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Sur Netflix, ce thriller va faire du bruit et vous rendre fou !

Qui ne s’est jamais retrouvé dans la situation d’avoir un voisin trop bruyant ? Sur Netflix, 84m² joue sur un événement presque banal du quotidien pour titiller notre santé mentale. Beaucoup de bruit pour rien ?

Décidément, sur Netflix, nos lieux de vie ont tendance à devenir de véritables cauchemars ces derniers temps. Il y a à peine quelques jours, Brick débarquait sur la plateforme de streaming en emmurant un immeuble entier. Aujourd’hui, c’est un bruit sourd qui menace de rendre cinglé le tout nouveau propriétaire d’un appartement à Séoul. 84m², un espace largement suffisant pour perdre la tête.

Et ce qui nous a poussé à nous intéresser au projet, au-delà de son petit côté thriller claustrophobique, c’est qu’il s’agit d’une production coréenne. Le pays nous livre régulièrement, sur Netflix ou ailleurs, des joyeusetés capables de transformer n’importe quoi en sujet de fiction. Qu’on ait peur avec des jeux d’enfants ou qu’on tombe dans l’action sanguinolente, il y en a pour tous les goûts, non sans quelques remarques autour de la société coréenne et son capitalisme au passage. Cela méritait bien qu’on se laisse tenter par celui-ci aussi.

Sur Netflix, ce thriller va faire du bruit et vous rendre fou !
© Netflix

Le synopsis de 84m²

Jeune homme sans grand avenir professionnel, Woo-seong saute sur une occasion en or d’acheter enfin son premier appartement sous forme de prêt. Il s’y voit déjà mener la vie rêvée en compagnie de sa future épouse. Trois ans plus tard, son logement ressemble à un squat où il vit seul, criblé de dettes, économisant tout, même l’électricité, pour espérer un jour rembourser son emprunt.

Comme si la situation n’était pas déjà assez critique, il est réveillé chaque nuit par des bruits venant d’au-dessus. Sauf que chaque habitant de l’immeuble semble victime de ce problème et que sa voisine du dessous le harcèle en le pensant coupable. Déjà fragilisé mentalement par sa situation financière, Woo-seong commence dangereusement à perdre pied.

Sur Netflix, ce thriller va faire du bruit et vous rendre fou !
© Netflix

Faut-il voir ce nouveau thriller coréen ?

Quand nous vous disions dans le titre que 84m² rendait fou, ce n’était pas qu’une formule. Oui, le film a cette capacité à nous mettre dans la peau de son personnage principal avec comme antagoniste un bruit incessant qui peut faire perdre la tête à n’importe qui, surtout en privation de sommeil. L’interprétation de Kang Ha-neul est solide et provoque facilement l’empathie autour de ce jeune homme qui essaie juste de s’en sortir. Il faut être honnête, on salue sa nature plutôt patiente, là où la conscience de nos contemporains nous pousse à croire que la majorité deviendrait violente pour moins que ça. Julien Courbet approuve.

À ce niveau, la première heure du film est particulièrement prenante, nous plongeant complètement dans la vie de ce protagoniste tout en accentuant chaque mystère. Il y a un petit côté Fincheresque tel qu’avec The Game où on en vient à se demander s’il ne s’agirait pas d’une vaste blague, d’un complot à grande échelle, ou d’une présence surnaturelle à l’œuvre. On meurt d’envie de savoir ! D’autant que le réalisateur se plaît à jouer avec la pression exercée sur le personnage en renforçant la promiscuité d’un lieu dont on ne verra jamais la superficie annoncée.

Sur Netflix, ce thriller va faire du bruit et vous rendre fou !
© Netflix

De l’autre, on apprécie toujours autant voir des productions ouvertement pointer du doigt les failles de leur société, peu importe le pays. Ici, 84m² dénonce explicitement le capitalisme et la spéculation immobilière où des puissants entendent faire du profit en profitant des rêves des plus fragiles. Un propos incarné dans le long-métrage par cette propriétaire voulant éviter à tout prix que l’immeuble perde de sa valeur, tout en accusant les « parasites » tels que de simples locataires. Le sujet sur le profit des riches face aux plus pauvres est très largement exploité par les productions coréennes et ce n’est pas étonnant de le retrouver au cœur du récit ici.

Voilà pourquoi on vous conseille la première heure de 84m². Ensuite, le film nous rappelle durement qu’il atteint presque les deux heures. Pour tenir la distance, il va utiliser d’une arme courante, bien qu’il vaut mieux savoir la manier, le rebondissement. Le très long-métrage va ajouter couche sur couche sur couche de retournements de situation afin de redynamiser un rythme qui commençait sérieusement à s’effondrer.

Malgré tout, non seulement ça ne sauvera pas l’énergie d’un film tirant sur la corde, mais cela va également nuire à l’esprit général de l’œuvre. 84m² va se retrouver avec deux intrigues parallèles qui vont se chevaucher, tenter de coexister et finir par se saboter comme s’il y avait deux métrages en un et que le réalisateur et scénariste ne parvenait pas à trancher sur ses priorités.

Une impression qui culmine lors du dernier quart où on va se retrouver devant un trop-plein d’informations, des rapports de force changeant toutes les cinq minutes et une conclusion qui paraîtrait presque précipitée. Un surplus d’énergie final mal dosé pour un film s’étant endormi trente minutes plus tôt. 84m² avait tout pour nous convaincre et il le fait bien pendant un temps, puis il s’est vu plus grand qu’il ne l’était. À voir si les abonnés Netflix se laisseront davantage séduire.

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