Critique

[Critique] X-Men, Dark Phoenix : La saga renait-elle de ses cendres ?

L'avis du Journal du Geek :
Cinéma

Par Julie Hay le

X-Men : Dark Phoenix signe la fin d’une ère, celle des super-héros Marvel chez la Fox. Le récent rachat de la société par Disney change la donne et les héros rejoindront certainement le MCU dans les prochaines années. Le film s’est donc retrouvé affublé d’une lourde mission, conclure l’épopée X-Men. Ce changement de direction n’est jamais bon signe lorsqu’il intervient pendant la production et Dark Phoenix ne déroge pas à la règle.

On retrouve notre bande de super-héros qui partent à la rescousse d’une fusée piégée dans l’espace. La mission de sauvetage de l’équipe de super-héros ne va pas se dérouler comme prévu et Jean Grey va être exposée à une énergie cosmique dévastatrice. De retour sur Terre, elle va découvrir de nouveaux pouvoirs qui la rendent plus puissante, mais aussi plus instable. Les X-Men devront affronter leur ennemi le plus puissant, l’une d’entre eux.

Rallumer la flamme

La production de Dark Phoenix n’a pas été un long fleuve tranquille et le long-métrage subit les conséquences du rachat par Disney. Improvisé conclusion de l’univers, il porte sur ses épaules ce lourd fardeau. Tout le long du film, on se demande qu’elle est finalement sa fonctionnalité. En voulant exploiter les origines d’un personnage introduit à plusieurs reprise dans l’univers, le long-métrage de Kinberg ne trouve pas sa place. Les personnages, hormis celui de Sophie Turner, sont effacés au profit d’une intrigue redondante. Le pouvoir Dark Phoenix, déjà abordé dans X-Men l’Affrontement Final, prend ici des allures de pouvoir alien. Le scénario regorge de poncifs du genre et ne nous surprend à aucun moment. Spectacle très convenu, le film traîne parfois en longueur. Les scènes d’affrontements sont efficaces sans jamais être transcendantes. La chorégraphie est rondement menée et servie par la réalisation de Kinberg. Pour son premier long-métrage derrière la caméra, le réalisateur s’en sort étonnamment bien et notamment dans la scène d’ouverture. La CGI est assez bien maîtrisée, à l’image du personnage d’une Jean Grey incandescente. À la photographie, Kinberg sait s’entourer puisqu’il fait appel à Mauro Fiore, oscarisé pour son travail dans Avatar. Les jeux de lumière sont assez bien réalisés et certaines scènes valent le coup d’œil.

Au casting, Sophie Turner est assez convaincante, du moins lorsqu’elle ne verse pas dans le mélodramatique. Comme à leur habitude, Michael Fassbender et James McAvoy livrent une véritable performance, et ce n’était pas évident au vu du scénario. Le film peine à faire vivre les autres protagonistes, qui se retrouvent relayés au second plan, QuickSilver en chef de file des oubliés du scénario. On prendra aussi l’exemple de Cyclope, qui malgré sa relation avec Jean Grey, n’apparaît qu’à de rares instants. Du côté des antagonistes, c’est le naufrage. Jessica Chastain n’effraie personne dans le rôle de la Némésis, pas même les personnages eux-mêmes.

Entre le drame et le film fantastique, Dark Phoenix ne trouve pas sa place. Le film a toute les bonnes intentions du monde, mais ne réalise pas de miracle. Même si on ressent cette volonté des scénaristes d’explorer la psyché des personnages, Dark Phoenix ne reste finalement qu’en surface. De la fureur vengeresse à la crise identitaire, le film avait toutes les cartes en main, mais se trompe dans sa stratégie.

Notre avis

Toutes les bonnes intentions du monde n’ont pas suffi à rendre Dark Phoenix mémorable. Les problèmes lors de la production ont eu raison du film qui souffre de sa forme hybride. Cette conclusion improvisée, de l’univers débuté en 2000, ne restera pas dans les annales et c’est dommage. Sur le long-métrage plane encore l’ombre du chaotique Apocalypse. Les fans de l’univers en auront quand même pour leur compte et sauront apprécier cette revisite du personnage le plus puissant de la saga.

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