires enregistrés appuient chaque réplique. Chaque changement de décennie permet également de se rendre compte de l’évolution des formats lorsque le noir et blanc laisse place à la couleur et le 4/3 devient 16/9.

Un univers sériel qui passe aussi par son casting secondaire formé au petit écran. On a ainsi le plaisir de voir Debra Jo Rupp, inoubliable Kitty Forman dans That’ 70s show, et surtout une Kathryn Hahn (Mrs. Fletcher) absolument truculente dont le rôle risque de prendre de l’importance.

Elizabeth Olsen et Paul Bettany, une évidence !

Si leur histoire n’a jamais vraiment eu la place d’être développée au sein des Avengers, Wanda et Vision peuvent désormais occuper tout l’espace et à leurs interprètes de montrer toute l’étendue de leur talent. Avec beaucoup d’humour, le duo s’adapte à leur vie rangée tout en tentant de cacher leurs différences. À ce petit jeu-là, Elizabeth Olsen et Paul Bettany nous rappellent qu’ils sont de formidables acteurs et, ensemble, font preuve d’une alchimie indéniable. Le duo s’amuse énormément loin des enjeux héroïques et le plaisir est communicatif. On se sent moins dans le Marvel Universe que dans un coffre à jouets.

Crédit : Disney / Marvel

Puisque l’on parle du MU, il faut évidemment parler des enjeux que pose la série au sein de cette Phase 4. Pour l’instant, ces derniers se font discrets, préférant nous laisser nous immerger dans cet univers avant d’entrer dans le vif du sujet. Une introduction néanmoins loin d’être vaine puisque plusieurs éléments viennent nous rappeler la distorsion de réalité dans laquelle Wanda est plongée et les conséquences, de toute évidence catastrophiques, qui suivront. Les questions sont nombreuses à l’issue de ces trois épisodes, mais l’intrigue a commencé à dévoiler ses premières cartes, preuve que la série n’a pas l’intention de tourner trop longtemps autour du pot.

Notre avis

Aussi amusante qu'originale, WandaVision nous prouve après trois épisodes que Marvel Studios peut encore nous surprendre, surtout dans un autre format. Il est encore trop tôt pour juger de la réussite globale de la série ou de son importance au sein du Marvel Universe, mais on est impatients de découvrir la suite, rien que pour voir tout ce qu'ils ont pu encore inventer (et pour Elizabeth Olsen).

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