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Critique Souviens-toi… l’été dernier : un film gore qui restera en mémoire ?

Au rayon des revivals que personne ne demandait, Souviens-toi… l’été dernier était assurément parmi les têtes de liste. Et pourtant, le film avait peut-être bien des arguments à faire valoir…

Souviens-toi l’été dernier… Twisters et Deadpool & Wolverine débarquaient dans nos salles, l’OM recrutait Greenwood, l’OGC Nice Moukoko, le gouvernement se cherchait un nouveau Premier ministre, on connaissait toujours des températures plus chaudes que la normale saisonnière et Michel Blanc était encore parmi nous… et on était loin d’imaginer qu’on se retrouverait devant un nouveau Souviens-toi… l’été dernier un an plus tard.

Il faut dire que le film original de 1997 n’a jamais eu l’aura de Scream, sorti un an plus tôt, et ce malgré la présence du même Kevin Williamson au scénario. N’est pas Wes Craven qui veut. Ce qui a surtout permis à I Know What You Did Last Summer (titre original plus long) de se démarquer d’autres slashers de l’époque bien moins mémorables (Urban Legend, Mortelle Saint Valentin), c’est son casting. Jennifer Love Hewitt, Freddie Prinze Jr., Ryan Phillippe, et surtout Sarah Michelle Gellar, des visages qui allaient marquer le quotidien de tous les adolescents pour les quelques années à venir.

Critique Souviens-toi... l'été dernier : un film gore qui restera en mémoire ?
© Sony Pictures

Et comme tous les slashers, genre très, très populaire en cette fin de la décennie 90, une suite est rapidement mise en chantier pour un succès bien moindre. Depuis, la licence rime davantage avec échec puisqu’un troisième opus, sans les acteurs originaux, a débarqué directement sur les étagères des vidéoclubs en 2006 et qu’une série produite par Amazon a été lancé en 2021 pour être annulée après une seule saison. Bref, contrairement à Scream, la saga Souviens-toi… l’été dernier semble être condamnée à se prendre les murs au point où on finit par se demander pourquoi Sony continue d’essayer.

Comme toute résurrection de franchise hollywoodienne actuelle, ce Souviens-toi… l’été dernier est autant une suite qu’un reboot avec un nouveau casting accompagné par quelques anciens. L’histoire elle-même ne cherche pas à réinventer l’eau chaude puisqu’après avoir causé involontairement un accident de la route, cinq amis décident d’enfouir ce secret. Un an plus tard, ils découvrent que quelqu’un est au courant et qu’il a décidé de les faire payer, un par un. Traqués, ils vont chercher de l’aide auprès des survivants d’un massacre similaire qui a eu lieu dans la même ville en 1997.

Critique Souviens-toi... l'été dernier : un film gore qui restera en mémoire ?
© Sony Pictures

Un revival toujours aussi ringard ?

Dans sa forme historique, popularisée notamment par Halloween, le slasher est un genre horrifique où des adolescents sont violemment assassinés un par un par un tueur mystérieux, se cachant généralement au sein du groupe. Un genre qui a tenté de se renouveler avec les années, souvent en y intégrant un aspect plus méta (Scream, La Cabane dans les bois) pour désamorcer ses codes les plus absurdes.

Souviens-toi… l’été dernier prend la direction inverse en respectant le genre à la lettre. Le scénario va cocher chaque case du cahier des charges sans avoir peur du ridicule de certaines situations en 2025. Oui, on retrouve encore des personnages qui peuvent prôner le rester ensemble avant de se séparer en cinq groupes de un la minute suivante pour une quelconque raison aussi bête qu’aléatoire.

Le long-métrage semble se complaire dans le déjà-vu en réutilisant parfois des séquences usées par les copains, au point où on devine la quasi-totalité des dénouements de chaque situation. En première impression, on a le sentiment que le film n’a d’intérêt que pour un studio qui chercherait à conserver les droits d’une franchise avec le produit le plus générique possible.

Critique Souviens-toi... l'été dernier : un film gore qui restera en mémoire ?
© Sony Pictures

Plus malin qui ne le prétend

Alors par quel miracle peut-on expliquer qu’à la sortie de la séance, on a apprécié l’expérience ? Parce qu’au milieu de toute cette redite dont la date de consommation est dépassée depuis des lustres, on se rend compte que le scénario concocté par la réalisatrice Jennifer Kaytin Robinson, accompagnée par Sam Lansky et Leah McKendrick, cache des idées bien ingénieuses.

Pour à nouveau citer sa saga concurrente, on peut même estimer que ce Souviens-toi… l’été dernier est plus malin que les récents Scream parce qu’il n’a pas besoin de nous crier sur tous les toits qu’il l’est. Une absence totale de prétention accompagnée, sûrement, par la conscience qu’il n’est pas attendu par le public permet au long-métrage de jouer avec son genre et son passé.

Cela passe notamment par l’écriture du personnage de Madelyn Cline – meilleur atout de ce casting –, présenté comme le cliché de la jeune femme superficielle et agaçante avant que le récit ne nous la rende attachante. Quelques répliques montrent que le projet n’a pas peur de dévoiler un visage plus moderne. On apprécie également que le film n’hésite jamais à bousculer son héritage d’une manière qu’aucun autre legacyquel n’avait osé jusqu’alors, tout en glissant plusieurs références subtiles aux fans de la première heure, avec un bonus qui vaut à lui seul le visionnage.

Critique Souviens-toi... l'été dernier : un film gore qui restera en mémoire ?
© Sony Pictures

Souviens-toi… l’été dernier coincé dans le passé ?

Souviens-toi… l’été dernier nous donne l’impression de sentir la naphtaline lorsqu’on l’observe de loin. Pourtant, il profite de chaque opportunité pour nous prouver qu’il agit en pleine conscience et en intelligence. Cela ne passe pas à chaque fois, mais cela suffit pour qu’on se sente amusé par ses essais et qu’on se réjouisse de ses réussites. Dans la liste des résurrections hollywoodiennes non voulues, finalement celui-ci a quelque chose d’étrangement satisfaisant.

Néanmoins, il reste une question aussi essentielle qu’elle peut, selon nous, être préjudiciable : à qui ce destine ce film ? Il faut bien reconnaître que le genre horrifique du slasher est un peu démodé sans nouveau concept pour l’appuyer. Cette suite ne bénéficie pas d’un casting capable d’attirer le public de la même manière qu’une certaine Jenna Ortega. Parmi les anciens, Jennifer Love Hewitt et Freddie Prinze Jr. sont loin d’être des noms faisant venir les gens en salles en 2025.

Comme nous le disions plus tôt, la franchise elle-même n’a pas une notoriété exceptionnelle. Quant aux effets purement gores, ils ne sont ni assez funs ni assez exagérés pour satisfaire les curieux ou les amateurs de films d’horreur. Souviens-toi… l’été dernier a ce qu’il faut pour plaire aux fans de l’époque, mais on craint que ces derniers ne soient une espèce quasiment disparue. On ne demande qu’à avoir tort et à s’en souvenir encore l’été prochain.

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Notre avis

Il faut admettre qu'on n'attendait pas grand-chose de ce nouveau Souviens-toi... l'été dernier si ce ne sont les éternelles idées réchauffées des studios et il faut avouer qu'on n'avait pas totalement faux. Jusqu'à ce que le métrage nous montre qu'il savait très bien ce qu'il faisait avec des hommages malins au genre et à son modèle de 1997. Une bonne surprise qui pourrait néanmoins avoir du mal à trouver son public.

L'avis du Journal du Geek :

Note : 6 / 10

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